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Assassinat de Bibaa et Nicole à Wembley Park: le meurtrier condamné à la prison à vie

Par Judith Chouzenoux | Publié le 29/10/2021 à 14:49 | Mis à jour le 29/10/2021 à 15:19
Photo : Capture d'écran Youtube - Skynews
Les deux soeurs

L’homme qui a assassiné les sœurs Bibaa Henry et Nicole Smallman en juin dans le parc de Wembley vient d’être condamné deux fois à la prison à vie, avec une peine minimale de 35 ans.

 

L’histoire avait ému la capitale au printemps dernier. Danyal Hussein, 19 ans, avait été arrêté pour avoir poignardé à mort Bibaa Henry, 46 ans, et sa sœur Nicole Smallman, 27 ans, en plein cœur du Fryent Country Park de Wembley, au nord-ouest de Londres, le 6 juin 2020. Au terme d’un procès de plusieurs mois, le jeune homme a été condamné à la prison à perpétuité.

 

Les meurtres étaient des « sacrifices » pour gagner la loterie

Danyal Hussein a tué les deux sœurs alors qu’elles célébraient l'anniversaire de leur sœur aînée au parc Fryent à Wembley. Il les aurait attaquées à la fin du pique-nique, leur assénant plusieurs coups de couteau. Ces meurtres feraient partie d’une série de six « sacrifices » prévus par le jeune homme qui, selon lui, auraient dû lui permettre de gagner le super jackpot de la loterie Mega Millions d'une valeur de 321 millions de livres. Lors du procès, les jurés ont conclu que le garçon s’était lancé dans une « campagne de vengeance » contre des femmes prises au hasard.

 

Le prévenu a pu être jugé et interpellé grâce à son ADN

Lors de l’attaque, Danyal Hussein s’est blessé à la main avec un de ses couteaux et a laissé couler du sang sur les corps des deux femmes. C’est donc l’ADN retrouvé un peu partout sur la scène du crime qui a trahi son identité et a ensuite permis son arrestation.

 

La juge Philippa Whipple l’a condamné à deux sentences de prison à vie pour le meurtre des deux femmes, ainsi qu’à une peine minimale derrière les barreaux de 35 ans. Mina Smallman, leur mère, s’est dite soulagée que justice ait été rendue pour ses « jolies filles. » Dans une déclaration sur le parvis du tribunal, elle a estimé que l’assassin de ses filles n’était « qu’un être humain odieux et brisé qui, s'il n'avait pas été attrapé, aurait pu faire subir à quatre autres familles ce que [la sienne] a subi. »

 

Lors de l’audience, la juge Whipple a vivement fustigé le prévenu, qui laisse derrière lui des vies « brisées » : « Vous avez commis ces attaques vicieuses. Vous l'avez fait pour tuer. Vous l'avez fait pour de l'argent et pour la poursuite malavisée du pouvoir. »

 

Une affaire négligée par la Met Police

Lorsqu’ils se sont rendus compte de la disparition des jeunes femmes le lendemain de la fête, leurs proches ont immédiatement contacté la police, qui n’a pas semblé s’inquiéter de l’affaire. Le Bureau indépendant pour la conduite de la police (IOPC) a admis que la réponse du Met aux appels de la famille avait été « inférieure à la norme à laquelle elle aurait dû se tenir. » Les informations sur la localisation possible des sœurs auraient été enregistrées de manière « inexacte » par un superviseur des communications, retardant les procédures de recherches.

 

La famille a fouillé le parc dès le lendemain du signalement de la disparition des filles à la police, furieuse que celle-ci ne se mette pas immédiatement à leur recherche. Les corps ont été retrouvés par le petit ami de Nicole Smallman, absolument anéanti. Quelques minutes plus tôt, les lunettes de soleil des femmes et l'arme du crime avaient déjà été retrouvées dans l'herbe. Mardi 26 Octobre à l’occasion du jugement, Mina Smallman, la mère des deux sœurs, a rejeté les excuses de la police métropolitaine, après qu’elle ait reconnu avoir manqué à son devoir. Elle estime que l’organisme londonien à fait preuve « d'incompétence, de répréhension et de mépris flagrant des procédures convenues concernant les personnes disparues » au cours de son enquête.

 

Les manquements des forces de police vis-à-vis de l’affaire de Wembley ne s'arrêtent pas là, puisque deux agents ont également été inculpés pour mauvaise conduite dans l’exercice de leurs fonctions. Ils auraient pris des « photographies non officielles et inappropriées » de la scène du crime avant de les partager sur WhatsApp. Les deux accusés doivent plaider leur cause la semaine prochaine.

Cette mise en examen a reçu le soutien de Priti Patel, secrétaire d'État à l’Intérieur, qui a promis que le gouvernement était déterminé à s'attaquer au « problème odieux » de la violence à l'égard des femmes et des filles, et que le cas des sœurs assassinées était « terrible » et « tragique. »

 

Judith Chouzenoux - Journaliste Londres

Judith Chouzenoux

Etudiante à Sciences Po Aix, spécialiste de pas grand chose, curieuse d’à-peu-près tout.
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