Les métros de Londres et de Glasgow : entre histoire, évolutions et bienveillance

Par Ines Tancrede | Publié le 23/06/2021 à 13:13 | Mis à jour le 23/06/2021 à 14:36
Photo : Victor Forgacs, Tetiana Shyshkina, Sebastian Gabriel - Unsplash
Les métros de Glasgow, Londres et Paris

Les métros de Londres et Glasgow : âgés mais pas aigris ! Bien que les deux moyens de locomotion soient parmi les plus vieux du monde, l’ouverture d’esprit des passagers et la bienveillance du conducteur vaut tout l’or du monde ! Rien à envier au métro parisien certes plus moderne mais tellement moins empli de bienveillance.

 

Le métro de Londres, le plus ancien du monde

Le métro de sa Majesté est le plus ancestral de la planète ! Il compte 11 lignes couvrant l’un des réseaux les plus étendus au monde sur 421 kilomètres, voire 13 lignes en incluant le DLR Docklands Light Railway (quartier des Docklands et la City) et le London Overground. Inauguré en janvier 1863 et aujourd’hui exploité par l’organisme public des transports en commun de la ville de Londres TFL Transport of London, il circule en moyenne à une vitesse de 33 km/h avec des pointes pouvant atteindre jusqu’à 100 km/h. Sa voie est électrifiée sous pilotage automatique dans le même temps qu’elle est surveillée par le conducteur de la rame. La première ligne, nommée la Metropolitan Railway, couvrait l’actuelle Hammersmith & City line et fut construite par des entreprises privées. Cette ligne fut par la suite rattachée au réseau London Transport puis le gouvernement britannique décida en 1985 de dissocier ce réseau souterrain en l’attribuant à London Underground Limited qui constitue depuis 2003 une filiale indépendante de Transport for London.

Les neufs zones de Londres et de sa périphérie sont desservies par 270 stations qui vont jusqu’à desservir les comtés de l’Essex, du Hertfordshire et du Buckinghamshire. 95% des attractions touristiques se trouvent dans les zones 1 et 2, pendant notre incontournable Tube comble ses usagers en ne les faisant pas patienter plus de trois minutes entre chaque passage de ses trains. Le métro londonien roule de 5 heures à minuit environ, exception faite pour certaines lignes 24h/24 les vendredis et samedis. Soyez vigilants au moment d’acheter vos tickets puisque le prix diffère en fonction des zones traversées lors de votre trajet. Comptez £4.90 pour un ticket de zone 1 à 3; £5.90 pour les zones 1 à 5 et £6 des zones 1 à 6. N’omettez pas votre carte de transport Oyster préférée qui vous permettra d’amoindrir le coût de vos trajets. Bien qu’il soit cher, il est le moyen de transport le plus rapide et le plus utilisé par les amoureux du territoire de sa Majesté. Nous sommes prêts de 5 millions à voyager en son sein par jour, soit à peu de choses près l’entière population de l’Écosse !

La question que tout le monde se pose : mais d’où viennent les surnoms tube ou underground ?

Car figurez-vous que 55% du réseau est situé en surface, mais jadis le projet de 1827 concevait ce métro avec davantage de parties souterraines. Les lignes sous-terre ne font pas spécialement le bonheur des adeptes de l’underground l’été (il fait en effet si bon dans les couloirs et les wagons en plein mois d’août…) et ce notamment lors des heures de pointe puisque la chaleur et le monde grouillant font si bon ménage. Quant au surnom Tube, cela fait allusion aux tunnels des lignes de métro à la forme cylindrique.

Le métro de Glasgow, troisième plus ancien du monde

Moins imposant que son ainé avec son unique ligne circulaire couvrant un réseau d’une dizaine de kilomètres qui dessert le centre-ville mais aussi le Nord et le Sud de la rivière Clyde, le métro de Glasgow fut intronisé en 1896. Troisième dans la hiérarchie de l’ancienneté après ceux de Londres et de Budapest, le projet initial était apparu en 1887 avant d’être approuvé par la reine Victoria en 1890. Il avait été concrètement amorcé un an plus tard en 1891. Sa singularité n’est autre que les tunnels souterrains très étroits de ses 15 stations. En effet, chacune des voies ne sont écartées que par 1,219 cm et sont incluses dans son propre tunnel. Actuellement en rénovation, sa vitesse de pointe est de 54 km/h. Les trains sont désormais automatisés et le conducteur n’a qu’à actionner les portes et faire redémarrer le train. Surnommé Subway ou bien The Clockwork Orange, il circule de 6h30 à minuit pour le plus grand bonheur des 14 millions de passagers qui l’empruntent annuellement.

Les évolutions et de nouveaux projets d’extension de lignes

L’extension de la Northern Line de Kennington à Battersea Power Station via Nine Elms devrait être inaugurée incessamment sous peu depuis que l’accord légal a été obtenu en 2013 par TFL.

De plus, un projet indépendant sur le modèle du RER parisien est en cours dans les deux villes : le Crossrail londonien et le Glasgow Crossrail permettant une correspondance à la fois avec le métro mais aussi les trains de banlieue.

Côté Glasgow, les trains ont été tractés par câbles avec un système de pince et de direction unique de 1896 à 1935, avant qu’ils ne deviennent électrifiés entre 1935 à 1977. Les premiers trains de l’époque furent utilisés jusqu’à cette grande modernisation de 1977, nécessaire face à l’obsolescence, les pannes et les retards répétitifs.

Une paire d’anecdotes…

Deux anecdotes vécues par le quotidien des usagers des métros de Glasgow et Londres vous permettront de relativiser leurs âges certains respectifs. Instinctivement considérés comme moins performants, croyez-moi ils n’ont rien à envier au métro de la Ville Lumière inauguré quelques mois après l’exposition universelle de 1900 de Paris. Certes, le métro de la capitale est emblématique pour son style Art nouveau, son réseau étendu sur 225 kilomètres et ses 16 lignes mais nul doute que vous avez déjà pu observer à quel point les gens peuvent se dévisager les uns des autres, sans même parler de cette atmosphère “métro-boulot-dodo” exacerbée.

Et puis vinrent en comparaison vos premiers trajets dans le métro londonien… jonchés de ce moment où vous vous surprendrez vous-même en train d’observer les autres ! L’ouverture d’esprit en serait presque interpellante ! Que vous soyez en effet vêtue d’une mini-jupe ou d’un pantalon “patte d’eph” en velour, quand bien même vos cheveux arborent une couleur bleue ou qu’un tatouage illumine votre visage, personne ne vous en tiendra rigueur !

À l’image de la bienveillance dont fait preuve le conducteur du métro de Glasgow en souriant depuis sa fenêtre aux passagers tout en vérifiant d’un regard bienveillant à chaque arrêt que tous aient bien embarqué. Pourquoi ne pas esquisser un sourire au lieu d’un regard noir oppressant sur l’apparence d’autrui ? Pensez-y, chers lecteurs, lors de vos prochains trajets en métro autour du globe, un peu de bienveillance et d’ouverture d’esprit ne feront qu’agrémenter le bon déroulement de vos trajets.

 

 

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Ines Tancrede - Journaliste junior Londres

Ines Tancrede

Éternelle amoureuse de la nature et de la photographie. Inconditionnelle baroudeuse à la découverte de nouvelles cultures. Curieuse d’esprit, jusqu’au-boutiste et férue de sport. Inlassable bout-en-train et latina dans l’âme.
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