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147 recommandations pour défendre l'enseignement français à l'étranger

Par Marie-Pierre Parlange | Publié le 06/02/2019 à 10:41 | Mis à jour le 18/06/2019 à 10:12
Photo : de gauche à droite : Jean-Baptiste Lemoine, Samantha Cazebonne, Jean-Yves Le Drian et Jean-Michel Blanquer
Cazebonne mission enseignement français étranger

Le rapport très attendu de la députée Samantha Cazebonne dévoile 147 recommandations pour insuffler une nouvelle dynamique à l'enseignement français à l'étranger, dans un contexte budgétaire difficile et un environnement de plus en plus concurrentiel.

 

Les parents d’élèves, les acteurs et les partenaires de l’enseignement français à l’étranger l’attendaient avec impatience. La députée Samantha Cazebonne a remis lundi soir son rapport sur l’enseignement français à l’étranger à Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, et à Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse.
 

L’objectif de la mission confiée par le Premier ministre à Samantha Cazebonne était d’explorer un certain nombre de pistes de réflexion et de formuler des recommandations concrètes alors que l’État semble vouloir se désengager et que la concurrence des établissements de langue anglaise se renforce. L’annulation d’une partie de la subvention pour charges de service public allouée à l’Agence pour l'enseignement français à l'étranger  en juillet 2017 s'est traduite par des suppressions de postes dès la rentrée 2018. Cette coupe claire a suscité une vague de grèves et mobilisé les parents d’élèves. Pourtant, Emmanuel Macron a fixé l’objectif ambitieux de doubler le nombre d’élèves scolarisés dans le réseau d’ici 2030. 

Pour mener à bien sa mission, Samantha Cazebonne  a réalisé plus de 400 auditions de parties prenantes du réseau et d’experts de l’enseignement  et 27 visites d’établissements français à l’étranger, d’établissements étrangers à filière francophone et d’établissements internationaux en France. Elle s’est également appuyée sur les témoignages de plus de 20.000 acteurs directs ou potentiels du réseau, recueillis au travers de questionnaires dans le monde entier.

​« Seule une concertation de l’ensemble des acteurs et partes prenantes du réseau d’enseignement français à l’étranger sera à même d’engendrer les synergies indispensables à l’atteinte de l’objectif fixé par le Président de la République de doublement du nombre d’enfants scolarisés dans le réseau à l’horizon 2030 » explique en préambule la députée.

Etat des lieux 

Le rapport de Mme Cazebonne commence par un Etat des lieux précis afin de comprendre les raisons de l’attractivité de l’Enseignement français à l’étranger, mais aussi les « sujets qui font débat ou créent des tensions ». Le réseau de l’AEFE comprend près de 500 établissements dans le monde. Il compte aujourd’hui environ 1.000 cadres expatriés, 5.000 enseignants titulaires de l’Éducation nationale et payés par l’AEFE, 3.000 titulaires de l’Éducation nationale en contrat local, et 25.000 enseignants en contrat locaux. Par ailleurs la MLF (Mission laïque française) est à la tête d’un réseau de 109 établissements d’enseignement français à l’étranger scolarisant plus de 60.000 élèves dans 38 pays.

Le budget consolidé de l’Enseignement français à l'étranger (EFE) est d’approximativement de 2,3 milliard d’euros par an. L’État Français verse d’une part une subvention de 380 millions d’euros, par l’intermédiaire de l’opérateur AEFE, et d’autre part environ 100 millions de bourses individualisées. Ces moyens ne sont pas mis à la disposition de tous les établissements, en effet, les ressources diffèrent selon que les établissements soient en gestion directe, conventionnés ou partenaires.

« Une autre approche des moyens est nécessaire, explique Samantha Cazebonne dans le rapport. Une redéfinition de notre conception stratégique de ce que doit être le réseau d’enseignement français à l’étranger, autour de l’AEFE, un décloisonnement et une meilleure coordination de l’ensemble des acteurs qui y participent, qu’il s’agisse de création ou d’intégration au réseau de nouveaux établissements partenaires, de la construction de stratégies locales permettant d’articuler notre réseau avec les associations FLAM et les acteurs étrangers de l’enseignement en français et du français ; filières d’enseignement bilingue ou trilingue, cursus de double diplômes, écoles européennes ou internationales, associations locales d’universitaires et enseignants de langue française͙, englobés dans une stratégie plus large de développement de la francophonie et du plurilinguisme, sont des conditions sine qua non si l’on veut respecter l’objectif fixé ».

