Le Royaume-Uni peut-il basculer en récession à cause du décès d'Elizabeth II ?

Par Capucine Canonne | Publié le 20/09/2022 à 12:41 | Mis à jour le 20/09/2022 à 14:32
de la monnaie britannique placée dans une tirelire transparente

Depuis le décès de la reine, les Britanniques pleurent…et l’économie aussi. Hier, les funérailles étaient annoncées comme « bank holiday », soit jour non travaillé. Non sans conséquences sur l’économie du Royaume-Uni, déjà fragilisée. 

 

Ce jour de congé, beaucoup de Britanniques en avaient sans doute profondément besoin pour rendre hommage à leur souveraine. Sauf que, selon les économistes du pays, le Royaume-Uni serait dorénavant « techniquement en récession » c’est-à-dire qu’il subit un fort ralentissement économique. 

 

Les évènements liés à la reine ont un impact sur l’économie britannique

En juin dernier, le jubilé de platine de la reine (pour célébrer ses 70 ans de règne) a permis à tous de ne pas travailler pour profiter des festivités. Au programme, parades, spectacles, évènements dans le pays. Selon le Center for Retail Research, les Britanniques auraient dépensé 330 millions en souvenirs et 140 millions pour les évènements. Mais parallèlement, le congé a eu un impact négatif sur le PIB. En 2002, lors du jubilé des 50 ans de règne, ce même PIB avait perdu 2,3% en partie à cause d’un jour national chômé pour l’occasion. 

 

Des souvenirs du décès de le reine

 

Le 8 septembre 2022, Elizabeth rend son dernier souffle. Dix jours de deuil national s’ensuivent, où le pays est à nouveau au ralenti : les congrès, évènements d’entreprises et les compétitions sportives sont annulées. Les magasins sont en grande partie fermés. Lundi 19 septembre, les funérailles sont suivies par des milliards de personnes, à Londres ou sur les écrans. Au jour de congé s’ajoutent les 35 millions d’euros de coût des obsèques. 

Au total, selon le journal The Independant, l’impact économique est estimé entre 1,4 et 6,9 milliards d’euros. Cette estimation devrait grossir encore au moment de l’intronisation du roi Charles III lors duquel des jours chômés pourraient être annoncés. Puis, l’immense chantier de changement de la monnaie, des timbres, des passeports et des uniformes de police devrait encore coûter de l’argent aux finances publiques. 

 

La croissance du Royaume-Uni se ralentit aussi à cause du contexte mondial  

Reprise lente post-covid, guerre en Ukraine… L’économie du Royaume-Uni, comme d’autres économies en Europe, est déjà à la peine depuis quelques mois. Preuve ultime, le FMI a publié, il y a quelques mois, le classement des grandes puissances mondiales économiques : le Royaume-Uni perd une place et se situe désormais à la 6ème position, avec un PIB annuel de 3 380 milliards de dollars. 

 

Récession économique au Royaume Uni

 

Principal perturbateur : l’inflation, qui dépasse maintenant les 10% et a un violent impact sur la consommation des ménages. L’indice des prix bat d’ailleurs un triste record depuis 40 ans et devrait même augmenter dans les mois à venir, jusqu’à atteindre 13% le mois prochain. De plus, la flambée des prix de l’électricité, du gaz et du carburant allège un peu plus le portefeuille des foyers. La récession plus tôt que prévue s’ajoute à la liste des défis colossaux que va devoir relever la nouvelle Premier ministre du pays, Liz Truss. 

 

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Capucine Canonne

Après 10 ans d’expérience en marketing média, Capucine se reconvertit en journalisme. Ancienne expatriée et fondatrice de l’édition lepetitjournal.com de Chennai en 2019, elle intègre la rédaction internationale à Paris.
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