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Milan ville polluée : Les raisons de la pollution dans la plaine du Pô

Les chiffres publiés ce dimanche par le site suisse IQAir, qui détecte la qualité de l'air dans le monde selon l'indice américain Aqi, sont alarmants. Le 18 février, Milan était la 4ème ville la plus polluée après Dacca (Bangladesh), Lahore (Pakistan) et Delhi (Inde). Si la météo ne joue pas en faveur du chef-lieu lombard, plusieurs facteurs sont responsables de la pollution récurrente dans l’ensemble de la plaine du Pô.

nuages roses de pollution dans le cielnuages roses de pollution dans le ciel
Photo de Kenrick Mills sur Unsplash
Écrit par Marie-Astrid Roy
Publié le 19 février 2024, mis à jour le 21 février 2024

L’air est irrespirable à Milan. L’indice Aqi lance l’alarme : « La concentration de PM2,5 à Milan est actuellement 29,7 fois supérieure à la valeur guide annuelle de l'OMS pour la qualité de l'air », lisait-on dimanche sur le site suisse IQAir qui recense la pollution partout dans le monde.

La valeur de l'indice IQAir (Air Quality Index) est divisée en trois tranches de pollution plus ou moins élevée. Entre 50 et 100 l'air est légèrement pollué, entre 100 et 150 il est pollué, entre 150 et 200 les niveaux sont très élevés et entre 200 et 250 on parle de toxicité. Milan a atteint 156 AQI vendredi dernier, et jusqu’à 193 ce dimanche 18 février. Un triste score qui a placé le chef-lieu lombard parmi les villes les plus polluées du monde, derrière Dacca au Bangladesh, Lahore au Pakistan et Delhi en Inde. Lundi, le taux a commencé à redescendre, à 176, soit encore « mauvais pour la santé » et 20,6 fois supérieure à la valeur guide annuelle de l'OMS pour la qualité de l'air, et situant Milan à la huitième place des villes les plus polluées.

Selon Arpa Lombardia (Agence régionale pour la Protection de l’Environnement), dont les dernières valeurs ont néanmoins été mises à jour samedi dernier, les taux de dioxyde d'azote (88 μg/m³) et d’ozone (71 μg/m³) restent encore sous le seuil d’alarme.


Les causes multiples de la forte pollution à Milan et dans la plaine du Pô

Milan et la plaine du Pô (pianura padana) qui s’étend du Piémont à la Vénétie en passant par la Lombardie et l’Emilie-Romagne, sont souvent logés à la même enseigne en termes de pollution. Et pour cause, la situation géographique et climatique de ces régions sont considérées comme défavorables pour la qualité de l’air. Entourée par les Alpes et les Apennins, la plaine du Pô ne bénéficie que d’une faible circulation de l’air, favorisant l’accumulation des agents polluants. Et cela, d’autant plus au cours de ces dernières semaines où le climat est au beau-fixe avec des températures supérieures aux moyennes de saison. L'air plus froid du matin et du soir stagne dans les plaines et, en plus de former des brouillards matinaux et nocturnes, empêche le renouvellement atmosphérique.
Par ailleurs, la plaine du Pô accueille plusieurs villes de grandes et moyennes tailles, et ainsi une importante densité de population, parmi les plus élevées d’Europe, associée à un nombre élevé de véhicules en circulation en plus des habitations.

Autre facteur responsable de la pollution, la plaine du Pô est un territoire qui accueille de nombreux élevages intensifs et de terrains agricoles faisant l’objet d’une utilisation de fertilisants, engendrant la production d’oxydes d’azote

En attendant la pluie qui nettoiera le ciel, annoncée pour la fin de semaine, mieux vaut éviter l’activité physique en plein air, d’ouvrir les fenêtres pour ne pas faire rentrer l’air pollué et éventuellement recourir à un purificateur d’air.

 

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