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Les eaux du Mékong sont au plus bas

Par Lepetitjournal Cambodge | Publié le 22/01/2022 à 18:15 | Mis à jour le 22/01/2022 à 02:28
Photo : MRC
le Barque sur le Mékong

Le secrétariat de la Commission du Mékong (MRC) a renouvelé son appel aux six pays du Mékong ( Chine, Myanmar Thaïlande, Laos, Cambodge Vietnam)  pour qu'ils s'attaquent d'urgence aux problèmes faibles débits régionaux, aux fluctuations de l'eau et à la sécheresse, alors que le cours inférieur du Mékong connaît des bas niveaux records pour la troisième année consécutive.

 

Au cours des trois dernières années, les débits du Mékong principal ont atteint leur niveau le plus bas depuis plus de 60 ans. 2020 a été l'année la plus sèche du Mékong principal, avec des précipitations inférieures à la normale pour tous les mois sauf octobre, selon un nouveau rapport du secrétariat de la MRC. 

 

Le régime hydrologique du Mékong a changé

 

Publié le 13 janvier, le rapport " Mekong Low Flow and Drought Conditions in 2019-2021 " note que depuis 2015, le régime hydrologique a changé, avec un débit plus important en saison sèche et un débit réduit en saison humide en raison de l'augmentation du réservoir de stockage dans le bassin. Cela a entraîné des conséquences à la fois positives et négatives. Cependant, la période 2019-2021 a été exceptionnelle en raison d’une forte réduction des précipitation et de la dégradation des conditions climatiques.

 

"Ensemble, ces facteurs peuvent avoir des effets négatifs sur la pêche et la production agricole, exercer une pression sur les moyens de subsistance des habitants du delta et perturber les écosystèmes délicats du bassin du Mékong."

 

Une coopération proactive est essentielle, non seulement de la part de la Chine mais aussi de tous les pays membres de la MRC, pour traiter conjointement ces problèmes

 

a déclaré le Dr An Pich Hatda, directeur général du secrétariat de la MRC.

 

L immédiate nécessité d’un programme d’actions

 

Les six pays peuvent prendre certaines mesures immédiates pour atténuer la crise, selon le Dr Hatda. Il s'agit notamment de mettre en place un mécanisme conjoint de notification des fluctuations inhabituelles du niveau d'eau et, à l'avenir, d'étudier la gestion coordonnée de l'exploitation des réservoirs et des barrages hydroélectriques. En outre, les pays devraient examiner les possibilités de construire davantage d'installations de stockage pour gérer les conditions de sécheresse et d'inondation extrêmes, ainsi qu'un modèle opérationnel pour l'ensemble du bassin du Mékong.

 

bas niveaux des eaux sur le Mekong.
MRC

 

En utilisant une approche heuristique basée sur les données disponibles de la MRC concernant les précipitations, les débits et les indices de sécheresse observés, le rapport note que plusieurs facteurs cumulatifs ont conduit à ce changement sans précédent des débits. La saison de la mousson produit habituellement un seul pic de crue, mais le stockage de l'eau pendant la saison humide dans le bassin a contribué à retarder les impulsions de crue si importantes.

 

Le rapport d'une centaine de pages évalue également l'impact des faibles niveaux d’eaux sur les débits inversés du lac Tonlé Sap pendant la saison des pluies, un indicateur important de l'hydrologie du bassin dans son ensemble. 

 

La dégradation du climat principale cause du faible niveau des eaux.

 

Si les débits inversés de 2019 étaient proches de la moyenne, ceux de 2020 et 2021 étaient les plus faibles jamais enregistrés. Les débits inversés totaux en 2020 et 2021 représentaient 58 % et 51 %, respectivement, du volume total moyen des débits inversés de 2008 à 2021.

 

Comparaison du niveau d'eau en saison sèche à Phnom Penh, en rouge la moyenne 1961-2019, en bleu 2021-2022.
Comparaison du niveau d'eau en saison sèche à Phnom Penh, en rouge la moyenne 1961-2019, en bleu 2021-2022. source MRC

 

Le rapport du Secrétariat de la MRC constate en outre que les réservoirs construits sur le bassin du Haut-Mékong ne sont pas le principal moteur des faibles débits vers le LMB, mais la combinaison de la dégradation du climat et de précipitations exceptionnellement faibles. L'eau totale retenue dans les deux plus grands réservoirs du bassin du Haut-Mékong - Xiaowan et Nuozhadu - en 2019 était inférieure à celle de 2018, 2020 et 2021.

 

Le rapport ajoute qu’une gestion opérationnelle coordonnée des réservoirs peut être la clé pour soulager les pires impacts pendant les années de sécheresse, comme 2019-2021, et le Secrétariat du MRC travaille avec les pays riverains pour soutenir cette initiative. Lors de la sécheresse de 2016, la Chine a libéré de l'eau supplémentaire pour aider les pays du Mékong, un exemple de coopération accrue qui peut être reproduit à l'avenir. 

 

L'étude conjointe récemment approuvée par les acteurs du secteur sur l'évolution des conditions hydrologiques du bassin, ainsi que la planification régionale proactive de la MRC, devraient fournir une image plus complète de la situation et proposer des solutions concrètes pour les pays du bassin, selon le rapport.

 

Source MRC

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Raphael Ferry

Rédacteur en chef de l'éditon Cambodge.

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