Lundi 16 septembre 2019
  Ne manquez plus les
dernières nouvelles
S'abonner

Le meilleur des pires prestations espagnoles à l’Eurovision

Par Alexandra Pichard | Publié le 10/05/2018 à 12:00 | Mis à jour le 10/05/2018 à 20:30
Photo : Eurovision
lucia perez eurovision

L'an dernier, Manel Navarro, qui a représenté l’Espagne à l'Eurovision, a fini… dernier. Son titre "Do it for you lover" n’a convaincu personne, ni le public de cette édition à Kiev, ni le jury qui ne lui a pas accordé de point. Il a fini bon perdant avec à peine cinq points des téléspectateurs. Mais depuis la première participation de l’Espagne, en 1961, ce n’est pas la première fois que l’Espagne occupe la dernière place du classement à l’Eurovision. 

 

Mauvaise stratégie, mauvais choix de chanson, ou magouilles de l’organisation, nombreux sont les raisons qui expliquent ces débâcles. Il faut avouer qu’elles étaient quand même parfois méritées. Voici une compilation du meilleur des pires prestations espagnoles à l’Eurovision. 

Cette année, la 63e édition du Concours aura lieu à Lisbonne au Portugal, à la suite de la victoire de Salvador Sobral l'an dernier. La finale se déroule ce samedi 12 mai. L'Espagne, qui fait partie avec l'Allemagne, la France, l'Italie et le Royaume-Uni des cinq principaux contributeurs financiers de l'UER est qualifiée d'office à la finale… Heureusement dirons certains, au vu de ce qui suit. Pour les amateurs, la finale sera retransmise en Espagne à partir de 21h00, sur La1.

Enfin, notons que depuis sa création en 1956, si l'Espagne n'a remporté le concours qu'à deux reprises (1968 et 1969), la France a quant à elle fini à la première place à seulement 5 reprises, la dernière fois en… 1977. En 1969, tandis que l'Eurovision était organisé à Madrid, l'Espagne, La France, les Pays Bas et le Royaume Uni ont fini vainqueurs ex-aequo.

 

Víctor Balaguer, “Llámame”, 1962


Lors de sa participation à l’édition de 1962 qui se tient au Luxembourg, et de la seconde participation de l’Espagne, Victor Balaguer, chanteur catalan très connu dans les années 50, interprète « Llámame », un thème composé par Miguel Portoles. Certains voient dans les paroles "llámame si me necesitas" de la chanson un message institutionnel d’une Espagne alors franquiste au continent. Un appel qui restera sans réponse de la part des Européens qui ne lui accordèrent aucun point, ce qui lui valut une 13e place, sur 16. 

 

Conchita Bautista, “Qué bueno, qué bueno”, 1965
 


Première femme, second zéro. En effet, à l’édition de Naples en 1965, l’Espagne est représentée pour la première fois par une femme. La chanteuse originaire de Séville, interprète "Qué bueno, qué bueno, de Antonio Figueroa, qui marque le deuxième zéro de l’Espagne à l’Eurovision. 

 

Remedios Amaya, "¿Quién maneja mi barca?", 1983
 


Sûrement la pire humiliation qu’a subie l’Espagne au festival de l’Eurovision, à Munich en 1983. «¿Quién maneja mi barca?», composée par Isidro Muño y José Miguel Evóras n’a pas reçu un seul vote, ce qui a permis au pays de finir premier… en partant de la fin. Pour les Espagnols pourtant, la prestation de Remedios Amaya reste transgressive et innovante mais incomprise à l’époque. L’Europe n’était pas prête pour une chanteuse pieds nus chantant et dansant sur des rythmes flamencos avec des touches funky. Point positif de cette première dernière place : le festival aura permis à Remedios Amaya de se faire connaître et de faire carrière dans le flamenco. 

 

Lydia Rodríguez, "No quiero escuchar", 1999
 


En 1999, à Jérusalem, Lydia Rodriguez a chanté "No quiero escuchar", de Carlos López, Adolfo Carmona, Fernando Rodríguez, Alejandro Piqueras. Et il faut croire que ce sont les Européens qui n’ont pas voulu écouter. La chanteuse obtient un seul point et finit dernière du classement. 
Mais plus que la chanson d’amour moyennement convaincante, c’est la robe excentrique de la créatrice Agatha Ruiz de la Prada qui a causé le plus de critiques. Cela a même valu à Lydia Rodriguez d’obtenir le prix Barbara Dex, attribué chaque année au pire costume du festival. 


Las Ketchup, “Bloody Mary”, 2006
 


En 2006, à Athènes, le groupe de quatre sœurs "Las Ketchup" interprète "Bloody Mary", en référence au célèbre cockail. Surprise, le groupe qui s’est pourtant fait connaître par le célèbre titre “Aserejé” dont l’air répétitif reste dans la tête, interprète une chanson qui n’a même pas de refrain. La mise en scène ambiance "bureau" et la chorégraphie achèvent la prestation. Un épisode tabou dans les repas de famille pour les quatre sœurs, qui obtiennent 18 points et la 21e place sur 24. 

 

Soraya Arnelas, “La noche es para mí”, 2009
 


La chanteuse se présente à Moscou en 2009, avec "La noche es para mí". Mis à part la prestation un peu "déjà-vu" de la chanteuse, c’est l’absence de retransmission en direct de la demi-finale en Espagne qui pénalise la prestation du vote "eurofan". 

 

Lucía Pérez, “Que me quiten lo bailao”, 2011
 


En 2011, à Düsseldorf, s’est produite la pire chose qui puisse arriver à l’Eurovision : Lucía Pérez, première Galicienne à participer au concours en 50 ans, n’aimait pas ce qu’elle chantait. Cela à cause du curieux système de pré-sélection des chanteurs espagnols, qui ne pouvaient pas choisir leur chanson. "Que me quiten lo bailao", dont le titre peut paraître ironique a posteriori, a donc fait un flop en arrivant à la 23e position. 

 

El Sueño de Morfeo, “Contigo hasta el final”, 2013. 


Il faut croire que chanter pieds nus n’a jamais porté chance aux Espagnols. C’est ce qu’a démontré Raquel del Rosario en voulant conjurer la malédiction. En 2013, à Malmö, El Sueño de Morfeo, un groupe de pop assez connu, interprète “Contigo hasta el final”. On peut voir dans ce titre une main tendue à Remedios Amaya, que le groupe rejoint dans les bas-fonds du classement, à l’avant-dernière place, avec 8 points. 
 

Nous vous recommandons

0 Commentaire (s)Réagir

Expat Mag

Jean-Paul Demoule : les multiples facettes de l'archéologie

Jean-Paul Demoule est professeur émérite de protohistoire européenne à l’université de Paris I (Panthéon-Sorbonne) et membre honoraire de l’Institut Universitaire de France.

Sur le même sujet