Dans les coulisses de la vie d’Athénaïs, entre cinéma, musique et voyages

Par Guillaume Tarde | Publié le 10/02/2022 à 17:01 | Mis à jour le 10/02/2022 à 17:01
Photo : © Athenaïs Laffont
athenais

À l’occasion de la sortie de son premier album « Codes Lumières », vendredi 11 février 2022, Athénaïs Laffont raconte son parcours, jalonné de rencontres, de voyages et d’arts.

 

Du sud de la France aux bords de la Spree

« Tu me dis si tu ne m’entends pas très bien, je suis dans les montagnes au Mexique ». Derrière la voix d’Athénaïs, les caquètements des poules sont entrecoupés de bribes d’espagnol, lancées en arrière-plan par des passants inconnus. « C’est un peu l’histoire de ma vie le voyage » lance-t-elle à près de 9 500 kilomètres de Berlin. Découvrir Athénaïs, c’est remonter l’itinéraire de sa vie pour comprendre un personnage façonné par les expériences, les rencontres et les changements de décors.

 

Le parcours d’Athénaïs prend racine en périphérie d’Aix-en-Provence, dans le village d’Éguilles. Jeune fille, elle est attirée par la musique et commence la guitare à l’âge de 9 ans. Son tempérament timide la pousse à garder longtemps cette passion naissante à l’abri des oreilles.

 

Le lycée, s’il est une période charnière pour beaucoup, dessine pour Athénaïs l’esquisse de son parcours. Inscrite en option cinéma, elle se découvre un attachement particulier à la scénographie, sans délaisser pour autant la musique. Lors d’un concert organisé par l’établissement, elle se jette à l’eau pour exposer aux autres ce qui la fait secrètement vibrer depuis plusieurs années et se met à chanter. Galvanisée par la sensation de jouer pour un public, elle décide avec des amis de créer son premier groupe « Moonrise ». La jeune fille timide s’efface devant cette passion dévorante pour la musique qui la pousse à s’essayer à un autre exercice.

 

« On partait avec d’autres musiciens, une batterie, une basse, un piano, une guitare et on faisait des reprises ». Dans les rues d’Aix-en-Provence, elle égraine ainsi les mélodies, jugée par un public de l’instant. Il ne s’agit pas de remplir une salle mais de faire ralentir le pas aux pressés, ou de bercer une ruelle dans la douceur de quelques notes. Athénaïs est sous le charme de l’exercice quand arrive l’été qui suit le bac.

 

Athénaïs jouant dans les rues d'Aix-en-Provence
 © Athénaïs Laffont - Athénaïs jouant dans les rues d'Aix-en-Provence

 

Son diplôme juste en poche, elle décide de partir à la découverte de Berlin. Plus qu’une visite, c’est un coup de foudre. À 18 ans, la jeune artiste quitte son sud de la France pour les bords de Spree où elle est fille au pair. Bientôt lassée par cette occupation, « j’étais un peu comme une servante », Athénaïs emménage chez un ami rencontré au gré de ses sorties dans les nuits berlinoises. Elle reprend alors les performances dans la rue, à côté du métro et amasse de quoi vivre et de quoi parfois s’échapper pour l’Espagne ou d’autres destinations.

 

Des envies de cinéma

Ses pérégrinations n’enlèvent pas du cœur d’Athénaïs son intérêt pour le cinéma, développé notamment au lycée. Elle rêve de faire des décors de films mais les écoles semblent difficiles d’accès en France. Exit donc la possibilité de revenir sur ses terres, comme celle de rester à Berlin. C’est à Brighton au Sud-est du Royaume-Uni qu’elle pose finalement ses valises en 2016.

 

Une petite école de cinéma lui ouvre ses portes dans la ville anglaise. « Il y avait 10 élèves et j’étais la seule étrangère » se souvient-elle. À défaut d’avoir appris l’allemand, son escapade berlinoise a permis à Athénaïs d’améliorer son niveau d’anglais, qui peut ainsi suivre les cours malgré quelques difficultés. Elle doit alors se concentrer davantage sur le cinéma, et s’écarte pour un temps la musique.

