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Face au boycott de ses Jeux d’hiver, la Chine menace le Royaume-Uni de représailles

Par Lili Auriat | Publié le 10/12/2021 à 15:29 | Mis à jour le 10/12/2021 à 15:37
Photo : Capture d'écran Youtube
JO d'hiver de Beijing

Alors que de plus en plus de gouvernements boycottent les Jeux Olympiques d’hiver de Beijing, la Chine avertit que ces pays « paieront le prix de leurs actes ».

 

Après les États-Unis, ce sont l’Australie et le Royaume-Uni qui ont annoncé hier qu’aucun membre du gouvernement ne se rendrait à Beijing au mois de février pour assister aux Jeux Olympiques d’hiver. Si les athlètes de ces pays pourront quand même participer à la compétition, les gouvernements, eux, boycottent le régime chinois pour son non-respect des droits de l’homme, notamment envers la communauté Ouïghours.

 

Le régime chinois, fictivement condamné pour génocide

Alors qu’est célébrée aujourd’hui la journée internationale des droits humains, un « tribunal Ouïghours » qui s’est tenu à Londres jeudi, a condamné le gouvernement chinois pour « génocide envers la communauté Ouïghours ». Le tribunal Ouïghour a expliqué sa décision en s’appuyant sur les mesures de contrôle des naissances et de stérilisation qui seraient mises en œuvre par l'État chinois contre la population Ouïghours. Non-officielles, les conclusions de ce tribunal, composé d'avocats et d'universitaires, n’auront aucun effet juridique mais ont pour but de rassembler toutes les preuves contre la Chine qui justifieraient cette condamnation.

Le gouvernement chinois continue, de son côté, de nier toutes les accusations de violations des droits humains qui pèsent sur lui, affirmant que les centres au Xinjiang seraient des « camps de rééducation ». Un porte-parole a ainsi déclaré à la BBC que ce « pseudo tribunal » était un « outil politique utilisé par quelques individus anti-chinois pour tromper et induire le public en erreur ».

 

Les pays responsables du boycott devront « payer pour leurs actes »

C’est donc pour ces raisons que les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie ont décidé de boycotter les Jeux Olympiques d’hiver de Beijing. Face à ce boycott, Beijing a déclaré que ces pays devront « payer le prix de leurs actes », des propos menaçants qui ont été lâchés sans aucune autre précision.

Selon Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, les États-Unis, la Grande-Bretagne et l'Australie auraient utilisé les Jeux olympiques « à des fins de manipulation politique ». Pour faire bonne figure, les médias chinois expliquent que Beijing n’avait de toute façon « jamais prévu d'inviter des politiciens américains et occidentaux » qui ne recherchent que le « buzz » à travers ce boycott.

 

Des relations de plus en plus tendues avec la Chine

Les relations entre ces trois pays et la Chine sont déjà compliquées depuis l’émergence de l’alliance Aukus, faisant concurrence à la puissance nucléaire chinoise dans les eaux pacifiques. Ces accusations d’atteinte aux droits de l’hommes risquent donc d’envenimer la situation, d’autant qu’elles sont rejointes par des accusations de répression des libertés politiques à Hong Kong et des doutes concernant la sécurité de la joueuse de tennis chinoise Peng Shuai, disparue après avoir accusé un haut responsable du gouvernement d'agression sexuelle.

 

De plus en plus de pays se joignent au boycott

En plus des États-Unis, du Royaume-Uni et de l’Australie, d’autres gouvernements ont décidé de ne pas se rendre à Beijing en février. Le Canada a notamment annoncé qu’il participerait au boycott, ayant des relations mouvementées avec la Chine depuis l’arrestation de deux citoyens canadiens en Chine et d’un chef d’entreprise chinois au Canada.

La Nouvelle-Zélande n’assistera pas non plus aux Jeux Olympiques d’hiver, officiellement en raison de la pandémie, malgré les inquiétudes exprimées par le gouvernement sur les violations des droits de l'Homme en Chine. Le Japon pourrait lui aussi se joindre à ce mouvement bien que rien n'ait été annoncé officiellement de ce côté-là.

En revanche, la France, l’Italie et même la Russie, alors que les athlètes Russes sont interdits de compétition après de nombreux cas de dopage, ont annoncé que des membres du gouvernement se rendraient bien sur place pour assister aux Jeux.

 

Lili Auriat - Journaliste Londres

Lili Auriat

Lili Auriat, étudiante à Sciences Po Aix, parisienne et passionnée de sport et de voyage.
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