TEST: 2269

Royaume-Uni : premières pilules contraceptives autorisées à la vente sans ordonnance

Par Elzéa Colomb | Publié le 14/07/2021 à 12:40 | Mis à jour le 14/07/2021 à 13:45
Photo : Reproductive Health Supplies Coalition - Unsplash
Une plaquette de pilule contraceptive orale

Deux marques de pilules contraceptives orales peuvent désormais être vendues sans ordonnance dans les pharmacies, une première au Royaume-Uni et surtout, une petite révolution dans la vie des femmes concernées. Nous nous sommes entretenus avec Marine Vincent, professionnelle de santé, qui dirige les deux établissements Make me Feel et The French Pharmacy.

 

La Medecine and Healthcare Products Regulatory Agency (MHRA) a annoncé jeudi 8 juillet un changement historique pour les femmes en Grande-Bretagne. À l’issue d’une large consultation citoyenne, les pilules contraceptives à progestérone Lovima et Hana seront désormais accessibles en pharmacie, levant ainsi l’obligation d’une consultation avec un médecin généraliste pour obtenir une ordonnance. Un simple entretien avec un pharmacien sera désormais suffisant. Une reclassification qui se justifie par le fait que ce type de pilule « n’a pas le risque artériel et veineux que peut avoir une oestroprogestérone classique » explique Marine Vincent.

 

Deux choix de pilules contraceptives

Actuellement, il existe deux types de pilules contraceptives sur le marché. La oestroprogestative (ou pilule combinée) qui se prend durant 21 jours avec une pause de 7 jours pour les règles, et la progestative seule (aussi appelée pilule microdosée) qui se prend sans interruptions. Si la première révèle de nombreuses contre-indications tels que « les antécédents familiaux et personnels d’infarctus, de cholestérol élevé, de tabagisme et nécessite une surveillance accrue, ce n’est pas le cas de la seconde » nous souligne la pharmacienne. Dans le cas de la Lovima et de la Hana (à progestérone seule), « elles contiennent toutes les deux 75 microgrammes de désogestrel, qui est le progestatif le plus prescrit en Grande-Bretagne » précise-t-elle, leur impact sur la santé étant en conséquence bien connu.

 

Les premières mais peut-être pas les dernières

Seuls deux laboratoires ont pour le moment obtenu ce nouveau statut, mais d’autres, qui créent des pilules de même dosage, pourraient bientôt suivre. « Une autorisation spéciale est essentielle pour passer du statut de POM (Prescription Only Medicine) à P (Pharmacy Only) » détaille la professionnelle. Selon la docteure Asha Kasliwal, présidente de la Faculty of Sexual and Reproductive Healthcare, cette décision est positive à tous les niveaux. « La disponibilité en vente libre facilitera la tâche des femmes pour éviter les grossesses non désirées » explique-t-elle à la BBC. D’autre part, cette reclassification « peut réduire les pressions inutiles sur les médecins généralistes, qui n’auront pas besoin de voir des patients pour des ordonnances répétées » ajoute-t-elle.

Malgré tout, cette décision « n’est que la première étape ». L’objectif, à terme, étant « que toutes les pilules soient disponibles gratuitement pour toutes dans les pharmacies » conclue-t-elle.

 

Elzéa Colomb - Journaliste Londres

Elzéa Colomb

Étudiante en 3e année de journalisme. Réunionnaise d’adoption, amatrice d’art. Envisage de devenir également dessinatrice de presse.
0 Commentaire (s) Réagir

Soutenez la rédaction Londres !

En contribuant, vous participez à garantir sa qualité et son indépendance.

Je soutiens !

Merci !

De la part de toutes les équipes de Lepetitjournal.com

À lire sur votre édition locale