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ACTUALITE - La France et l’Italie à travers le 19e, entre amour et haine

Écrit par Lepetitjournal Milan
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 14 novembre 2012

Lle Centre culturel Saint-Louis de France à Rome a accueilli deux personnalités reconnues pour leurs connaissances historiques sur les relations franco-italiennes. L'historien Gilles Pécout et le journaliste Alberto Toscano ont débattu lors d'une soirée des relations entre la France et l'Italie pendant les années de l'Unification de la péninsule.

 

Deux hommes plein d'humour pour une rencontre détendue
Une petite partie de la communauté francophone de Rome ainsi que quelques Italiens se sont donnés rendez-vous au centre culturel Saint Louis de France pour assister au débat La Francia e l'Unita' italiana, Passioni e reazioni transalpine. La soirée était organisée par l'Ambassade de France en collaboration avec l'Ecole française de Rome. Lors de cette soirée les deux intervenants ont discuté du rôle qu'a joué la France dans le Risorgimento et des conséquences de l'Unité italienne sur les relations transalpines.

Les deux invités Gilles Pécout et Alberto Toscano ont animé le débat, l'alimentant d'une pointe d'humour appréciée du public. Gilles Pécout, Professeur à l'ENS Ulm, membre du Groupe des recherches sur l'Italie contemporaine et auteur du livre Il Lungo Risorgimento. La naissance de l'Italie contemporaine faisait face au journaliste Alberto Toscano correspondant italien installé à Paris depuis 25 ans. Il est bien connu qu'il existe une certaine rivalité entre historien et journaliste et les deux hommes s'en sont amusés. Pour Gilles Pécout, "en général, les historiens n'aiment pas les journalistes en tant qu'auteurs mais seulement comme sources et Alberto Toscano les collectionne. Il possède chez lui une partie de la presse française du 19ème siècle et je ne sais pas à qui il compte les donner mais je suppose que le centre Saint Louis serait content". En ce qui concerne le style d'écriture des journalistes, l'historien ironise encore mais sans animosité, "le livre d'Alberto Toscano est un livre de journaliste, c'est-à-dire qu'il y a des anachronismes et qu'il collectionne les titres qui font effet". Alberto Toscano, auteur du livre "Vive l'Italie, Quand les Français se passionnaient pour l'unité italienne », répond avec humour que "ce livre était un pari, celui de quelqu'un qui n'est pas historien ". Le journaliste ne manquera pas de souligner plus tard, que l'intégration des Italiens en France est tellement bien réussie que presque un million et demi de Français ont des origines italiennes sans même le savoir. Petite boutade qui fait rire l'assemblée réunie ce soir-là.
Bien que se déroulant dans une ambiance bon enfant, le débat a toutefois souligné les points importants de l'histoire franco-italienne. Les deux invités ont tenté en peu de temps d'expliquer cette relation d'amour-haine entre la France et l'Italie, et les raisons d'un tel lien.

Un débat enrichissant autour des relations franco-italiennes
Plusieurs questions ont été soulevées par Gilles Pécout et Alberto Toscano. Tout d'abord, en quoi les Français ont participé au Risorgimento et comment ce mouvement est perçu par l'opinion publique ? Quel a été le rôle des médias sur l'opinion publique française ? Très vite les deux hommes commencent à répondre, l'un s'attachant à l'histoire de la presse, l'autre argumentant sur les grandes batailles napoléoniennes et les monarchies européennes. Un point pourtant revient régulièrement : au 19ème siècle les Français aiment les Italiens. Ils chantent en italien ou sur l'Italie, certains auteurs comme Victor Hugo rêvent d'écrire les biographies de grands hommes italiens et d'autres comme Alexandre Dumas écrivent régulièrement sur l'Italie pour des grands quotidiens tels que Le Siècle. Les Français sont avides d'informations provenant de la péninsule. Alberto Toscano nous parle des premiers reporters de guerre lors de l'expédition des Milles, ou encore de ces journalistes qui sont payés pour publier de fausses informations dans le but de dégager la responsabilité de la France face aux monarchies européennes. Gilles Pécout explique que l'opinion publique française s'intéresse autant aux événement libertaires italiens parce que les volontaires français combattent en Italie. Et bien sûr tous deux soulignent le poids du Vatican dans les prises de décisions à la fois françaises et italiennes. Ils n'ont pas refait l'histoire, ils l'ont raconté en y introduisant de petites anecdotes sur les relations entre Cavour et Napoléon III par exemple.

Cette rencontre culturelle fut agréable et riche en savoir. Un Français spécialisé en Histoire de l'Italie et un Italien journaliste résident en France se sont exprimés sur les relations franco-italiennes, qui, comme toutes histoires d'amour a eu des hauts et des bas.

Elise BONNARDEL (www.lepetitjournal.com / Rome) jeudi 18 mars 2011

lepetitjournal.com Milan
Publié le 17 février 2011, mis à jour le 14 novembre 2012
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