Ayant depuis l’adolescence un pied entre la France et l’Outre-Manche, Bérengère Kola-Sautai a atteint son objectif. Aujourd'hui avocate à Paris et barrister en Angleterre, elle a créé son propre cabinet en 2025, basé à Londres mais qui représente la clientèle devant les juridictions françaises.


Pour beaucoup de professionnels du droit, s'installer à l'étranger fait un peu peur. Mais pour Bérengère, c'est avant tout une histoire de famille. Originaire de Lille, elle a beaucoup voyagé à Londres. Dès ses 17 ans, elle y passe tous ses étés en étant fille au pair ou encore babysitter. Pourtant, elle fait toutes ses études de droit en France et devient avocate au barreau de Paris en 2015. Mais l'envie de rejoindre Londres se fait ressentir. Une fois sur place, elle rencontre un problème car “ce n’est pas facile de trouver un travail quand on est avocate française, ce qui ne se transpose pas dans le système anglo-saxon”, se rappelle-t-elle.
LBK FrenchLaw : un cabinet d'avocats entre Paris et Londres
Loin de se décourager Bérangère décide, après un an d’études en droit anglais, de s’associer avec une ancienne collègue de son cabinet parisien fin 2015. Ensemble, elles décident de monter leur structure pour répondre à un vrai besoin de la communauté à Londres. C’était la suite logique pour être au plus près de la population, surtout sur des sujets touchant à la famille. “C’est une matière qui est tellement personnelle, tellement difficile aussi” nous raconte-t-elle.
En 2022, Bérengère continue son chemin et devient officiellement barrister en Angleterre. Cette double casquette lui permet de faire évoluer sa manière de travailler. Depuis Londres, elle gère aussi des situations très diverses, qu’il s'agisse d’expatriés installés au Royaume-Uni ou de personnes basées à l’étranger.
La France et le Royaume-Uni, des droits très différents
Pour Bérangère, travailler avec les deux systèmes juridiques permet de bien voir les différences de mentalités. En France, le droit est très écrit, avec des règles strictes. Au Royaume-Uni, le juge a beaucoup de pouvoir et fait du cas par cas. Il y a une différence dans la manière de gérer les disputes. La France est très tournée vers le contentieux, avec cette image de “bataille judiciaire” quand un couple divorce. À l'inverse, le Royaume-Uni est plus en avance pour régler les problèmes à l'amiable, en dehors des tribunaux.
Cette expérience donne envie à Bérengère de se tourner vers des solutions plus amicales. Actuellement en formation pour devenir médiatrice, elle veut aider les familles à sa manière : “En Angleterre, ils sont beaucoup plus en avance qu’en France sur la résolution des conflits en dehors de toute juridiction. La séparation est une période extrêmement difficile. À mon petit niveau, j’aime aider les gens à traverser le moins difficilement possible cette période. Et cela passe par la résolution à l’amiable”.
L'entraide entre Français expatriés
Même si elle adore sa vie ici, Bérengère avoue que l'expatriation est jonchée de moments difficiles, surtout lorsque l'on construit sa propre famille. “Ce n’est pas évident de ne pas avoir sa famille. Il manque ce soutien matériel, l'aide que les parents peuvent apporter”, confie-t-elle. Mais heureusement, la solidarité prend le relais : “Entre expatriés, nous créons un cercle d’amis qui devient la famille. Nous créons des liens extrêmement forts”.
Quand on a envie de quelque chose, il faut se donner les moyens et se lancer.
Pour Bérangère, il est aussi très important de transmettre à ses enfants les chansons, les références culturelles et l'humour typiquement français. Et pour les jeunes qui hésitent à venir s'installer à Londres à cause des visas, elle les encourage sans hésiter car pour elle : “Il faut le faire ! Quand on a envie de quelque chose, il faut se donner les moyens et se lancer. Il n'y a jamais tort à essayer”. Un conseil qui lui a bien réussi.
Sur le même sujet





































