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Les hommes diplômés de 30 ans gagnent 25% de plus que les femmes du même âge

Par Margaux Audinet | Publié le 06/10/2021 à 17:19 | Mis à jour le 07/10/2021 à 15:35
Photo : Freesvg
un homme se tenant sur une pile de pièces plus importante que la pile de pièces de la femme

Les inégalités salariales entre hommes et femmes s’ancrent dès la sortie de l’université. Elles s’observent encore chez les nouvelles générations, avec des variations selon les diplômes.

 

Le 5 octobre était la date limite pour que les grandes entreprises britanniques délivrent leur rapport sur les inégalités salariales entre les genres pour l’année 2021. A cette occasion, l’Institute for Fiscal Studies (IFS) a réalisé une étude complétant les données publiques annuelles. Cette enquête met en lumière les inégalités divisant les diplômés en fonction de leur genre, mais surtout en fonction de leur spécialisation, questionnant ainsi un système qui différencie les hommes et les femmes dès l’enfance.

 

Des écarts de salaire qui persistent au Royaume-Uni

En 2020 en Grande-Bretagne, les hommes (tous employés confondus) gagnaient en moyenne 15,5% que les femmes. Ce chiffre descend à 7,4% concernant les employés à plein temps. Si les données recueillies par l’ONS montrent une baisse progressive des inégalités de revenus entre les employés masculins et féminins, les écarts se polarisent en fonction de l’âge. En 2020, les femmes entre 18 et 21 ans gagnaient en moyenne 1,2% de moins que les hommes. Pour les plus de 60 ans, ce chiffre passe à 13%.

Les récentes études révèlent aussi que tous les secteurs d’activité ne sont pas égaux s’agissant de la parité des revenus : les métiers spécialisés et les opérateurs de procédés, d'installations et de machines sont les plus concernés par le gender pay gap, pour reprendre la terminologie anglophone.

 

L’étude de l’IFS met en évidence les facteurs d’inégalités à la sortie de l’université

Le premier constat dévoilé par cette étude est sans appel : à 30 ans, les hommes diplômés gagnent en moyenne 25% de plus que leurs homologues féminins. L’IFS met également en évidence l’influence du diplôme choisi par les étudiants dans ces inégalités : les secteurs tendant le moins à générer de hauts revenus sont désertés par la population masculine. Les femmes sont ainsi surreprésentées dans les arts créatifs, en psychologie et dans les services sociaux, tandis qu’elles sont très peu nombreuses dans les filières économiques, plus susceptibles de générer des salaires élevés. L’étude relève par ailleurs que le seul fait d’étudier l’économie à l’université booste la paye des femmes de 75% à l’âge de 30 ans ; c’est dix fois plus que pour les secteurs artistiques.

Les spécialistes de l’IFS dénoncent un manque d’information sur ces enjeux pour les jeunes. Le système britannique imposerait un resserrement des choix de matières très jeune, ce qui pousse les lycéens à prendre des décisions importantes tôt dans leur parcours. Xiaowei Xu explique : « bien sûr, l'argent n'est pas - et ne devrait pas être - le seul facteur à prendre en compte dans le choix des études. Mais il faut en faire plus pour informer les jeunes des conséquences financières du choix de leur diplôme et pour surmonter les stéréotypes liés au genre, afin que les femmes ne soient pas exclues des carrières bien rémunérées par des choix faits à un jeune âge ».

 

Remise en question des stéréotypes genrés systémiques

Les chercheurs à l’origine de cette étude mettent en évidence le fait que les choix de spécialisation à l’université ne sont pas les mêmes en fonction du genre, ce qui a un impact direct sur la carrière des étudiants en question. Là où 80% des étudiants en psychologie sont des femmes, 70% des étudiants en économie sont des hommes. Là où 10% des étudiants infirmiers sont des hommes, 20% des étudiants en ingénierie sont des femmes.

Ainsi, le facteur éducatif et les normes sociétales dans leur ensemble sont immédiatement questionnés : comment ces choix de carrières sont-ils si distinctement forgés et si corrélés au genre ? Des études sociologiques mettent en évidence l’influence des valeurs inculquées par l’éducation dans les choix professionnels de l’individu en devenir. Les secteurs majoritairement choisis par la gent féminine (infirmerie, services sociaux, art, sociologie) correspondent à des normes intégrées dès le plus jeune âge : sensibilité, altruisme, soins apportés aux autres…

 

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Margaux Audinet - Journaliste Londres

Margaux Audinet

Etudiante à Sciences Po Aix curieuse et passionnée, je transmets cette flamme à travers mes écrits et photographies, au gré de mes aventures.
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