147 recommandations pour réaffirmer les ambitions du réseau

« Ce rapport propose des stratégies à court, moyen et long terme, explique la députée. Chacun a un rôle à jouer pour créer les conditions pérennes d’un fonctionnement de qualité, vertueux, plus équitable pour les familles et l’ensemble des personnels » avec à la clé une organisation plus autonome, plus agile, plus à l’écoute du terrain.

Parmi les mesures les plus emblématiques :

  • Une plus grande contextualisation des attentes locales
  • Une gestion des ressources humaines garantissant plus d’équité (Une offre de formation tournée vers le plus grand nombre, valorisation du retour en France des enseignants)
  • Une qualité de l’enseignement sans équivoque (l’homologation comme l’outil de garantie qui doit vraiment rassurer).
  • Une gouvernance plus participative (proposition d’augmenter le nombre de sièges dévolus aux fédérations de parents au Conseil d’administration de l’AEFE, modifier les règlements intérieurs afin de donner aux parents élus plus de prérogatives dans les établissements…)
  • Une gestion financière et immobilière optimisée qui associe mieux les parents d’élèves  (permettre l’investissement et le développement immobilier en dehors de la subvention publique... )
  • Une prise en considération des enjeux et défis que doit relever l’EFE afin de participer, entre autres, au rayonnement de la France à l'étranger. 

Le rapport préconise également de considérer que « les élèves qui ont réalisé tout ou partie de leur scolarité dans un des établissements français à l’étranger homologués et qui justifient d’un baccalauréat français reçoivent un traitement identique aux Français ou étudiants européens, quelle que soit leur nationalité, quand ils choisissent de poursuivre leurs études supérieures en France͘ ».

Le développement de ce réseau est une chance pour le rayonnement international de la France, la députée Cazebonne insiste sur « l’impérieuse nécessité d’enfin agir ».  Reste maintenant à attendre quelles actions concrètes seront adoptées par les parlementaires dans les prochains mois.

Consulter le rapport ici 

Marie Pierre Parlange

Marie-Pierre Parlange

Diplômée de l'EM Lyon, de chinois et d’Histoire de l'Art, elle a vécu de nombreuses expatriations, de Milan à Singapour en passant par Istanbul, Casablanca, Pékin ou Bangkok. Elle a rejoint lepetitjournal.com en 2008 et en est la directrice éditoriale.
3 Commentaire (s)Réagir
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Olivier ven 08/02/2019 - 23:33

Et pas une seule mention du DAEFLE pour les Alliances françaises et Instituts français dans la totalité de ce rapport.

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Kriss jeu 07/02/2019 - 01:02

Des réformes de réformes pour réformer les réformes déjà réformées ! Et depuis 40 ans au moins par des Cazebonne à la pelle, l’enseignement du Français EN FRANCE EN FRANCE est tout simplement en vertigineuse dégringolade ! Une honte internationale, les chiffres parlent! Et pour un budget consolidé EFE de 2,3 MILLIARD MILLIARD d’euros par an on voudrait donc qu’a l’extérieur de l’hexagone cela aille mieux ? C’est vouloir faire courir le Marathon à un asthmatique ? Nul besoin de 147 recommandations sur l’enseignement du français car ce n’est pas l’enseignement qu’il faut réformer mais par une seule et unique recommandation virer les politicards réformateurs qui ne comprennent toujours pas comment déjà se réformer eux-mêmes ! La "réforme majeure " elle est là !

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Kermit mer 06/02/2019 - 09:41

Recommandation 121 : Les parents financent l’AEFE à hauteur d’environ 40% de son budget. Leur accorder le même poids à son conseil d’administration que les représentants du personnel serait un progrès, certes, mais insuffisant. Les parents méritent bien 10 sièges sur un total à porter à 36 dans cette instance. Mais il est inutile d'augmenter le nombre de représentants des parents s'ils sont toujours désignés par le gouvernement. Les représentants des parents doivent être élus par les parents !

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