Édition internationale

Frédéric Béreyziat prend la tête de la coopération et de l’action culturelle au Cambodge

Arrivé au Cambodge en septembre 2026, Frédéric Béreyziat a pris ses nouvelles fonctions de conseiller de coopération et d’action culturelle (COCAC) avec une échéance majeure à venir : le sommet de la Francophonie. À l’approche de l’événement, prévu en novembre, il retrouve un terrain où se mêlent culture, diplomatie et coopération, et entend s’appuyer sur son expérience, à la croisée des institutions publiques et de la promotion culturelle, pour surmonter avec brio ce nouveau challenge.

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Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 17 octobre 2026

D’abord formé à la finance à HEC, puis au droit et à la science politique à l’ENA, il commence sa carrière professionnelle au Conseil d’État en 2001. Ses fonctions de juge administratif et de conseiller juridique du gouvernement le conduisent à découvrir les politiques culturelles, notamment au fil de travaux liés au cinéma et à l’audiovisuel, des sujets qui retiennent particulièrement son attention.

Il développe, par ailleurs, un intérêt pour l’étranger. En 1998, son service militaire dans la Marine nationale le conduit en Polynésie française. « Je me suis dit que j’aimerais bien continuer à voir le monde », confie-t-il. C’est dans cette perspective qu’il rejoint, en 2005, le ministère des Affaires étrangères pour assumer des fonctions diplomatiques pendant quelques années. Peu après, en 2009, il rencontre pour la première fois le Cambodge lors d’un voyage touristique. La découverte d’Angkor lui laisse un souvenir marquant : « J’ai eu un choc esthétique incroyable. Je m’en souviens comme si c’était hier. »

De retour en France, il prend de nouvelles fonctions dans la culture qui le conduisent à travailler sur le cinéma, la télévision, le jeu vidéo, la réalité virtuelle et le spectacle vivant. Tour à tour, travaillant pour le CNC, Unifrance, la Cinémathèque et Arte France, Frédéric Béreyziat occupe des postes à fortes responsabilités qui impliquent des compétences de gestion et de stratégie dans un environnement international. Il souligne : « Moi, je faisais plutôt tourner la maison. Une grande maison de près de 450 personnes et 300 millions d’euros de budget. »

Frédéric Béreyziat dit ne pas avoir quitté ses précédents postes par ennui. Au contraire, il appréciait ses fonctions au CNC, à Unifrance ou à Arte. Il associe plutôt le changement à la découverte et à l’apprentissage. « C’est en changeant qu’on apprend des choses et qu’on s’enrichit. » C’est un des facteurs qui l’a conduit à accepter son poste au Cambodge, où il retrouve des missions de gestion similaires, mais dans un environnement différent.

« C’est cette curiosité-là qui me meut et qui, en général, me donne du plaisir », confie-t-il.

Le rôle du Conseiller de Coopération et d'Action Culturelle

La fonction de COCAC associe deux volets. En tant que directeur de l’IFC, il s’agit de mettre en œuvre et de diffuser ses actions culturelles, car l’Institut ne se limite pas à l’enseignement du français, mais est aussi un centre de ressources et un lieu de diffusion culturelle. Par ailleurs, le COCAC organise et exécute la coopération définie par l’ambassadeur.

Dans ce cadre, il résume sa fonction comme celle d’un « chef d’orchestre », chargé d’assurer la cohérence entre les équipes et les domaines d’action. Cela lui permet de mobiliser son expérience de gestion au service de la création et de la coopération bilatérale.

« Ma valeur ajoutée est sur la vision stratégique et la cohérence de sa mise en œuvre dans les différents champs sous la direction de l'ambassadeur », explique-t-il. Il souligne toutefois que chaque équipe conserve son expertise : « Chacun a son domaine et sa spécialité, que je respecte et que j’essaie de cultiver. » Culture, cours de langue et coopération universitaire doivent donc pouvoir se compléter pour tendre vers une même finalité. Il donne pour exemple les liens possibles entre les cours de français et les formations spécialisées, comme le français médical ou celui destiné aux ingénieurs.

Repenser la coopération franco-cambodgienne

La politique de coopération que Frédéric Béreyziat souhaite défendre repose sur une relation d’échange. « Nous devons travailler ensemble pour nous enrichir mutuellement », confie-t-il. Son objectif est de soutenir les projets locaux et de construire des partenariats qui bénéficient aux deux pays, plutôt que de considérer la coopération comme la transmission d’un savoir à sens unique.

Cette approche concerne notamment les industries culturelles et créatives. Dans le cinéma, la création numérique ou la réalité virtuelle, le soutien porte sur la formation, la production et la recherche de modèles économiques viables. Cela induit aussi de travailler sur les droits d’auteur et les règles permettant aux créateurs de vivre de leur activité.

Les programmes Chatko 1 et 2 ont déjà contribué à donner corps à cette démarche en accompagnant les industries culturelles et créatives cambodgiennes. Frédéric Béreyziat souhaite poursuivre cette approche en utilisant notamment l’opportunité du Sommet de la Francophonie. La coopération universitaire constitue un autre axe de développement. Il se réjouit des partenariats déjà en vigueur, comme ceux avec l’Institut de technologie du Cambodge, l’Université royale des beaux-arts ou encore l’Université royale de droit et des sciences économiques, mais pense aussi à développer cette opportunité dans de nouveaux domaines. Au-delà des secteurs établis, il souhaite ouvrir de nouveaux champs de coopération, notamment le numérique.

« Investir dans la formation en offrant une ouverture à l’international et l’acquisition d’une autre expertise permet d’apporter des compétences au Cambodge et de nourrir les échanges avec la France », avance-t-il.

Pour Frédéric Béreyziat, la relation franco-cambodgienne repose ainsi sur un travail partagé et horizontal. Il conclut : « Il ne faut pas se contenter de diffuser la France au Cambodge. Ce que nous allons essayer de faire de plus en plus est d’instaurer un dialogue entre les créateurs, les musiciens, les acteurs français et cambodgiens pour qu’ils créent ensemble. »

Nous lui souhaitons pleine réussite dans ses nouvelles responsabilités au Cambodge et lui adressons nos meilleurs vœux de bienvenue dans le Royaume.

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