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Catherine Bellus-Ferreira “La réputation du Lycée Français de Londres est cruciale"

Catherine Bellus-Ferreira a fait sa rentrée en août 2023 au Lycée Charles de Gaulle en tant que nouvelle proviseure. Elle confie à la rédaction lepetitjournal.com les défis - réputation, lutte contre le harcèlement…- mais aussi les projets en 2024 dont “le maintien de la réputation de l’établissement sur la place de Londres”.

Alexa Roche Photography | Lycée Français Charles de Gaulle de LondresAlexa Roche Photography | Lycée Français Charles de Gaulle de Londres
Alexa Roche Photography | Lycée Français Charles de Gaulle de Londres
Écrit par Capucine Canonne
Publié le 26 novembre 2023, mis à jour le 27 novembre 2023

 

Catherine Bellus-Ferreira est proviseure du Lycée Français Charles de Gaulle à Londres. Elle a fait sa rentrée, un peu avant les 3.465 élèves, dans un climat de bienveillance et avec des défis importants à relever. Une fonction qui ne lui est pas inconnue puisqu’elle travaille dans le corps du personnel de direction depuis 20 ans. Bordeaux, Montpellier, Alicante et Casablanca… Catherine Bellus-Ferreira est fière d’être « la voix d’un lycée aussi prestigieux et épaulée par une équipe et des parents d’élèves très engagés ». 
 

Pouvez-vous nous parler de la rentrée 2023 au Lycée Charles de Gaulle à Londres et notamment de la notation de l’Ofsted, l’inspection scolaire britannique, revue à la baisse début 2023 ? 

La rentrée s’est bien passée. Nous avons tous nos effectifs et nos professeurs. Je suis très fière de l’équipe. Pour revenir à la notation de l’Ofsted*, nous avons pris acte de la situation. Il y a eu un travail colossal des équipes, avec une résilience énorme. Je tiens à souligner à quel point le traumatisme de cette baisse de notation a été fort et tout le monde s’est mobilisé par la suite. Une “monitoring inspection” surprise a eu lieu le 12 septembre dernier. Celle-ci ne change pas la note mais a prouvé à tous que nous sommes sur le bon chemin puisque nous avons rempli toutes les exigences demandées. L’objectif maintenant est de faire remonter la note. Nous avons le devoir d’être en accord avec les standards des écoles privées au Royaume-Uni. Nous avons développé notre Safeguarding (normes de sécurité et de protection), des programmes et des formations. Cela commence à bien s’infuser au Lycée Français Charles de Gaulle. Nous ne souhaitons faire de nouvelle demande d’inspection que lorsque nous serons vraiment prêts car je ne veux pas remettre les équipes dans ce climat d’inquiétude et d’angoisse. 

* L’évaluation de l’inspection scolaire britannique a établi la note « inadequate » à l’établissement français de Londres en janvier 2023

 

Le Lycée Charles de Gaulle à Londres


 

Revenons sur la lutte contre le harcèlement scolaire, une priorité pour le gouvernement cette année. Quelles sont les actions qui sont menées dans votre établissement ? 

Avant de parler de nos actions concrètes, nous devons répondre aux exigences britanniques. Nous avons donc une politique très rigoureuse de signalements, de suivi et de résolutions. Cela passe par une plateforme de déclaration qui est partagée avec un ensemble d’acteurs, notamment les services sociaux britanniques. Nous faisons aussi beaucoup de réunions pour faire le point et parler de cas de harcèlement potentiels. 

Mais il ne faut pas oublier que nous sommes une école. Sur le principe, toute personne est à éduquer, harceleur comme harcelé. Le dossier du harcèlement est très complexe, parfois les harceleurs sont aussi harcelés. J’observe que cela se passe souvent avant le lycée. Nous avons de multiples actions qui sont menées par un proviseur adjoint, en association avec les parents d’élèves, les professeurs et les délégués : explication du harcèlement, conférences, enseignement du système emphatique, gestion de son image et des réseaux sociaux, actions de prévention du pôle médical. 

Au sein de l’établissement, nous mettons aussi en place le modèle de la préoccupation partagée. Plus le signalement est précisé, mieux il est partagé et permet une discussion avec des interlocuteurs qualifiés pour gérer la situation. Enfin, comme les établissements français à l’étranger, nous sommes totalement impliqués dans le programme PHARe dont l’un des dispositifs est que les élèves peuvent être des ambassadeurs et signaler, intervenir ou modérer. Le sujet est au cœur de notre Lycée mais il s’agit d’un sujet international qui nous concerne tous. 

 

Quels sont les grands projets à venir du Lycée Charles de Gaulle ? 

Le premier grand projet est de toujours être sur la place de Londres. Le lycée est une ancienne institution mais cette ancienneté doit toujours être perçue comme qualitative. Nous travaillons donc beaucoup sur notre réputation, qui est cruciale. Pour cela, nous menons des projets comme la première classe défense à l’étranger - avec l’attaché de défense à l’ambassade- à l’occasion notamment des 120 ans de l’entente cordiale et les fêtes du Débarquement. Nous espérons que certains de nos élèves puissent se rendre sur place.

L’année est olympique, et le sport au Lycée Charles de Gaulle est toujours très impressionnant. Je donne en exemple, parmi tant d’autres, des élèves qui rentrent d’un championnat d’Europe de Volley Ball à Lisbonne. Nous organisons également une semaine olympique et paralympique du 18 au 22 mars 2024 avec des démonstrations mais surtout pour que nos élèves participent, comprennent le handisport et échangent avec des sportifs de haut niveau. Difficile de parler de tous nos projets en quelques mots tant ils foisonnent !

 

Le Lycée Charles de Gaulle à Londres

 

Contrairement au système britannique qui fait débuter l’école à 4 ans, l’enseignement français propose l’école à partir de 3 ans. Que proposez-vous ? 

Nous avons trois écoles en dehors du site de South Kensington, dans notre réseau : les écoles primaires André Malraux (quartier Ealing), Marie D’Orliac (quartier Fulham) et Wix (quartier de Clapham). S’il fallait citer le projet qui mobilise l’intégralité de notre établissement, c’est bien celui de la petite section de maternelle. Pourquoi ? Car la maternelle est notre marque de fabrique, non pas celle du Lycée de Londres mais de l’enseignement français. Il n’y a pas beaucoup de systèmes éducatifs dans le monde à avoir une vraie maternelle. Montrer aux familles que scolariser son enfant à partir de 3 ans signifie qu'il ne va pas vivre une garderie améliorée mais une vraie année d’apprentissage, avec la convivialité et tout l’accueil dont il a besoin.

 

Avez-vous un message particulier pour les lecteurs de lepetitjournal.com

Je suis heureuse de vous parler. Je sais que votre média est très lu à Londres. Je voudrais dire que je porte la voix d’un Lycée très prestigieux qui a une réputation à préserver et une attractivité à renouveler. Je suis entourée d’équipes engagées et de parents d’élèves présents : de solides relais et de vrais soutiens. Je les remercie par votre intermédiaire. 

 

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