Elodie Morrison : La pédiatre au service de vos enfants à la Maison Médicale

Par Marie Benhalassa-Bury | Publié le 21/04/2022 à 15:20 | Mis à jour le 21/04/2022 à 15:20
Une femme administre un vaccin à un enfant

Découvrez un autre visage de la Maison Médicale, celui d’Elodie Morrison, la pédiatre de l’établissement qui nous partage ici son récit de vie. Au cœur de celui-ci, l’exercice de la médecine au plus près des tout petits, de la France au Royaume-Uni en passant par Tahiti.

 

Quand avez-vous débuté votre carrière ? Pourquoi la pédiatrie ?

J’ai entamé mon parcours il y a 20 ans de ça. J’ai passé le concours de l’internat en 2006, décidant alors de m’orienter vers la pédiatrie. Je trouvais le service pédiatrique vraiment différent, tant pour la présence auprès des enfants que pour l’atmosphère régnant en son sein… Il faut de la douceur et être à l’écoute avec les patients. J’ai réalisé mes quatre ans d’internat à Paris, puis trois ans de clinicat dans un département spécialisé dans les troubles du comportement alimentaire et psychopathologies de l’adolescent.

 

Mais quelle est la tranche d’âges couverte par la pédiatrie ?

On s’occupe de patients de leurs 0 à 15 ans et demi, tout en ne cessant pas totalement leur suivi afin que la transition vers la médecine adulte se fasse en douceur.

 

Quelle est donc la suite de votre parcours après 2011 ?

Je suis partie à Tahiti, pour y remplacer un pédiatre, en 2014. Je devais initialement y rester 6 mois, mais l’expérience s’est au final transformée en une aventure de 2 ans. C’était un tout autre type d’activité. J’exerçais dans une clinique privée, avec une maternité et quelques lits d’hospitalisations. Qui plus est, la zone était tropicale. Ce qui signifie que par-delà la culture, on y observe aussi des pathologies complètement différentes . Or, j’arrivais en pleines épidémies de Chikungunya et de Dengue, un an après le Zika. Des infections que je n’avais jamais constatées en métropole !

Ensuite, je suis revenue en France pour le remplacement d’un congé maternité à la Rochelle, pour une durée qui s’est également étalée sur deux ans. L’expérience, somme toute très complète, combinait pédiatrie, néonatologie et maternité. Puis, je m’expatrie en Angleterre en 2019. Au programme : test d’anglais et démarches administratives entrecoupées par quelques aller-retours en remplacement à la Rochelle. Je débute enfin à la Maison Médicale à temps plein en janvier 2020.

 

Pourquoi le Royaume-Uni ?

Je voulais continuer mon expérience à l’étranger, mais moins loin de la France que lors de mon immersion tahitienne. Mon compagnon avait également trouvé un emploi à Londres, un rêve devenu réalité pour lui. Il m’avait déjà suivi à Tahiti : c’était mon tour de l’accompagner ! La pression était importante, entre tous les papiers à faire et le Brexit imminent. La question des équivalences de diplômes demeurait très floue, de surcroît. J’obtenais mon autorisation de pratique à l’automne 2019, à l’aube de la pandémie.

 

Vous parliez anglais ?

Pas du tout ! J’ai du apprendre tous les termes techniques et le langage en l’espace de 10 mois.

 

Et pourquoi la Maison Médicale ?

J’avais trouvé le mail de la pédiatre Annie Claudel, un peu par hasard, et lui avais alors demandé si la Maison Médicale recherchait un praticien. Il se trouve qu’Annie s’apprêtait tout juste à partir à la retraite, donc nous nous sommes rencontrées. Elle a quitté l’établissement, et dans le même temps je préparais tous mes examens. J’arrivais sereine en 2020, puisqu’elle m’avait dit beaucoup de bien de l’environnement de travail.

 

L’exercice de la pédiatrie est-il différent qu’en France ?

Oui. Déjà, ici, nous exerçons généralement à l’hôpital et non pas en ville. Il faut être référé par un GP pour avoir accès à un pédiatre. Le suivi par un pédiatre n’est donc pas systématique comme en France. Au Royaume-Uni, les parents peuvent se référer à un Health Visitor (professionnel de santé de la petite enfance, qui conseille sur l’alimentation ou les soins du bébé…) ou à une sage-femme au tout début.

À titre personnel, j’exerce au NHS en plus de la Maison Médicale, je connais donc les deux systèmes avec leurs avantages et leurs inconvénients dans les deux systèmes, je peux donc guider les familles françaises qui pourraient se sentir esseulées.

 

Est-ce qu’il y a, au sein même de la pédiatrie, des domaines que vous affectionnez particulièrement ?

J’avais obtenu ma surspécialisation en médecine de l’adolescence ainsi qu’un diplôme interuniversitaire en dermatologie pédiatrique à l'université de Nice. Maintenant, j’exerce bien plus dans la pédiatrie générale, auprès de profils d’enfants pour la plupart âgés de moins de 6 ans.

 

Cela signifie-t-il qu’à la Maison Médicale, à la manière française, il n’y a pas besoin d’être référé par un GP pour s’entretenir avec vous ?

Exactement ! J’y suis tous les après-midis, de 14 à 18h, ainsi qu’un samedi matin sur deux, de 9h à midi. Il suffit d’appeler le standard au 020 7589 9321 pour prendre rendez-vous, que ça soit pour une question spécifique, un problème particulier, une simple visite ou une évaluation… Seules les premières visites pour les nouveau-nés, le premier mois, seront un peu plus longues. Sinon, une consultation ordinaire, avec une famille que je connais mieux, durera 20 à 30 minutes en moyenne. Mais j’estime tout de même que lorsque les parents demandent à voir un pédiatre, ils sont souvent très anxieux. Il faut donc discuter, rassurer et conseiller. Ainsi, je prends toujours le temps : la durée de la consultation n’est jamais vraiment fixe.

Au final, la présence des enfants constitue la partie plus excitante et mignonne de mon job ! Il faut tout de même bien communiquer avec le petit afin de répondre à ses éventuelles questions. Je parle même aux petits tout juste âgés de quelques mois ! Pour les vaccins, je mets un petit dessin animé ou une chanson pendant la piqûre… Les enfants sont très sensibles et comprennent beaucoup de choses : il s’agit de se mettre à leur niveau sans pour autant les sous-estimer lors des consultations.

 

Marie Benhalassa - Journaliste Londres

Marie Benhalassa-Bury

Etudiante à Sciences Po Aix, curieuse de tout, ancienne expatriée à Brighton avant de rejoindre l'équipe de rédaction de Londres
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