Les autorités de Phnom Penh ont détruit plus de 365 000 cigarettes électroniques et produits associés saisis depuis janvier, alors que le vapotage reste accessible par des circuits clandestins.


La gendarmerie de Phnom Penh a détruit plus de 365 000 cigarettes électroniques et produits associés le 21 août 2026. Cette opération intervient alors que les autorités renforcent l’application de l’interdiction de longue date visant les produits de vapotage au Cambodge, dont la circulation persistante inquiète, notamment chez les jeunes.
Selon les informations publiées sur la page Facebook de la gendarmerie de Phnom Penh, la campagne a reposé sur 14 opérations menées dans la capitale durant les six premiers mois de 2026.
Les autorités ont saisi un total de 365 783 articles, dont :
- 269 033 cigarettes électroniques ;
- 69 913 têtes de cigarette électronique ;
- 25 600 cigarettes ;
- 794 vaporisateurs ;
- 443 broyeurs de marijuana.
Seize personnes ont été placées en détention provisoire. Quatorze ont ensuite été libérées, tandis que deux ont été déférées devant la justice.
Une interdiction cambodgienne élargie aux produits associés
La campagne a été menée dans le cadre des mesures prises par le gouvernement cambodgien pour interdire l’importation, la vente, la publicité, l’utilisation, la possession, la production et le stockage des dispositifs de vapotage ainsi que des substances chimiques associées.
Selon les informations publiées sur la page Facebook de la police, Tima Vichhekal, vice-gouverneur de Phnom Penh, a appelé les forces de l’ordre à poursuivre leur coopération avec les autres autorités concernées afin de limiter la circulation de ces produits.
« Nous devons détruire les cigarettes électroniques avant que les cigarettes électroniques ne détruisent notre société », a-t-il déclaré.
Le Cambodge mise aussi sur la prévention dans les écoles
Les autorités cambodgiennes ont également renforcé leurs actions de prévention. Des équipes de la police militaire organisent des séances de sensibilisation dans les établissements scolaires afin d’expliquer les conséquences légales et sociales de la consommation de drogues et de cigarettes électroniques.
Plus de 50 000 élèves ont déjà participé à cette campagne d’information.
Le vapotage reste accessible par des circuits clandestins
La destruction menée le 21 août intervient alors que les cigarettes électroniques restent disponibles par l’intermédiaire de réseaux informels et de plateformes en ligne, malgré les efforts déployés par le gouvernement cambodgien.
En octobre 2025, le gouvernement avait élargi les restrictions à la publicité, à la possession, à la distribution, à la production et au stockage des cigarettes électroniques, en plus de l’interdiction de leur importation et de leur vente.
Le commerce illégal s’est pourtant poursuivi.
Selon un rapport du Cambodian Movement for Health (CMH), 688 comptes en ligne vendaient activement des cigarettes électroniques en 2025, contre 1 093 en 2024.
Le rapport a recensé :
- 216 groupes Telegram ;
- 176 pages Facebook ;
- 167 groupes Facebook ;
- 89 groupes Instagram présentant des produits de vapotage ;
- environ 40 comptes ou groupes sur TikTok.
Ces chiffres montrent que, si les opérations de contrôle ont réduit une partie de l’activité en ligne, les produits de vapotage continuent de parvenir aux consommateurs par différents canaux. Ils soulignent aussi la difficulté d’appliquer l’interdiction au-delà des saisies physiques.
Les jeunes Cambodgiens particulièrement exposés
Selon des observateurs de la société civile et des associations de santé, les jeunes sont particulièrement vulnérables face au vapotage. Les arômes proposés, le design des produits et leur accessibilité facilitent leur diffusion auprès de ce public.
Ces organisations estiment que le renforcement des contrôles doit s’accompagner d’actions d’information et de prévention afin de limiter l’usage des cigarettes électroniques au Cambodge.
Heang Tong
Avec l'aimable autorisation de Cambodianess, qui a permis la traduction de cet article et ainsi de le rendre accessible au lectorat francophone.
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