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Non à la privatisation du réseau d'enseignement français à l'étranger

Par Lepetitjournal.com International | Publié le 13/03/2019 à 17:30 | Mis à jour le 18/06/2019 à 10:13
Français du Monde Ecologie et Solidarité

Communiqué du groupe Français du Monde Ecologie et Solidarité à l'Assemblée des Français de l´étranger sur l'enseignement français à l'étranger : En attendant la réforme...

Le Président de la République a fixé l'objectif de doublement des effectifs dans les établissements français à l'étranger, il a annoncé une réforme de l'AEFE mais, force est de constater que le gouvernement tarde à assumer son positionnement politique.

En attendant cette réforme, comme d'autres, annoncées qui ne viennent pas, une politique bien réelle se met en place. Le groupe FDMES s'inquiète de ce décalage entre les constats faits sur le terrain et l'opacité sur l'avancement de la réforme.

Plusieurs rapports ont été récemment remis, parmi lesquels celui, dense, de la députée LREM Samantha Cazebonne ou le rapport interministériel qui n'a toujours pas été rendu public.

Nous constatons que la privatisation du réseau est bien amorcée par endroits avec ce qui ressemble à des pré-homologations accordées très rapidement à des entreprises privées. Pourtant, le rapport Cazebonne, sur lequel nous sommes invités à nous focaliser, présente une vision beaucoup plus rassurante puisqu'il propose de fixer un taux minimum de personnels titulaires dans les critères de validation et de suivi de l'homologation (recommandation n°45), d'encourager le rachat des cotisations retraite pour les personnels en disponibilité (recommandation n°46) ou d'inciter à publier des trajectoires triennales des frais de scolarité (recommandation n°126), propositions que nous partageons mais qui semblent déjà dépassées par les réalités locales.

L'Etat encourage le développement d'écoles par des réseaux complètement privés tels « Odyssey », face à des EGD ou des conventionnés qui pourraient prendre en charge le développement. Dans le même ordre d'idées, le rapport Cazebonne élude largement la question de la diversité des statuts des établissements, ne manifeste pas même un minimum d'attachement à la gestion de nouveaux établissements partenaires par des associations parentales comme critère salutaire et centre la question du développement du réseau sur une cartographie qui serait réalisée en fonction des besoins diplomatiques de la France et de la présence de communautés françaises, ce qui reviendrait à abandonner les zones dites non prioritaires à la stagnation (recommandations n° 2 ,3,5,7,...).

En général, nous nous inquiétons du décalage entre les perspectives budgétaires du MEAE et l'objectif de développement. Les bonnes idées ne manquent pas dans le rapport Cazebonne (recommandations n°3-30) : amélioration des coopérations éducatives entre tous les acteurs de l'enseignement, analyse des perspectives de développement, recherches de partenariats scolaires avec les Etats volontaires.

Mais comment y parvenir avec des services culturels en sous-effectifs, sans moyens ? Et comment l'AEFE pourrait-elle aborder le développement de son réseau avec une augmentation de budget proposée de 3,8 M€ ?

Enfin, comment pourrait-on développer le réseau en dégradant les conditions statutaires des personnels ?

La nécessité d'équité entre les établissements pour ce qui est du nombre de titulaires est pointée par le rapport Cazebonne et il faut y répondre. Mais pourquoi ne pas donner d'abord leur chance aux mesures incitant à la mobilité comme la révision de l'ISVL, la prise en charge des frais de déménagement ou la gratuité pour les enfants des résidents plutôt que de vouloir imposer une mobilité qui ne tienne pas compte de la vie personnelle des enseignants (recommandation n°101)

Mettre en concurrence les enseignants anciens résidents et multiplier encore les statuts avec des détachements directs dans les EGD et les établissements conventionnés risque d'être contre-productif. Penser que le Lycée de Mexico puisse être un modèle alors que la crise qu'il a traversée n'a pu être surmontée que grâce à des conditions très particulières, une forte demande d'enseignement, un lycée de plus de 3 500 élèves et une mobilisation de fonds très importante (recommandation n°100) est inopérant. Enfin, la place des parents d'élèves doit être effectivement renforcée au CA de l'AEFE et la transparence des décisions budgétaires de l'Agence et des directions d'établissements leur est due. Par contre, soumettre à leur avis le prolongement des contrats de résidents au-delà de six ans c'est franchir une ligne jaune difficilement acceptable (recommandation n° 125). "On ne s'improvise pas pédagogue", selon Madame Cazebonne, et le recrutement doit rester le domaine réservé des commissions paritaires. Ce n'est pas rendre service aux parents que de leur faire endosser de telles responsabilités.

Le groupe FDMES souhaite que la politique du gouvernement soit d'abord lisible et transparente et bien entendu cohérente. Il fera des propositions prochainement. L'attractivité du réseau des établissements français à l'étranger, ce "produit" qui commence à beaucoup plaire à des entreprises privées, c'est celle de l'enseignement public français. La demande de cet enseignement est en hausse dans le monde. Il participe à l'attractivité économique et culturelle de la France. Le développer est un investissement pour la France. Le brader au secteur privé serait une grave erreur.

 

# Non à la privatisation                      # mixité sociale                      # égalité d´accès

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2 Commentaire (s)Réagir
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Marie-Jo ven 15/03/2019 - 18:04

J'ai été pendant des années avant la création de l'AEFE recrutée par les parents d'élèves sous contrat local. Ma vie a changé en 1990 avec la création de L'AEFE. Que les parents aient droit de regard sur le budget qui est attribué à l'agence d'accord, mais pour recruter les enseignants non. Malheureusement, ce budget étant continuellement en diminution, beaucoup d'établissements recrutent localement des enseignants titulaires qui ne cotisent pas pour leur retraite et ne progressent plus dans leur échelon. D'accord, ils retrouveront leur poste s'ils reviennent en France, mais combien reviennent? ...Ce réseau d'établissements d'enseignement français à l'étranger, si on en parle aujourd'hui, c'est bien grâce à ces recrutés locaux. Donnons plus de moyens à l'AEFE pour s'améliorer, pour évoluer, mais de grâce ne revenons pas 30 ans en arrière!!

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Enseignant de l'étranger ven 15/03/2019 - 12:12

"Le recrutement doit rester le domaine réservé des commissions paritaires" : cette phrase prouve à elle seule que les auteurs de l'article ont pour principal objectif de conserver leur petit pouvoir au sein des établissements français de l'étranger. Demander que le recrutement reste le domaine réservé des commissions paritaires, c'est plaider la cause des syndicats et de leur petite cuisine. En ce qui me concerne, je suis bien plus heureux depuis que je travaille dans une école privée homologuée hors opérateur, et je garde un mauvais souvenir de mon passage à l'AEFE. Réformer l'AEFE ? Je suis pour à 100 % !

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