Élections locales : pourquoi les Anglais votent-ils ce 5 mai ?

Par Marie Benhalassa-Bury | Publié le 04/05/2022 à 19:15 | Mis à jour le 04/05/2022 à 19:29
Photo : Mohamed Hassan - Pixabay
Dessin de deux mains glissant leurs bulletins de vote dans une urne

Les élections locales de ce 5 mai régissent principalement les services locaux dont les habitants britanniques dépendent au quotidien. Focus sur les enjeux de ces scrutins municipaux.

 

Jeudi 5 mai se tiendront les élections locales qui décideront de la composition des councils de l’Angleterre, l’équivalent de nos conseils municipaux hexagonaux. Ces gouvernements locaux influencent le quotidien des Britanniques en ce que les councils ont la charge de différents services décentralisés. Ces élections semblent moins redoutées par les partis, le taux d’abstention y étant par ailleurs habituellement élevé. Elles permettent tout de même d’obtenir des indicateurs précieux quant aux préoccupations actuelles du pays.

Sont en jeu : la décision des budgets municipaux, la collecte des poubelles, le bon entretien des transports mais aussi, dans certaines villes, de plus amples responsabilités telles que la mise en œuvre d’établissements culturels ou de directives scolaires. Les campagnes se basent surtout sur le porte-à-porte et les déplacements de divers élus.

Des élections sur des tempos différents

Cette session concerne 146 councils différents, à savoir à peu près 4000 sièges, dont ceux de Leeds, Londres et Birmingham, des villes au penchant travailliste. En effet au Royaume-Uni, tous les councils ne sont pas élus en même temps. Ainsi, une autre de ces élections a déjà eu lieu en 2021, laquelle avait d’ailleurs permis aux Tories de récolter treize councils supplémentaires, une percée venue confirmer le succès rencontré aux élections générales de 2019. Mais, au même moment, Sadiq Khan, maire travailliste, était réélu à Londres.

D'autant plus que les élections du 5 mai concernent des villes qui ont élu leurs councils actuels en 2018, dans un contexte national très différent. Une pandémie, un Partygate, une explosion de l’inflation, un Brexit effectif et une guerre plus tard, le vote de jeudi pourrait, en fin de compte, constituer l’occasion de tester les nerfs des Anglais. Le Labour Party espère par ailleurs prendre la température en vue des prochaines élections générales prévues pour 2025.

Les crises traversées par le pays pourraient rebattre les cartes

Ces élections locales devraient ainsi permettre d’indiquer le niveau de confiance à l’égard d’un gouvernement entaché par plusieurs crises sévères. L’inflation sévit de plus en plus, le Brexit pose de nouveaux challenges régulièrement, la gestion de la question migratoire et de l’accueil des réfugiés ukrainiens ne cesse de faire parler… Mais le gouvernement de Boris Johnson est également sous les feux de la rampe en raison du Partygate, scandale ayant lourdement ébranlé la confiance du pays après que certaines figures politiques Tories se sont rendues à une fête illégale, en pleine restrictions sanitaires strictes. Au sein même du clan conservateur, la possibilité d’un vote de défiance se renforcera si l’issue du vote venait à trop remettre en cause la légitimité du parti à gouverner.

 

Marie Benhalassa - Journaliste Londres

Marie Benhalassa-Bury

Etudiante à Sciences Po Aix, curieuse de tout, ancienne expatriée à Brighton avant de rejoindre l'équipe de rédaction de Londres
0 Commentaire (s) Réagir

Soutenez la rédaction Londres !

En contribuant, vous participez à garantir sa qualité et son indépendance.

Je soutiens !

Merci !

De la part de toutes les équipes de Lepetitjournal.com

À lire sur votre édition locale