Édition internationale

Le système éducatif du Royaume-Uni en péril, quelles sont les solutions ?

L’enseignement français traverse une zone de turbulences que les familles expatriées connaissent bien. Coûts de scolarité en hausse, interrogations croissantes sur l’avenir de l’AEFE… Outre-Manche, l’accès à l’éducation française est devenu depuis quelques années, un enjeu majeur. Réunis près de l’église protestante ; élus, représentants institutionnels, enseignants et parents d’élèves ont confronté leurs constats lors d’une table ronde, consacrée aux réalités actuelles de l’enseignement français en Grande-Bretagne : “Les deux sentiments dominants chez les parents d’élèves aujourd’hui sont l’inquiétude et la colère”, relève Maryline Berlin, présidente d'association des parents d'élèves du lycée français Charles de Gaulle.

Le système éducatif britannique est en péril !Le système éducatif britannique est en péril !
Depuis quelques années, l'enseignement et l’éducation sont au cœur de toutes les discussions.
Écrit par Ewan Petris
Publié le 30 janvier 2026, mis à jour le 1 février 2026

Depuis quelques années, l'enseignement et l’éducation sont au cœur de toutes les discussions, outre-Manche. Si certains se demandent à quoi ressemble l’enseignement de leurs enfants, d’autres parents, eux, se demandent s’ils pourront bientôt simplement continuer de scolariser leur(s) enfant(s) dans un lycée français à Londres.

 

En cause ? Des coûts liés à l’éducation toujours plus élevés, mais surtout l’incapacité de certains services à répondre à une potentielle fuite des étudiants français vers les lycées publics locaux. Alors, les parents d’élèves montent au créneau, n’ayant plus personne sur qui s’arc-bouter. Alors, à Londres : “Il est temps de poser un état des lieux clair de la situation de l’enseignement français au Royaume-Uni”, affiche d’emblée Patricia Connell, présidente du Conseil consulaire.

 

Lors d’une table ronde, Vincent Caure, député des Français d'Europe du Nord, Samantha Cazebonne, sénatrice des Français de l'étranger (chargée d'une mission sur l'AEFE), Patricia Connell et Maryline Berlin, présidente d'association des parents d'élèves du lycée français Charles-de-Gaulle, ont pu discuter avec des parents soucieux de l’avenir de leurs enfants, mais aussi une partie du corps enseignant installée au Royaume-Uni et bien d’autres acteurs de la vie éducative.


 

La table ronde à londres
La table ronde à Londres avec Patricia Connell, Samantha Cazebonne, Vincent Caure et Maryline Berlin

 

“L’enseignement français au Royaume-Uni est fort et reconnu pour son excellence”

 

Ce diagnostic, devenu vital, est partagé par Vincent Caure, qui rappelle, d’abord, les forces du réseau : “L’enseignement français au Royaume-Uni est ancien, historiquement fort et reconnu pour son excellence. C’est un fait”, souligne-t-il, citant notamment le lycée Charles-de-Gaulle à Londres, “qui figure parmi les meilleurs établissements français au monde”

 

Le Lycée Français Charles de Gaulle, meilleur grand lycée français au monde en 2025

 

Pourtant cette excellence ne suffit plus à rassurer et dans le même temps, la question des finances s’impose comme un point de crispation majeur. “Cette excellence ne doit pas masquer les interrogations profondes sur le modèle de financement et l’augmentation continue des frais de scolarité”, prévient Vincent Caure. Un constat relayé par les représentants des parents : “Les deux sentiments dominants chez les parents aujourd’hui sont l’inquiétude et la colère”, résume Maryline Berlin, présidente d’association de parents d’élèves.

 

Selon elle, ces inquiétudes s’appuient sur des chiffres précis : “Pour 2025, certaines familles ont fait face à une hausse globale de près de 27 %.” Une augmentation qui, pour beaucoup de parents, marque un point de rupture. Dans ce contexte, les institutionnels sont clairs :  la fiscalité britannique agit comme un accélérateur des inquiétudes : “Nous avons, sans cesse rappelé, que nous ne sommes pas des écoles privées comme les autres : nous assurons avant tout une mission de service public”, insiste le député, évoquant la mobilisation collective contre la hausse de la TVA : “Ce combat contre la hausse de la TVA a été collectif : parents, élus, associations, ambassade, consulat.”

 

Le système éducatif au Royaume-Uni en proie à des choix drastiques

 

Au-delà des questions budgétaires, c’est l’absence de perspective qui inquiète l’assemblée : “Il y a un véritable sentiment d’abandon de l’État”, résume Maryline Berlin, tandis que Vincent Caure pose la question centrale : “Que veut-on faire de l’enseignement français à l’étranger demain ?” Samantha Cazebonne a ensuite pris la parole, insistant sur l’objectif de sa mission : “Ce que nous produirons ensemble sera, au fond, ce que nous déciderons de faire de l’enseignement français à l’étranger.” Pour la sénatrice, rencontrer directement les familles à Londres était essentiel, afin de comprendre leurs inquiétudes. 

 

Elle se veut par ailleurs très claire sur la situation financière de l’AEFE : “Aujourd’hui, l’Agence d’enseignement français à l’étranger n’arrive plus à pouvoir assumer les charges qui sont les siennes”, en raison notamment de la masse salariale et du transfert des pensions civiles. Pour la sénatrice, l’enjeu dépasse la simple question budgétaire : “Si nous continuons à augmenter les frais de manière inconsidérée, les familles quitteront notre réseau.” Sa mission vise donc à “remettre toutes les options sur la table” et à construire des consensus durables, “en responsabilité pour nos enfants”.

 

Le logo de l'AEFE

 

Vers une vision centralisée pour l’AEFE ?

 

Selon Samantha Cazebonne, l’avenir du réseau de l’AEFE repose sur une vision centralisée et équitable : “Demain, l’agence doit gérer les établissements pour avoir des écoles qui représentent la France, accessibles aux Français, mais aussi comme réseau d’influence et de relations avec les pays d’accueil.” À ce titre, elle plaide pour un équilibre entre subvention publique et autonomie des établissements : “Une partie de la subvention publique doit servir à tous ceux qui en ont besoin, dans toutes les écoles, pour maintenir des enseignants formés et des salaires décents.”

 

Finalement, cette centralisation permettrait aux familles de mieux comprendre les choix et priorités : “Il faut centraliser pour offrir une meilleure visibilité aux parents, afin qu’ils comprennent l’intérêt de ces écoles et fassent leurs choix en connaissance de cause”. Une priorité ressort donc de cette table ronde ce jeudi 29 janvier : assurer l ’excellence, l’accessibilité et la pérennité du réseau français à l’étranger.

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