Jeudi 29 octobre 2020

Matera, capitale européenne de la culture 2019

Par Aurélie Bazex | Publié le 03/11/2017 à 00:43 | Mis à jour le 03/11/2017 à 00:43
Photo : La ville italienne de Matera en Basilicate est l'une des plus anciennes cités du monde / Photo Wikipedia
Matera

Le choix de Matera comme capitale européenne de la culture en 2019 est l’occasion de découvrir ou redécouvrir la ville troglodyte inscrite au patrimoine mondial de l’humanité depuis 1993.


Située dans un site naturel des plus évocateurs du sud de l’Italie, Matera est exceptionnelle à plusieurs titres : sa longévité, son habitat et l’insertion de celui-ci dans son cadre naturel, son histoire y compris la période d’insalubrité du début XXème siècle, cette ancienne « honte nationale » à laquelle mit fin De Gasperi dans les années 50. Aujourd’hui, la ville est en pleine rénovation, et c’est peut-être le meilleur moment pour la visiter avant son relooking complet.

 

L’une des villes les plus anciennes du monde

On dit de Matera qu’elle est l’une des plus vieilles cités avec Alep et Jéricho. Située au bord du fleuve Gravina dont les eaux ont creusé le calcaire du plateau de la Murgia, Matera offrait refuge aux hommes de la préhistoire dans ses nombreuses grottes naturelles. Les grecs et les romains s’y installèrent. Puis vient le tour de moines byzantins qui transformèrent les grottes en chapelles.  Mais c’est  au VIIIème siècle que la ville s’étend au-delà de ses murs défensifs romains et que se développent les « Sassi », ces quartiers où les maisons primitives étaient de simples grottes entourées de murs faits de blocs de calcaire.

 

L’insertion harmonieuse avec son cadre naturel

Au cours de l’histoire, l’habitat se développe en faisant preuve d’ingéniosité, tant dans la mise en valeur de ces grottes que dans la récupération des eaux de pluie dans des citernes, le calcaire ne retenant pas l’eau. C’est cette harmonie avec son cadre naturel qui caractérisera la ville pendant des siècles et qui lui vaudra d’être inscrite au patrimoine mondial de l’humanité.
La surpopulation mettra un terme à cet âge d’or. Carlo Levi, médecin et écrivain turinois, « confiné » au sens du pouvoir fasciste dans la région à la fin des années 30, sera le premier à révéler la misère de Matera et de ses environs dans son roman paru en 1945 : Le Christ s’est arrêté à Eboli. Les familles nombreuses s’entassaient alors dans des maisons réduites à une pièce avec leurs chevaux, mulets et autres animaux. On faisait dormir les bébés dans les tiroirs de l’unique commode, le lit parental était surélevé pour y installer en dessous, poules et poussins. L’humidité et les odeurs d’animaux étaient omniprésentes. Il n’y avait ni eau courante ni égouts. C’est pourquoi en 1952, le président du conseil De Gasperi imposa l’évacuation et le relogement de tous les habitants des Sassi dans de nouveaux quartiers.

Un émouvant témoignage de la vie des hommes

La rénovation actuelle des Sassi abandonnés vise à mettre en valeur l’histoire de la ville tant du point de vue culturel qu’environnemental. Révélée au grand public au travers des films comme L’Evangile selon Saint-Matthieu de Paolo Pasolini en 1964 ou plus récemment La Passion du Christ de Mel Gibson, Matera connaît un véritable nouvel essor. Les hôtels de luxe et appartements à louer s’y multiplient et changent de nouveau le visage de la ville.
La visite de Matera, à découvrir avec un guide, se révèle passionnante, émouvante voire envoûtante. S’imaginer la vie des hommes depuis l’âge de pierre jusqu’aux temps modernes, se promener dans ses rues sinueuses entièrement intégrées dans leur site naturel – les vues de et depuis Matera sont exceptionnelles –, découvrir des églises et des monastères situés dans de simples cavernes, constituent une expérience unique et inoubliable.

Pour réserver une visite : www.guidematera.com
N’oubliez pas d’inclure la visite d’une des reconstitutions d’anciennes habitations (par exemple, la maison-grotte de vico Solitario) et quelques églises rupestres.

 

 

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