En mars, l’Italie débarque à Londres, par le cinéma. Du 4 au 8 mars 2026, Cinema Made in Italy transforme, pour sa 16e édition, le BFI Southbank en salle de projection. Dix films italiens récents, avec des acteurs français, de nouvelles voix et des figures confirmées, avec en prime, la projection événement de Un maledetto imbroglio (1959) de Pietro Germi, restauré en 4K, hommage éclatant au patrimoine italien. Pendant cinq jours, il sera donc possible de voyager de Venise à Rome, sans quitter la Tamise.


Plus qu’un simple panorama, le Cinema Made in Italy est chaque année un lieu de rencontres et de circulation des idées ! Pendant une semaine, le cinéma italien entrera en dialogue avec le public londonien. L’enjeu pour cette 16e édition ? Croiser des figures établies et de nouveaux acteurs tout en reliant le patrimoine à la création contemporaine.
Pour les Français à Londres, c’est aussi l’occasion de retrouver une atmosphère de festival à l’européenne : des salles pleines, des cinéastes présents et des débats qui se prolongent après les projections, bref, un petit supplément d’âme qui manque parfois aux cinémas outre-Manche !
Primavera, en guise d’ouverture : entre musique et émancipation
Le festival s’ouvrira le mercredi 4 mars avec Primavera, premier long métrage du célèbre Damiano Michieletto. Autour de la figure d’Antonio Vivaldi, le film vous plonge dans la Venise du début du XVIIIᵉ siècle, au cœur de l’orphelinat de la Pietà, haut lieu de formation musicale…
Au cœur de l’histoire, il y a Cecilia, une jeune violoniste prodige à qui l’on a déjà écrit l’avenir. Sa rencontre avec Vivaldi, interprété par Michele Riondino, va tout bouleverser... Coécrit avec Ludovica Rampoldi (déjà à l’œuvre sur Gomorra et Le Traître), Primavera évoque l’émancipation féminine sans jamais perdre son souffle romanesque. Petit clin d’œil symbolique : la première londonienne aura lieu le jour anniversaire de la naissance de Antonio Vivaldi, le 4 mars 1678. La séance sera précédée de Cavallette, court métrage culte de Bruno Bozzetto, nommé aux Oscars en 1991.
Une édition portée par des voix féminines
Cette 16ᵉ édition met à l’honneur les réalisatrices. Le festival se clôturera avec Tre Ciotole (Three Goodbyes) de Isabel Coixet, adapté du roman de Michela Murgia. Autre moment attendu : les débuts de Ludovica Rampoldi, avec Breve Storia d’Amore, un drame autour de l’adultère et de l’obsession.
On retrouvera aussi Valeria Golino dans Fuori de Mario Martone, consacré à l’écrivaine et militante Goliarda Sapienza, présenté en compétition à Cannes.
Une Italie multiple à Londres
La sélection 2026 voyage entre les genres, avec Testa o Croce?, Alessio Rigo de Righi et Matteo Zoppis s’amusent des codes du western dans un euro-western porté par John C. Reilly et Alessandro Borghi.
À l’inverse, Le Città di Pianura de Francesco Sossai propose un film mélancolique dans la plaine vénitienne, tandis que Elisa de Leonardo Di Costanzo plonge dans les zones troubles de la mémoire et de la culpabilité. La relève aussi est bien là : Un Anno di Scuola de Laura Samani observe avec finesse les tourments de l’adolescence à Trieste, tandis que Gioia Mia, premier long métrage de Margherita Spampinato, explore la Sicile, territoire suspendu entre tradition et modernité.
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