TEST: 2269

Vaccination contre le Covid-19 : qu’en pensent les jeunes Britanniques ?

Par Judith Chouzenoux | Publié le 04/11/2021 à 17:39 | Mis à jour le 04/11/2021 à 18:25
Photo : CDC - Unsplash
jeune garçon en train de se faire vacciner par une médecin

Une étude menée auprès d’écoliers au Royaume-Uni révèle que plus les enfants sont jeunes, plus ils sont réticents à se faire vacciner. Entre indifférence et influence des parents, on vous propose de faire le point sur les réelles raisons qui poussent les enfants à ne pas vouloir se faire vacciner.

 

Alors que la vaccination a récemment été ouverte aux jeunes de 12 à 15 ans, l’Université d’Oxford, le University College London et l’Université de Cambridge ont décidé de travailler conjointement afin d’établir quel était l’avis général des jeunes britanniques sur le vaccin contre le Covid-19. L’étude qui en résulte est nommée l’OxWell School Survey 2021, elle a été menée auprès de plus de 27 000 élèves de la cinquième à la treizième année d’étude, dans 180 écoles du Berkshire, du Buckinghamshire, de l'Oxfordshire et du Merseyside. Il s'agit de la première étude à grande échelle qui demande aux enfants et aux adolescents dans quelle mesure ils sont prêts à se faire vacciner contre le Covid-19.

 

Plus jeunes sont les écoliers, moins ils veulent du vaccin contre le Covid-19

Les résultats, qui ont été publiés dans la revue médicale EClinicalMedicine, montrent que seuls 36 % des enfants de neuf ans sont prêts à se faire vacciner contre le coronavirus, contre 51 % des enfants de 13 ans, et 78 % des enfants de 17 ans.

 

Mina Fazel, co-auteure de l'étude et professeure au département de psychiatrie de l'Université d’Oxford, a remarqué que les résultats de l’enquête montrent « que les enfants sont plus disposés à se faire vacciner contre le Covid-19 à mesure qu'ils grandissent. » Elle impute ce phénomène au fait que les jeunes enfants « s'en remettent plus souvent à leurs parents, ou aux personnes qui s'occupent d'eux, pour les décisions relatives aux soins de santé et à la vaccination. » Le vaccin est actuellement proposé à tous les jeunes de 12 à 15 ans à l'école, et des formulaires de consentement sont envoyés aux parents au préalable.

 

Plus d’éducation sur le vaccin pour une meilleure compréhension de ses effets

Les enquêteurs se sont demandés ce qu’ils pouvaient faire pour minimiser les appréhensions que peuvent avoir les enfants vis-à-vis de la vaccination, mais également quelles procédures pourraient être mises en place dans le cas où un enfant exprime le souhait de se faire vacciner et que ses parents refusent. Comme le relève la professeure de psychologie « Les jeunes peuvent ne pas vouloir que leurs camarades, leurs enseignants ou même leurs parents soient au courant de leur choix de se faire vacciner. »

 

Mina Fazel a estimé que les données récoltées ont souligné à quel point « il est important de fournir des informations accessibles et de bonne qualité » afin de « permettre aux jeunes populations de mieux comprendre le vaccin contre le Covid-19 et ses effets. »

 

Les conclusions de l’OxWell School Survey établissent qu'au fur et à mesure où le vaccin se répand dans les écoles, la création de nouvelles ressources est nécessaire pour que les élèves aient confiance en sa sécurité et ses effets. Le message doit être clair et calibré pour pouvoir être compris par des enfants d’âge scolaire, mais également par leurs parents, leurs enseignants et les soignants. Sa diffusion quant à elle, devrait être assurée par « différemment formats » dans des « endroits où des populations diverses se rencontrent. » Le tout relayé par « des sources fiables sur les médias sociaux », lieux plébiscités « des jeunes les plus réticents à l'égard des vaccins » et où « ils sont le plus susceptibles de s’informer. »

 

Des disparités qui s’expliquent aussi par l’influence de leur milieu sur les écoliers

