Installé à Siem Reap depuis 2017, le photographe français Julien Thomas a profité de la fermeture du parc d’Angkor durant la pandémie pour réaliser un corpus inédit d’images immersives à 360 degrés, aujourd’hui achevé mais toujours sans cadre institutionnel de diffusion.


Installé à Siem Reap depuis 2017, Julien Thomas est photographe professionnel, Spécialisé dans la photographie à 360 degrés et création de projets virtuels.
Avant de s’installer pour de bon au Cambodge, ce photographe a parcouru l’Asie du Sud-Est pendant plusieurs années. Durant près d’un an, il a voyagé loin des sentiers battus, « à la belle étoile ». Il fut également à l’initiative d’actions éducatives au Vietnam et au Cambodge, visant à sensibiliser des enfants défavorisés à la pollution plastique.
La pandémie, un contexte inédit pour la photographie
En mars 2020, la pandémie de Covid entraîne l’arrêt de touriste de masse au sein du parc archéologique d’Angkor. Julien Thomas réalise que cette situation constitue une opportunité rare, voire unique : celle de photographier les temples sans visiteurs.
Durant environ deux ans, il sillonne le parc seul. Il réalise ses prises de vue sur des sites majeurs comme Angkor Wat, Bayon, Ta Prohm, Banteay Srei, Preah Khan ou encore Beng Mealea, mais aussi sur des temples moins fréquentés.

Au total, l’oeuvre de Julien Thomas couvre 33 sites du parc d’Angkor, comprend 767 photographies en 360 degrés, et représente 2000h de travail.

Une méthodologie rigoureuse et solitaire
Chaque séance est préparée à partir de plans de temples, scannés puis imprimés afin d’assurer une couverture méthodique des sites. Une seule image 360° est composée de 29 à 116 photos assemblées manuellement, pour atteindre une taille finale de 24 000 par 12 000 pixels, soit une résolution de 288 mégapixels. "certaines 360 peuvent nécessiter jusqu’à 25min par prise de vue."
Les zones sombres sont traitées en mode bracketing (prise de vue en fourchette, ce qui consiste à « prendre plusieurs photos successives de la même scène en variant automatiquement l'exposition »). L’ensemble du flux de production repose sur des fichiers bruts, retravaillés à la main. Selon l’auteur, ce niveau de qualité ne peut être reproduit en présence de visiteurs, même avec des outils d’intelligence artificielle capables d’effacer des silhouettes humaines.
Apriori, un matériel de cette qualité et de cette envergure n'a jamais été réalisé ni présenté au grand public auparavant.
Un patrimoine virtuel aux usages multiples
Avec le temps, la question de l’exploitation de ce corpus s’impose. Julien Thomas envisage ce matériel comme une base de données patrimoniale pouvant servir à des publics très variés : professionnels du tourisme, chercheurs, institutions culturelles, musées, formateurs de guides, enseignants, touristes …
Selon lui, un projet virtuel doit être conçu en fonction de l' audience visée, « à l’image d’une maison pensée pour ses occupants ». Ce corpus d'images peut ainsi donner lieu à des usages très différents, selon les objectifs retenus.
Des démarches institutionnelles sans suite
Depuis la fin des prises de vue, Julien Thomas cherche une « maison » institutionnelle pour accueillir et valoriser ce travail. Il a échangé avec l’UNESCO France, rencontré plusieurs interlocuteurs du secteur culturel et patrimonial, mais sans suite concrète à ce jour.
Faute d’accord avec l’Autorité Apsara, aucun projet public ne peut être lancé. Le matériel reste donc stocké, sans diffusion, malgré sa valeur documentaire et patrimoniale. Le photographe continue toutefois d’en parler lorsqu’une occasion se présente, convaincu qu’une institution publique ou culturelle pourrait encore s’en saisir.
Un projet achevé, mais en suspens
Aujourd’hui, alors que le tourisme a repris et que les temples sont de nouveau fréquentés, ce corpus apparaît difficilement reproductible. Pour son auteur, la période Covid a constitué un contexte exceptionnel.
Le projet est techniquement finalisé, mais reste en attente d’un cadre juridique et institutionnel permettant sa mise en valeur. Une situation que Julien Thomas qualifie à la fois de surprenante et préoccupante, au regard de l’intérêt potentiel de ces images pour la conservation et la transmission du patrimoine angkorien.
Pour découvrir le travail du photographe : https://julien-photo.com/360-virtual-projects/angkor-park-few-photos/index.html
Pour entrer en contact avec Julien Thomas (Telegram) : +855 16 959 173
Sur le même sujet



























