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Nucléaire, Kyiv, réfugiés, dénazification… 9 choses à savoir sur la guerre en Ukraine premium

Par Damien Bouhours | Publié le 06/03/2022 à 17:45 | Mis à jour le 07/03/2022 à 11:34
infox ou vérité : les informations vraies et fausses sur la Guerre en Ukraine

Alors que l’Invasion russe en Ukraine continue, de nombreuses informations contradictoires fleurissent sur la toile. Nous faisons le point sur neuf sujets épineux pour en démêler le vrai du faux.

 

Volodymyr Zelensky

 

Volodymyr Zelensky a quitté l’Ukraine

Faux.

Des rumeurs lancées par la Russie évoquaient la fuite du président Volodymyr Zelensky de l’Ukraine. Il aurait ainsi manipulé les images le montrant encore sur place. Le président ukrainien s’est exprimé lui-même, samedi dernier, pour démentir en se filmant devant le Maison aux chimères, situé près des bureaux de la présidence : « Il y a beaucoup de fausses informations qui disent que j’aurais dit à notre armée de déposer les armes. Je suis ici, et notre armée ne dépose pas les armes. Nous nous battrons pour notre terre ». Le président continue d’ailleurs à s’exprimer auprès de son peuple via sa page Facebook. Il aurait refusé d’ailleurs l’exfiltration proposée par les Etats-Unis et ce malgré le danger auquel il fait face pour sa propre sécurité. Selon le Times, Volodymyr Zelensky aurait échappé à trois tentatives d’assassinat en seulement quelques jours.

 

Il n’y a pas de différence entre Kiev et Kyiv

Faux.

Le nom de la capitale ukrainienne est l’un des débats lancés récemment dans les médias français. « Kiev » est en effet l’orthographe la plus utilisée en France et en Europe. Il s’agit cependant d’une francisation du nom russe de la ville. Faut-il donc désigner la ville sous menace russe par le nom choisi par son agresseur ? Pour respecter la prononciation du nom de la ville en ukrainien, la traduction correcte de l’alphabet cyrillique au romain devrait être « Kyiv ». L’Ukraine l’a d’ailleurs désigné en 1995 comme la « résolution officielle concernant l'usage des formes étrangères pour désigner la capitale ». Plusieurs médias comme Libération ont donc décidé de ne plus utiliser Kiev mais bien Kyiv.

 

 

 

Il y a des cas de discrimination parmi les réfugiés fuyant l'Ukraine

Vrai.

Alors que près de 900.000 personnes ont quitté l’Ukraine pour être accueillis dans les pays limitrophes, des actes de discrimination et de racismes ont été mis en lumière. Les réfugiés blancs seraient ainsi privilégiés lors des convois au détriment des autres. Des dizaines d’Africains seraient aussi bloqués à la frontière polonaise. L'Union Africaine (UA) a réagi ce lundi en se disant « particulièrement préoccupée par les informations rapportées selon lesquelles les citoyens Africains (…) se verraient refuser le droit de traverser la frontière pour se mettre en sécurité ». « Les rapports selon lesquels les Africains sont l’objet d’un traitement différent inacceptable seraient choquants et racistes et violeraient le droit international. A cet égard, les Présidents exhortent tous les pays à respecter le droit international et à faire preuve de la même empathie et du même soutien envers toutes les personnes qui fuient la guerre, nonobstant leur identité raciale », insiste le communiqué.

 

 

 

L’ambassade de France n’est plus active en Ukraine

Faux.

Alors que de nombreuses ambassades occidentales ont plié bagage et quitter le pays, les équipes de l’Ambassade de France en Ukraine sont toujours présentes dans le pays. Après être longtemps resté à Kyiv, les services ont été transférés à Lviv. "Nous avons décidé, à la demande du président de la République, de transférer notre ambassade qui était jusqu’à présent à Kiev. En raison des risques et des menaces qui pèsent sur la capitale de l’Ukraine, l’ambassade est transférée à Lviv", a déclaré Jean-Yves Le Drian. "L’ambassadeur reste en Ukraine, pour être à la fois en soutien de nos ressortissants et des autorités ukrainiennes", a rajouté le ministre. Les équipes de l’Ambassadeur Etienne de Poncins sont toujours joignables au +380 32 297 08 31.

 

 

L’Ukraine fait partie de l’OTAN

Faux.

