Pour les touristes, à Londres, il existe mille façons de découvrir la ville. Certains enchaînent les musées, d’autres traversent les monuments,appareil photo à la main. Mais depuis quelques années, une autre manière de visiter la capitale britannique séduit de plus en plus de voyageurs : la découvrir en mangeant. C’est le pari de Valérie Bonard, qui depuis 3 ans propose un tour des marchés, fourchette à la main (cette fois-ci).


Découvrir Londres par des banh-mi, des arancinis ou de la cuisine vénézuélienne ? C’est précisément l’idée derrière Taste London, le concept imaginé par Valérie Bonard. Pour elle, goûter une ville permet souvent de mieux la comprendre. Ces food-tours pensés comme une immersion dans le Londres cosmopolite que l’on connaît, ont pour enjeu de faire découvrir des marchés historiques, des cuisines du monde, des adresses cachées et surtout des rencontres improbables.
L’enjeu pour Valérie au départ était de tenter un format, au sens propre du terme : “J’avais en tête une activité loin des visites guidées classiques, parce que personnellement, une visite où je ne mange pas rapidement, ça ne m'intéresse pas”, lance la fondatrice, sourire aux lèvres. À ce titre, Taste London joue sur un mélange très… londonien : un peu de culture, beaucoup de street food, des anecdotes de guide et surtout une atmosphère ultra conviviale : “Je voyais les tours comme une parenthèse, où pendant quelques heures, les participants passent d’un marché à l’autre, goûtent des spécialités venues des quatre coins du monde et découvrent une ville bien différente des clichés habituels sur la cuisine britannique.”
Toute personne qui vit ici sait qu’il s’agit probablement de l’une des villes les plus riches culturellement au monde quand on parle de nourriture.”

“Les touristes pensent encore qu’on mange mal à Londres…”
La réalité du terrain fait toujours rire notre guide, qui assure : “Les gens pensent encore qu’on mange mal à Londres… Mais toute personne qui vit ici sait qu’il s’agit probablement de l’une des villes les plus riches culturellement au monde quand on parle de nourriture.” C’est précisément cette diversité que Taste London veut raconter, car Valérie voit l’expérience comme une sortie entre amis (à ce titre, Valérie utilise rarement le mot “visite”. Elle préfère parler “d’expérience”).
Les groupes restent volontairement à taille humaine, et Valérie insiste sur une ambiance détendue : “Au début, les gens sont parfois un peu réservés”, explique-t-elle, “mais à la fin du tour, ils échangent leurs numéros, ils restent boire un verre ensemble. Certains continuent même leur soirée après.” Cette proximité fait aujourd’hui la réputation de Taste London, qui a pendant très longtemps bénéficié d’un très bon bouche-à-oreille.
Le projet Taste London se construit jour par jour, brique par brique
“Au départ, rien n’était vraiment planifié.” Valérie commence simplement à discuter avec des commerçants sur les marchés londoniens qu’elle parcourt avec sa famille. Elle leur parle d’une idée : amener des petits groupes, faire découvrir leurs stands, créer des dégustations. Les premiers flyers sont bricolés rapidement sur Canva, distribués à la main. Puis les premières réservations arrivent. Petit à petit, Taste London trouve son public : Borough Market, Camden et les trésors cachés de Londres
Aujourd’hui, les tours se concentrent principalement autour des grands marchés londoniens. Mais l’idée n’est pas simplement d’emmener les visiteurs dans les lieux les plus connus, au contraire, Taste London cherche surtout à faire sortir les gens du parcours touristique classique. La guide s’appuie sur deux modèles : le walking tour qui débute du côté de Old Spitalfields Market avant de traverser une partie de la City pour rejoindre Borough Market. Entre les deux, les participants découvrent plusieurs spots emblématiques : Leadenhall Market, immortalisé dans Harry Potter and the Philosopher's Stone, le Gherkin, London Bridge et d’autres ruelles plus discrètes de la City…
Le bike tour, lui, mise davantage sur les contrastes londoniens. Départ à Covent Garden, passage par Seven Dials et arrivée à Camden Market. “J’adore ce contraste entre le côté très chic de Covent Garden et l’énergie beaucoup plus punk de Camden”. Mais au fond, ces lieux ne sont qu’une partie de l’expérience.
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