Après l’annulation soudaine de plus de 400 bourses universitaires financées par un homme d’affaires aujourd’hui poursuivi pour cybercriminalité, le gouvernement cambodgien s’est engagé à prendre le relais afin de permettre aux étudiants concernés de poursuivre leurs études.


Des étudiants cambodgiens ont indiqué à l’Agence France-Presse (AFP), jeudi 22 janvier, que le gouvernement leur avait promis de prendre en charge leurs frais universitaires après l’annulation soudaine de plus de 400 bourses d’études, attribuées par un homme d’affaires accusé d’être à la tête d’un vaste réseau d’escroqueries en ligne.
Ces bourses, lancées en 2021, couvraient l’intégralité des frais de scolarité ainsi qu’une aide destinée aux dépenses de subsistance. Elles visaient à soutenir des étudiants cambodgiens inscrits en licence dans plusieurs universités publiques du pays.
Les poursuites visant Chen Zhi
En octobre dernier, les autorités américaines ont inculpé Chen Zhi, ancien conseiller de dirigeants cambodgiens, pour fraude et blanchiment d’argent. Selon l’acte d’accusation, son entreprise, Prince Group, aurait servi de façade à un réseau criminel transnational spécialisé dans la cybercriminalité.
Il est soupçonné d’avoir dirigé, depuis le Cambodge, des opérations de fraude sur internet d’une valeur de plusieurs milliards de dollars, reposant notamment sur le travail forcé de personnes trafiquées.
Les autorités cambodgiennes ont procédé à son expulsion vers la Chine le 6 janvier.
Une fondation et un programme de soutien aux étudiants
Parallèlement à ses activités économiques, Chen Zhi avait créé une fondation en 2015. Une bourse portant son nom avait été mise en place en 2021 afin d’aider des étudiants cambodgiens à poursuivre des études universitaires, selon les informations publiées sur le site officiel du programme.
Ce dispositif bénéficiait notamment à des étudiants issus de milieux modestes, pour lesquels l’interruption du financement représentait une menace directe sur la poursuite de leur cursus.
L’engagement du ministère de l’Éducation
Plusieurs étudiants de la Royal University of Phnom Penh (RUPP) ont confié à l’AFP avoir été informés, le 20 janvier, par un représentant de Prince Group, que leurs bourses étaient annulées.
« Ils ont dit que leur entreprise rencontrait un problème », a témoigné Narak, 20 ans, étudiant en informatique.
Face à l’inquiétude suscitée par cette annonce, l’université a rassuré les étudiants concernés. Deux jours plus tard, le 22 janvier, la RUPP leur a indiqué que le ministère de l’Éducation prendrait en charge les frais de scolarité « jusqu’à l’obtention du diplôme », permettant ainsi d’assurer la continuité de leurs études malgré la disparition du programme de bourses privées.
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