L’Ukraine ne fait pas partie de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Le pays souhaite cependant toujours adhérer à l'OTAN et également à l’Union européenne pour garantir sa sécurité. Mais pourquoi cela pose-t-il problème à la Russie ? Cette alliance politique et militaire fondée en 1949 inquiète Vladimir Poutine, d’autant plus que cette organisation a été créée dans le but de contrer l’expansion russe sur le Vieux Continent après la seconde guerre mondiale. L’OTAN n’a en fait pas arrêté de s’étendre vers l’est de l’Europe et se rapprocher donc dangereusement des positions russes. La Finlande, la Biélorussie ou encore l’Ukraine sont les seuls pays partageant une frontière avec la Russie en Europe et ne faisant pas partie de l’OTAN.

Cette alliance assure notamment la sécurité et la défense de ses pays membres. L’Union européenne doit de son côté évoquer la question de la politique de sécurité et de défense commune lors d’un sommet à Versailles les 10 et 11 mars prochains.

 

Vladimir Poutine

 

Vladimir Poutine est gravement malade

Peut-être

La santé du président russe interroge depuis plusieurs années. Les rumeurs d’une grave maladie sont réapparues suite à des photos diffusées ces dernières semaines qui montraient un Vladimir Poutine bouffi. Des experts évoquent un possible cancer, la maladie de Parkinson ou encore des troubles mentaux. Le Kremlin dément en bloc. Certains s’effraient cependant qu’une possible pathologie sérieuse, voire incurable, pousse Vladimir Poutine à des actions encore plus radicales.

 

 

L’Ukraine est sous l’emprise des néo-nazis

Faux.

Vladimir Poutine l’affirme : il veut « dénazifier » l’Ukraine, une manière pour lui de justifier cette invasion mais aussi de donner un sens à ce conflit auprès de la population russe. Moscou évoque le « génocide » des populations russophones en Ukraine et qualifie les nationalistes ukrainiens de « nazis ». Si des mouvements néo-nazis existent bien en Ukraine, ils ne contrôlent pas le pays. L’historien Omer Bartov l’expliquait ainsi au Monde : « Bien sûr, l’Ukraine n’est pas dirigée par des nazis. Il existe certes, en Ukraine, des groupes d’extrême droite que l’on peut qualifier de néonazis. Mais ce sont des éléments marginaux, comme l’a démontré l’élection triomphale du président Zelensky, qui est lui-même d’origine juive ». Les représentants des comités des anciens camps de concentration et d'extermination nazis ont, quant à eux, dénoncé l’utilisation de ces termes : « Nous ne pouvons accepter que ces mots soient galvaudés ».

 

Le risque nucléaire est réel

Vrai.

Au-delà de cette invasion sanglante, l’Europe tremble de la menace nucléaire brandie par Vladimir Poutine dimanche dernier : « J’ordonne au ministre de la Défense et au chef d’état-major de mettre les forces de dissuasion de l’armée russe en régime spécial d’alerte au combat ».

Mais le désastre nucléaire se prépare peut-être en Ukraine. Ce vendredi matin, des chars russes ont ainsi tiré sur la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporojie, la plus puissante d’Europe, et a provoqué des incendies, actuellement maitrisés. Si le risque d’un deuxième Tchernobyl semble pour le moment écarté, le président ukrainien a fustigé la « terreur nucléaire » exercée par Moscou : « Nous alertons tout le monde sur le fait qu’aucun autre pays hormis la Russie n’a jamais tiré sur des centrales nucléaires. C’est la première fois dans notre histoire, la première fois dans l’histoire de l’humanité. Cet Etat terroriste a maintenant recours à la terreur nucléaire ».

 

Je peux aider l’Ukraine en tant qu’expatrié

Vrai.

L’Ukraine et son peuple ont besoin de soutien mais aussi d’aides financières ou matérielles. Il est possible d’aider depuis l’étranger ! Le collectif WeUkraine, nouvellement constitué pour répondre à l’urgence humanitaire de la guerre en Ukraine, a annoncé le lancement de la plateforme weukraine.fr regroupant différentes initiatives en soutien au peuple ukrainien. Vous pouvez retrouver également des idées sur notre article consacré à ce sujet.

Damien Bouhours

Damien Bouhours

Diplômé de sociologie à l'Université de Nantes et Tromsø (Norvège), il a vécu plus d'une décennie en Asie du Sud-Est (Laos et Thaïlande). Il a rejoint lepetitjournal.com en 2008 dont il est directeur éditorial et partenariats.
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