Dimanche 25 octobre 2020

No-deal : un désastre économique à long terme pire que le covid-19

Par Pauline Berger | Publié le 24/09/2020 à 14:05 | Mis à jour le 24/09/2020 à 14:11
Photo : markus spike - unsplash
impact éonomique no deal

Une étude publiée cette semaine par la London School of Economics (LSE) et par l’organisme indépendant, UK in a Changing Europe, s’est attelée à chiffrer l’impact sur l’économie britannique à long terme d’un potentiel no-deal quant à la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne.

La conclusion est inquiétante, alors que le covid-19 a déjà grandement endommagé l’économie du pays.

L’impact du no-deal deux à trois fois plus dur que celui de la pandémie

L’étude estime que la sortie du Royaume-Uni sans accord commercial avec l’Union Européenne pourrait engendrer une diminution progressive d’environ 8% du PIB britannique d’ici vingt ans. Le gouvernement du 10 Downing Street avait déjà évalué lui-même cet impact à 7,6%.

En comparaison, la banque d’Angleterre prévoit une chute d’1,7% du PIB d’ici 2022, suite au choc du confinement et des restrictions sanitaires mises en place pour lutter contre la propagation du covid-19. Alors qu’il est encore compliqué d’estimer les conséquences économiques de ce dernier à plus long terme, il est certain que sur une période courte de deux ans, d’ici à 2022, les retombées économiques de la pandémie éclipsent celles d’un potentiel no-deal. Néanmoins, à l’horizon 2040, les constats s’inversent, et sont mêmes deux à trois plus durs.

Les causes de cette future catastrophe économique

D’après l’analyse en question, un no-deal pourrait perturber les échanges commerciaux entre le Royaume-Uni et le reste du monde pour de nombreuses raisons.

La réputation commerciale du Royaume-Uni, avec lequel il est aisé de commercer, serait tout d’abord mise à mal. En effet, des délais de transport de frets liés à des procédures administratives allongées dans les ports, des restrictions plus importantes sur le tourisme et les voyages, et l’augmentation des droits de douanes aux frontières, l’expliquent. Le temps que le Royaume-Uni fixe ses nouveaux tarifs douaniers en concertation avec ses partenaires commerciaux, des biens tels que les voitures, qui pourraient être imposées à 10%, ou le cheddar, imposé à hauteur de 50%, font partis des exemples donnés par l’étude pour démontrer l’impact qu’un no-deal aurait sur l’industrie britannique.

En réaction, les entreprises européennes risquent d’éviter un maximum de faire appel à des fournisseurs britanniques. De leur côté, les multinationales vont chercher à minimiser la quantité de frets traversant la nouvelle frontière entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne.

Des conséquences économiques désastreuses inévitables ?

Boris Johnson a fixé au 15 octobre 2020 la date butoir pour signer un accord réglementant la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne. Cela induit que, si à cette date aucun terrain d’entente n’est trouvé, le no-deal sera la conclusion de plusieurs années de négociation. Alors que cette échéance se rapproche à grands pas, l’accord actuellement en discussions n’est pas non plus viable d’après la LSE et UK in a Changing Europe. Le Royaume-Uni semble donc voué à faire face à un futur économique compliqué, dans lequel la population sera amenée à faire de nombreuses concessions.

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