Culotté.es fait son show à Phnom Penh

Par Lepetitjournal Cambodge | Publié le 01/06/2022 à 18:45 | Mis à jour le 02/06/2022 à 10:18
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Anne Klein, fondatrice de la marque Culotté.es, présente le fruit de son travail avec sa nouvelle collection de maillots de bain lors d’un défilé le 3 juin à l’Institut Français du Cambodge.

 

C’est en 2019 qu’Anne Klein, trentenaire pétillante, fonde sa marque Culotté.es, spécialisée dans la lingerie et le maillot de bain. 

Cette aventure prend racine dès son enfance, Anne a toujours été fascinée par la couture et le design qu’elle apprend alors aux côtés de sa mère. Adolescente, elle porte ses propres créations et jeune adulte, en parallèle à des études pour devenir sage-femme, elle continue encore et toujours à créer et confectionner : des costumes pour le théâtre ou encore des accessoires fait à partir de bâches publicitaires recyclées.

Elle présente sa première collection fin 2019 au Cambodge, essentiellement de la lingerie uniquement confectionnée de soie tissée et teinte au Cambodge et de dentelle provenant des fins de stock des usines textiles. Du design, à la production en passant par la recherche de la matière première et du patronage, elle fait tout elle-même.

 

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Anne Klein

 

Pendant la pandémie, elle a été forcée de ralentir son activité de production, mais en a profité pour approfondir la recherche et développement de nouveaux produits, notamment de maillots de bain. En juin 2021, Anne ouvre son atelier-boutique au premier étage de Pteah Chas, #91 rue 110 à Phnom Penh.

Ce vendredi 3 juin, elle nous présente le fruit de ce travail avec sa nouvelle collection de maillots de bain lors d’un défilé à l’Institut Français (qui par ailleurs aura débuté la veille sa troisième saison culturelle "Vent d'Asie" consacrée à la mode et au parfum) 

lepetitjournal.com en profite pour aller à sa rencontre. 

 

D’où vous est venue l’idée de crée une marque de lingerie au Cambodge ?

J’ai toujours eu le rêve secret d’un jour pouvoir créer des vêtements et partager mes créations avec les autres. Je suis arrivée au Cambodge pour travailler en tant que sage-femme mais très vite je me suis rendue compte de la relation forte du Cambodge au textile. J’ai alors voulu me lancer, sauter le pas. A ce moment-là, il y avait déjà beaucoup de petites marques locales de vêtements sur le marché. Je me suis alors posée la question de ce qui manquait au Cambodge en termes d’offre, pour moi et les autres.  J’ai rapidement identifié la lingerie et les maillots de bain comme articles essentiels et pas forcément disponibles. Mais ces deux produits, techniquement très spécifiques et exigeants, furent un vrai défi de création pour moi qui suis une couturière autodidacte.

 

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Comment définiriez-vous votre style ?

J’ai une sensibilité particulière pour les belles matières, les designs et motifs originaux, les vêtements et sous-vêtements qui dévoilent sans dévoiler.

Porter de la belle lingerie ne donne pas de pouvoir magique mais renforce la confiance de toutes les femmes. Je veux rendre les femmes belles sans les obliger à suivre les dictas de la mode. Je veux qu’avec mes créations, les femmes acceptent leur corps et se sentent plus sûres d’elles, belles et fortes.

Je définirais mon style en lingerie comme pop et bohème, une petite touche d’insouciance dans un écrin de dentelle.

 

Dans les photographies que vous utilisez sur vos réseaux sociaux, vos modèles ne correspondent pas aux standards habituels dans la mode. Est-ce significatif d’un mode de pensée ?

Effectivement, pour moi il est important que l’on casse ces images trop parfaites des mannequins de mode, souvent peu représentatives de ce que sont les femmes dans la vraie vie. Je préfère montrer que la beauté est en chaque femme et en chaque corps. Cela fait déjà quelques années que des marques de vêtements cherchent à montrer d’autres corps que les standards hyper maigres des défilés. Mais c’est encore trop marginal. Je veux que les femmes qui voient mes photos, puissent se dire : ces femmes sont belles en maillot ou en lingerie, ça pourrait être moi. Et non pas : objectif « summer body » pour rentrer dans ce maillot que j’ai vu dans les magazines.

 

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Je remercie d’ailleurs les modèles amatrices qui ont acceptées de me suivre dans cette aventure et de me faire confiance. Elles sont magnifiques en Culotté·es et les photos reflètent bien cela.

 

 

Cette année vous avez trouvé un partenaire pour fabriquer vos pièces au Cambodge. Quelles sont les difficultés et les avantages de produire de la lingerie ici ?

Oui effectivement, sous-traiter la production était mon objectif depuis la création de la marque. Mais jusqu’à présent, vu la complexité technique de couture que demande la fabrication de lingerie et de maillots, je n’avais trouvé personne. Ce n’est que début 2022, que Dorsu (une marque de vêtements qui fait principalement des t-shirts et des vêtements en coton et qui a un atelier à Kampot) a accepté de se lancer dans cette aventure avec moi. Je peux donc, pour la première fois, dévoiler une collection complète de maillots de bain et j’espère très bientôt de lingerie.

 

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Le mouvement de la « slow fashion » m’inspire : mon but depuis le début est de créer en n’utilisant que des ressources facilement disponibles au Cambodge mais aussi de garantir que la production est éthique à toutes les étapes. Que ce soit pour l’achat des tissus ou la production, je veux pouvoir maîtriser et réduire au maximum l’impact écologique. C’est souvent un gros challenge, mais je reste ainsi en accord avec des valeurs qui me sont chères.

 

 Nous nous sommes laissés dire que le défiler que vous préparez à L’institut, va être agrémenté de quelques pépites. Que pouvez-vous nous en dire ?

Je ne peux pas trop vous en dévoiler, mais sachez qu’il y aura un défilé de maillots de bain accompagné d’un DJ pour nous faire danser une bonne partie de la soirée ainsi que des cocktails créés exclusivement pour cet évènement.

 

Vous avez une boutique sur Phnom Penh. Comment ceux qui n’y habitent pas peuvent-ils se procurer vos produits ?

Oui effectivement, j’ai une boutique à Phnom Penh. C’est au premier étage de Pteah Chas, un bâtiment abritant différents créateurs au #91 rue 110. Cette boutique qui me sert aussi d’atelier est ouverte au public du mardi au samedi de 13h à 17h30 et sur rendez-vous en dehors de ces horaires.

Pour ceux qui ne sont pas à Phnom Penh, ils peuvent découvrir mes créations sur les réseaux sociaux, Instagram et Facebook et un site internet est en cours de création : www.culotte.es

 

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Raphael Ferry

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