Depuis quelque temps, les mesures pro-Brexit ne cessent de s’estomper : plan Erasmus +, rapprochement diplomatique, nouvelle connexion ferroviaire entre Londres et Bruxelles… Le gouvernement britannique, dirigé par Keir Starmer, semble prêt à réactiver le débat à Westminster, avec un projet de loi visant à encadrer un rapprochement plus étroit avec l’Union européenne. Ce texte, qui doit être présenté au Parlement dans les prochains mois, pourrait relancer les tensions politiques internes et interroger sur le bilan du Brexit, 10 ans après le référendum initial.


Rien de nouveau. Depuis le plan Erasmus, ou encore l’annonce d’une nouvelle liaison ferroviaire entre Londres et Bruxelles, les rumeurs quant à un retour du Royaume-Uni dans l’Union européenne n’en finissent plus.
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Le Parlement prêt à débattre d’un “reset” post-Brexit
Un projet de loi actuellement discuté à Downing Street vise à donner au gouvernement le pouvoir d’aligner certains standards réglementaires britanniques sur ceux de l’UE, dans des domaines clés, notamment l’agriculture et l’électricité, dans le cadre du reset convenu entre Londres et Bruxelles depuis le sommet de mai 2025. Cette législation devrait permettre aux ministres de dépasser les accords déjà négociés, en donnant des marges de manœuvre pour poursuivre cet alignement dans d’autres secteurs au fil des évolutions européennes.
Selon des sources du gouvernement britannique, le texte définira aussi le rôle du Parlement dans ces processus d’alignement. L’intention officielle est que le vote parlementaire commence avant la finalisation complète des accords avec Bruxelles, ce qui promet des débats…houleux.
Keir Starmer plutôt favorable à un retour dans l’Union européenne ?
Depuis son arrivée à Downing Street en juillet 2024, Keir Starmer a multiplié les gestes en direction de l’Europe, tout en affirmant que son gouvernement ne cherchera ni un retour à la libre circulation des personnes, ni une réintégration à l’union douanière ou au marché unique. En revanche, il a récemment indiqué que le Royaume-Uni devrait envisager “un rapprochement encore plus étroit avec le marché unique si cela sert l’intérêt national”. Mais la perspective d’un tel texte provoque déjà une vive opposition au Royaume-Uni :
- Les conservateurs dénoncent un texte qu’ils jugent comme une renationalisation déguisée de la souveraineté britannique et une trahison du Brexit.
- Reform UK, parti anti-immigration, mené par Nigel Farage, accuse Keir Starmer de remettre en cause les acquis du référendum de 2016.
- Même au sein du Parti travailliste, certains députés se montrent sceptiques. Une partie d’entre eux a récemment voté pour un texte libéral-démocrate appelant à ouvrir des négociations pour rejoindre l’union douanière européenne, démarche que Keir Starmer a jusqu’ici exclue, en raison de ses implications sur les accords commerciaux internationaux du Royaume-Uni.
La géopolitique mondiale au coeur du rapprochement
Enfin, la crise diplomatique sur le Groenland, déclenchée par les menaces de droits de douane de la part de Donald Trump contre les pays européens opposés à une vente du territoire, pousse le Royaume-Uni à coordonner sa réponse avec l’Union européenne plutôt qu’à se laisser isoler.
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Keir Starmer a condamné ces menaces comme “completely wrong” (complètement fausses). Il affirme que l’avenir du Groenland doit être décidé par le Danemark et les Groenlandais eux-mêmes, une position partagée par les dirigeants européens face aux pressions américaines. Londres et l’Europe se retrouvent donc tactiquement alignées sur des questions de souveraineté, de sécurité et de valeurs internationales, ce qui peut réchauffer et renforcer les liens politiques et diplomatiques.
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