La professeure d’Oxford affirme que le choix de vaccination des enfants est grandement influencé par son entourage, et les choix qu'ont fait ses camarades et sa famille avant lui. Dans les colonnes de l’enquête, elle détaille : « Il se peut que les plus jeunes s'inquiètent de ce que pensent leurs amis, par exemple, et ce dont ils ont peut-être besoin, c'est d'un moyen de se faire vacciner tout en se sentant en sécurité et à l'aise. Nous devons veiller à ce que ces possibilités soient offertes. »

 

L’étude observe également que les enfants les moins enclins à se faire vacciner sont plus susceptibles de « venir de milieux plus défavorisés sur le plan social et économique », de « ressentir un sentiment d’appartenance moindre à leur communauté scolaire » et de penser « qu’ils ont probablement déjà eu le coronavirus ».

 

Si la cible principale de la future campagne de sensibilisation sera bien les écoliers, les universitaires ont souligné la nécessité de cibler les enfants qui évoluent dans des milieux, généralement défavorisés, où les parents sont eux-mêmes réticents au vaccin. Le Dr Simon R. White, chercheur à l'université de Cambridge, explique à ce propos : « Il existe des similitudes avec les populations adultes, en ce sens que les personnes issues de milieux socio-économiques défavorisés hésitent davantage à se faire vacciner. »

 

Le professeur Russell Viner, du Great Ormond Street Institute of Child Health de l'UCL, abonde en ce sens : « Nos résultats suggèrent qu'il sera essentiel d'atteindre et d'engager les jeunes issus de familles et de communautés plus pauvres, qui ont moins confiance dans la vaccination et le système de santé (…) Un programme de vaccination en milieu scolaire, tel que prévu en Angleterre, est un moyen de contribuer à réduire ces disparités en matière de santé. Cependant, les adolescents qui sont les moins engagés dans leur communauté scolaire peuvent avoir besoin d'un soutien supplémentaire pour que nous puissions atteindre les niveaux de participation les plus élevés. »

 

Les enfants qui le souhaitent peuvent se faire vacciner sans consentement parental

Comme pour la plupart des vaccins existants, les jeunes de moins de 16 ans peuvent recevoir le vaccin contre le Covid-19 sans le consentement de leurs parents, s’ils sont jugés capables de prendre cette décision par eux-mêmes. Pour ce faire, ils doivent passer une évaluation clinique auprès d’un médecin.

 

Cette mesure a été réaffirmée par Nadhim Zahawi, secrétaire d'État à l'éducation, qui était jusqu'à récemment ministre des vaccins. Dans un entretien accordé à Sky News en Octobre, le secrétaire d’État a assuré que « dans les très rares cas où il y a une divergence d'opinion entre les parents et un enfant âgé de 12 à 15 ans - lorsque le parent, par exemple, ne veut pas donner son consentement mais que l'enfant de 12 à 15 ans veut se faire vacciner - la première étape est que le clinicien réunisse le parent et l'enfant pour voir s'ils peuvent parvenir à un consentement. »

 

Dans le cas où l'enfant et ses parents ne parviennent pas à se mettre d’accord, le médecin peut décider d’avoir recours à sa compétence Gillick, un droit médical en Angleterre, utilisé pour décider si un enfant est capable de consentir à son propre traitement médical, sans avoir besoin de la permission de ses parents. En d’autres mots, le médecin vérifie la capacité de l’enfant à consentir lui-même de manière éclairée à recevoir un vaccin.

 

Sur le même sujet
Judith Chouzenoux - Journaliste Londres

Judith Chouzenoux

Etudiante à Sciences Po Aix, spécialiste de pas grand chose, curieuse d’à-peu-près tout.
0 Commentaire (s) Réagir

Soutenez la rédaction Londres !

En contribuant, vous participez à garantir sa qualité et son indépendance.

Je soutiens !

Merci !

De la part de toutes les équipes de Lepetitjournal.com

À lire sur votre édition locale