Dans notre série de portraits d'expatriés francophones de Londres, nous retrouvons Victoria. À 23 ans, cette étudiante s’est installée dans la capitale britannique pour un master à Regent's University. Entre le choc des notations universitaires et sa nostalgie de la gastronomie francophone, elle nous raconte sa vie londonienne.


Pour être honnête, l'expatriation n'était pas du tout dans les plans de Victoria. “De base, je n'étais pas du tout partie pour aller vivre à l'étranger. J'étais très bien chez moi avec ma famille et mes amis”, nous raconte-t-elle. Après un bachelor en gestion d’entreprise, le COVID-19 a changé sa manière de voir les choses : “Ça a remis beaucoup de choses en question. Je me suis dit que si je voulais m'ouvrir au monde, il fallait que je parle un minimum anglais”. Et donc direction Londres, où elle décroche sa place en master Luxury Brand Management à Regent's University.
Le choc du système universitaire londonien
En rentrant dans une université britannique, Victoria découvre un système académique très différent de la France. Ici, les notes fonctionnent au pourcentage, sur 100, et elles sont beaucoup plus sévères. Oubliez les 18/20 ou 20/20 que l’on peut décrocher en France avec un excellent travail. “Ici, la note maximale que tu peux espérer avoir, c'est 80 %. Et la note est déjà excellente ! Pour un travail noté 100 %, le projet est tellement parfait qu'il pourrait être publié dans un journal”, explique-t-elle en riant.
Dans sa promotion de 80 étudiants, les Britanniques ne représentent que 20 % d’élèves. “Généralement, les Anglais s'arrêtent après le Bachelor pour commencer à travailler. Ils ne voient pas l'intérêt de faire un Master, surtout que les universités et la vie coûtent très cher ici”. Victoria est la seule francophone de sa classe, mais elle y voit une belle opportunité : “L'expérience est incroyable. On rencontre des gens de partout. J'ai des amis qui viennent du Mexique, d'Afrique du Sud, de Thaïlande... On en ressort forcément grandie”.
“On peut faire énormément de choses”
Aujourd'hui, Victoria a trouvé son rythme dans la capitale. Ses journées se résument aux heures de cours sur le campus et les séances à la salle de sport. Mais dès que le week-end arrive, place à la vie londonienne. “À Londres, il y a tellement de possibilités, on peut faire énormément de choses”, s'enthousiasme-t-elle.
Avec ses amis de l'université, elle découvre les pubs locaux et leur ambiance typique, pour tester les boîtes de nuit ou se poser dans des chaînes de bars musicaux comme le Simmons, Be At One ou All Bar One. Le dimanche matin est souvent plus tranquille, avec les cafés pour un brunch ou des ateliers de peinture, car la ville déborde de propositions créatives. Ses spots préférés sont le coffee shop Clean Hearts à Notting Hill pour un smoothie, ou les petits pubs de quartier, beaucoup plus intimes. Mais son véritable coup de cœur reste South Kensington, pour ses beaux musées et surtout gratuits “c’est très utile quand tu es étudiant” nous raconte-t-elle.
La réalité du quotidien à Londres
Au quotidien, la vie à Londres a ses bons et ses mauvais côtés. Victoria décrit les Londoniens comme des “gentlemen”, “ils sont ultra friendly, serviables, toujours prêts à t'aider, si tu es perdue dans la rue”. Un autre point positif est la sécurité. Bien qu’il s’agisse de la plus grande ville d'Europe, Victoria s'y sent totalement sereine. “En tant que jeune femme, je n'ai jamais eu le moindre problème. Le week-end, je rentre de boîte de nuit seule en métro, parce que je n'ai pas le budget pour un Uber, et ça ne craint absolument pas”, confie-t-elle.
Les mauvais côtés de la ville sont pour elle la nourriture, sans hésitation. “J'avoue, la gastronomie française me manque. C'est dur”, lâche-t-elle dans un soupir. Habituée aux produits frais, elle a dû faire une croix sur le goût des fruits et légumes locaux. “Ils veulent tout faire pousser au Royaume-Uni, c'est important pour éviter les importations, mais une banane qui pousse ici n'aura jamais le goût d'une banane qui a pris le vrai soleil !” Et bien sûr, impossible de ne pas parler du coût de la vie. Pour donner un ordre d’idée, même avec sa réduction étudiante, son abonnement de métro pour les zones 1 et 2 lui coûte 120 livres par mois.
Une expérience qui vaut le coup
Malgré les fruits avec peu de goût et le prix des transports, l'expatriation de Victoria est une réussite. Pour Victoria, partir seule à l'étranger est bien moins effrayant qu'on ne l'imagine. “C'est parfois plus difficile de changer de ville dans son propre pays, comme déménager de Lyon à Paris par exemple, car on ne s'attend pas au choc culturel, alors qu'en partant à l'étranger, on est prêt à s'adapter” nous raconte-t-elle.
Pour les étudiants qui hésitent encore à tenter l'aventure londonienne, Victoria conseille de sauter le pas : “Franchement, faut y aller sans hésiter !” Elle conseille d'ailleurs de commencer par un simple semestre d'échange pour tester, avant de se lancer à l’année.
Les bonnes adresses de Victoria à Londres : Simmons ; Be At One ; All Bar One ; Clean Hearts
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