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Ce Londonien redonne vie aux livres anciens grâce à une méthode bien à lui

À Londres, entre les projets innovants et le quotidien allant à cent à l'heure, certains choisissent de faire vivre des métiers de passion. Au fond de son jardin, dans le calme, Martin Feinstein a installé son atelier. Relieur de livres anciens, il redonne vie à des ouvrages, remplis d'histoire.

Martin FeinsteinMartin Feinstein
Martin Feinstein, relieur de livre
Écrit par Tranchand Lina
Publié le 15 juin 2026, mis à jour le 16 juin 2026

Cet artisan passionné redonne une seconde vie à chaque livre d’histoire. Depuis son enfance, Martin a toujours été un lecteur vorace. Élevé dans une maison très littéraire, le livre fait partie de son quotidien. “C’était une addiction, mais une bonne addiction,” nous raconte-t-il. C’est en collectionnant des volumes anciens qu’il commence à fréquenter des professionnels. Cependant, le résultat ne lui convenait jamais : “Ils ne comprenaient pas que les livres doivent garder leur aspect ancien une fois terminés.” nous explique-t-il.

Face à ce souci, il décide de tout apprendre par lui-même. En démontant de vieux livres pour comprendre leur structure, en lisant et regardant des vidéos et en observant, il se forme sur le tas. “J'ai fait toutes les erreurs possibles et imaginables au début, c'est comme ça que j'ai fini par trouver la bonne voie.” Pour réussir ses restaurations, il a dû accumuler des milliers de morceaux de papier des XVIIIe et XIXe siècles achetés en ligne ou dans des foires. Grâce à ces trouvailles, il peut dénicher le papier parfait pour réparer n'importe quelle page abîmée.

 

Faire revivre l’histoire au cœur de son atelier londonien

 

Dans son atelier, les projets demandent une grande minutie. Actuellement, Martin travaille sur une pièce rare, un Coran du XVIIIe siècle. Son objectif est de remplacer le cuir détruit tout en conservant exactement l’aspect et la couche d'origine. Pour lui, l'éthique de son métier est très importante : “J'essaie de conserver chaque petite partie du livre original,” confie l'artisan.

Pour réaliser ce travail qui demande beaucoup de précision, il utilise des outils d'époque, notamment une imposante presse à dorer du XIXe siècle en acier massif qu'un client lui a offerte. Il n’est plus possible d’utiliser le gaz d'origine pour la faire chauffer, il a donc installé lui-même une résistance électrique moderne. C'est ce mélange entre tradition et technologie du XXIe siècle qui lui permet de maintenir l'outil à la bonne température pour imprimer des motifs à l'or véritable sur le cuir. “À l'époque, ils construisaient vraiment les choses pour durer,” souligne-t-il.

 

Martin répare les livres abîmés

 

Un métier d’art préservé à Londres

 

Chaque restauration complète représente un défi et demande une, voire plusieurs semaines entières de travail. Très perfectionniste, Martin n'hésite pas à tout recommencer à zéro si le résultat n’est pas irréprochable. “Si on calcule mon salaire horaire, ce n'est probablement pas terrible, mais j’aime tellement ce que je fais,” admet-il. “Je descends dans mon atelier, je mets un peu la radio ou de la musique, et je travaille. C'est un métier magnifique.”

Martin reste très serein sur l'avenir de son savoir-faire. Pour lui, la reliure reste un art physique, manuel et tactile que les machines ne pourront pas remplacer de sitôt. Pourtant, la relève se fait rare et les artisans qualifiés manquent. Preuve de cette rareté, il faut compter plus de six mois d'attente pour lui donner un ouvrage. Pour les passionnés qui aimeraient découvrir ce métier, son conseil est d’être curieux, de regarder des tutoriels sur YouTube pour comprendre les différentes techniques et d’apprendre les bases de la couture chez soi. Au-delà du métier, c'est avant tout une histoire d’amour pour les livres. Une passion qui l’amène jusqu’aux plateaux de tournages, Martin travaille aussi pour le cinéma et la télévision, où il fabrique des livres d’époques pour les décors de films.

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