La tubéreuse, la fleur d’offrande khmère

Par Pascal Médeville | Publié le 20/10/2021 à 02:00 | Mis à jour le 20/10/2021 à 02:00
Photo : Pascal Médeville
tubereuse

Les compositions florales constituent des éléments indispensables des cérémonies civiles et religieuses du Cambodge. Certaines fleurs jouent dans ces compositions un rôle de tout premier plan, comme la tubéreuse.

 

La tubéreuse, Polianthes tuberosa (le nom binomial aujourd’hui préconisé serait plutôt Agava amica) est originaire du Mexique. Elle a été largement diffusée en Europe, puis en Asie, à partir du XVIe siècle. Le principal pays producteur de cette fleur est aujourd’hui l’Inde.

 

C’est sa robe immaculée et son parfum capiteux qui sont à l’origine de sa grande popularité. Elle est connue en khmer sous le joli nom de « chanthou » (ចន្ធូ), qui sert souvent de prénom féminin. Le chinois retient surtout de cette fleur sa fragrance unique, qui prend toute son ampleur la nuit, et la désigne sous des noms évocateurs, tels que « jade fragrant du soir » (晚香玉 [wǎnxiāngyù]) ou encore de « fragrance sous la lune » (月下香 [yuèxiàxiāng]).

 

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Fleurs de tubéreuse (Photo : Pascal Médeville)

 

La fleur est normalement simple, mais il existe un cultivar à fleur double connu sous le nom de « The Pearl ».

 

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Tubéreuse à fleur double « The Pearl » (Photo : Forest & Kim Starr, CC BY 3.0)

 

La fleur est en réalité une inflorescence en forme d’épi de fleurs tubulaires, d’un blanc immaculé, à la texture cireuse. L’espèce croit à partir d’un bulbe.

 

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Épi de tubéreuse (Photo : Pascal Médeville)

 

L’essence de cette espèce est d’ailleurs largement utilisée par l’industrie des parfums, et les créations de nombreuses maisons l’utilisent, comme Poison, de Christian Dior, ou encore Carnal Flower de Frédéric Malle… (de nombreux autres exemples sont donnés dans l’article en français que Wikipedia consacre à cette espèce, voir ici).

 

Des bouquets de tubéreuse en offrandes

 

Au Cambodge, l’espèce est utilisée comme fleur coupée, simplement pour embellir et parfumer les maisons, mais elle entre aussi fréquemment dans la composition de décors floraux complexes, appelés « phka phnhi » (ផ្កាភ្ញី), offerts notamment dans les pagodes à l’occasion des grandes fêtes religieuses. Pendant les jours qui précèdent ces fêtes, les tubéreuses en boutons se trouvent en abondance sur les marchés. (Les autres fleurs fréquemment utilisées dans ces offrandes florales sont la fleur de lotus, le jasmin et l’œillet d’Inde – Tagetes erecta.)

 

Hormis l’utilisation ornementale, on ne connaît pas au Cambodge d’autre usage de cette espèce.

Je vous propose d’écouter ci-dessous une chanson cambodgienne célèbre, créée par le chanteur de variété cambodgien le plus populaire de tous les temps, Sin Sisamuth (1932-1976) et reprise par un chanteur contemporain, Jay Chan. Le chanteur succombe à la beauté d’une jeune fille qui s’appelle justement Chanthou.

 

 

Cet article a été précedemment publié sur Tela Botanica

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Pascal Médeville

Diplômé des « Langues’O », Pascal Médeville, traducteur professionnel de khmer et de chinois, est passionné de culture asiatique en général et khmère en particulier. Après dix ans passés en Chine, il s’est installé au Cambodge en 2010.
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Raphael Ferry

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