Il y a trente ans : l’APRONUC

Par Lepetitjournal Cambodge | Publié le 15/03/2022 à 18:15 | Mis à jour le 15/03/2022 à 03:38
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Il y a trente ans, le 15 mars 1992, débutait officiellement le déploiement de L’Autorité Provisoire des Nations Unies au Cambodge (APRONUC). En moins de deux ans, elle réussit à désarmer les factions rivales et à tenir des élections libres au Cambodge.  

 

À l'époque, l'APRONUC constituait la mission la plus ambitieuse et la plus coûteuse des Nations Unies. Son budget était de 1,6 milliards de dollars, avec un apport 20 milliards de dollars d'aide internationale.   

 

Il s'agissait de la première opération d'édification d’une nation menée par les Nations Unies après l'effondrement de l'Union soviétique. On avait alors l'espoir de voir la démocratie s'épanouir dans le monde entier. Francis Fukuyama n’avait-il pas quelques années plus tôt prédit « la fin de l’histoire » dans un article devenu célèbre. Il y prédisait la victoire complète de la démocratie libérale dans le monde entier.

 

Le Cambodge sortait de deux décennies de guerres, marquées par les bombardements américains, le génocide des Khmers rouges et l’invasion vietnamienne. Les Accords de Paris avaient été signés le 23 octobre 1991. Il s’agissait de les mettre en oeuvre.

 

Le plan de L’ONU prévoyait le déploiement progressif de près de 16000 hommes dotés de moyens importants. l'APRONUC mena à bien le désarmement des différentes factions du pays, le retour des millions de réfugiés de Thaïlande et la tenue d’élections libres en mai 1993.

 

Les élections de 1993 au Cambodge

 

Du 23 au 28 mai 1993, plus de 4 millions de Cambodgiens (environ 90 % des personnes susceptibles de voter) ont choisi leurs représentants parmi les vingt partis en lice aux élections en dépit des menaces des Khmers rouges. Le FUNCINPEC du Prince Norodom Ranariddh, profitant notamment de l’aura de Sihanouk et du souvenir qu’avait laissé la période où il dirigeait les destinées du pays, arriva en tête devant le Parti du Peuple Cambodgien du Premier ministre sortant Hun Sen.

Contestant les résultats des élections, Hun Sen a imposé un accord de partage du pouvoir qui a vu le vainqueur des élections, le prince Norodom Ranariddh, et Hun Sen prendre les rôles de premier et deuxième premiers ministres. Cette situation perdura jusqu’au coup d’état de 1997.

 

Le retrait de l’APRONUC

 

En Novembre 1993, le conseil de sécurité exprimait sa vive satisfaction quant au fait que la mission « ayant été menée à bonne fin à la suite des élections tenues du 23 au 28 mai 1993, l’objectif des Accords de Paris s’est trouvé réalisé, à savoir redonner au peuple cambodgien et à ses dirigeants démocratiquement élus la possibilité d’assumer la responsabilité principale de la paix, de la stabilité, de la réconciliation nationale et de la reconstruction dans leur pays ».

 

Après le retrait des forces de l’APRONUC, plusieurs agences des Nations Unies restèrent dans le pays pour aider à la reconstruction et au développement.

 

 

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Une prophétie annonçant un "Dieu aux yeux bleus" viendrait les secourir s'était répandue dans les villages pendant les années les plus sombres du Cambodge.

Ainsi, lorsque l'APRONUC est arrivée avec son drapeau et ses casques bleu ciel, elle a été considérée comme une incarnation de cette divinité, certains ayant même peint leurs maisons dans une nuance de bleu ONU, a rapporté à Reuters Youk Chhang, directeur exécutif du Centre de documentation du Cambodge. 

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Raphael Ferry

Rédacteur en chef de l'édition Cambodge.

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