 

La vie d’Athénaïs fourmille ainsi de projets sur les bords de la Manche. Elle multiplie les collaborations avec des élèves de Londres, crée des décors, cherche des costumes et se démène pour trouver un rôle dans le film de sa vie, fait de mouvements et de changements. Son acharnement est récompensé par sa sélection pour un stage de deux semaines à la National Film School. « On avait accès à de gros studios avec des professeurs et des intervenants passionnants comme le décorateur de Star-Wars ». Son ascension continue lorsqu’elle est chargée des décors sur le court-métrage réalisé par les étudiants lors de ce stage. Les projets se succèdent ensuite et Athénaïs travaille pour la BBC ou encore Canal Plus.

 

Court métrage "Hurt" fait à la National Film School
© Athénaïs Laffont - Affiche du court métrage "Hurt" réalisé à la National Film School

 

« Mais voilà, je vois des gens perdre un peu leurs rêves ». Les projets artistiques ne paient pas ou peu et il faut souvent les coupler à des petits boulots pour financer son logement. « C’est beaucoup de travail pour peu d’argent » regrette-t-elle. En 2017, poussée par des envies d’ailleurs, elle quitte l’Angleterre pour retourner à Berlin. « C’est une ville plus accessible pour les artistes, où j’avais réussi à gagner un peu d’argent en chantant dans la rue ».

 

Loin d’abandonner l’idée de se faire une place dans le cinéma, Athénaïs décide de tenter les concours pour entrer dans des écoles de cinéma en Allemagne ou en France. Pour candidater, il lui faut présenter de gros projets et elle va alors réaliser et monter ses propres courts-métrages. Elle interroge ainsi des femmes syriennes et compare leurs enfances à la sienne ou à celle de sa sœur. Elle part en Ardèche rendre compte de la vie d’une communauté respectueuse de l’environnement. Tous ces projets la forgent mais ne suffisent pas à la faire entrer dans les écoles convoitées.

 

Athénaïs reprend alors une activité qu’elle avait commencé en Angleterre : le volontariat dans les festivals de musique. Elle y traine toujours une caméra à la main et réalise des interviews, rencontre des gens, et se rapproche à nouveau de sa passion première, la musique.

 

Un premier album pour deux passions

Seulement, pour transporter des décors de festivals, la voiture est un outil indispensable. En octobre 2018, Athénaïs reprend donc la route d’Éguilles pour passer son permis.

 

Alors toute la frénésie de ces dernières années retombe doucement. Elle retrouve les murs de la maison familiale, la chaleur d’un cocon vite délaissé. Le temps est à l’introspection, à un retour aux sources nécessaire. « Je me pose beaucoup de questions sur moi-même. Qu’est-ce que je veux vraiment faire ? Quelle est ma vraie passion ? ». Tiraillée entre le cinéma et la musique, il lui semble travailler uniquement pour les projets des autres lorsqu’elle fait des décors.

 

Athénaïs rêve pourtant de ses projets. Pour son anniversaire, elle reçoit un vieux synthétiseur. « Je ne savais même pas comment le brancher » dit-elle, moqueuse bienveillante de son amateurisme. Fidèle à elle-même, l’artiste en herbe apprend sans relâche et contacte des gens qui possèdent le même « synthé ». Elle apprend ainsi à connaître Vincent, un père de famille informaticien passionné de musique, qui lui explique par visioconférence les ficelles de l’instrument. « Il a fait beaucoup de sons qui sont aujourd’hui dans l’album » précise Athénaïs, plongée dans les souvenirs de cette curieuse relation.

 

Elle écrit alors des morceaux, chargés de son histoire mais aussi de la crise identitaire qu’elle traverse à ce retour en France. « C’était une façon d’extérioriser et de me libérer ». Ses textes évoquent des moments sombres et l’éveil spirituel qui lui a permis de passer de l’obscurité à la lumière. « J’ai eu une période cosmique » explique-t-elle, passionnée alors par le temps et sa distorsion. « Moonrise », son premier groupe, était donc un petit pas pour Athénaïs mais un grand symbole niché au cœur des textes de son premier album quelques années plus tard.

 

Dans le studio à Leipzig avec le producteur de l'album Jeremy Delorme 2020
© Athénaïs Laffont - Dans le studio à Leipzig avec le producteur de l'album Jeremy Delorme 2020

 

En effet, après des mois à bouger encore et organiser des festivals avec des amis, l’épidémie arrête tout. À Leipzig, elle rencontre un Québécois qui possède un studio, idéal pour passer le temps qui semble figé. Elle crée « My Reality » mais très vite l’idée de l’album germe dans son esprit. Les textes écrits en France tout comme les mélodies trouvées et échangées avec Vincent se mêlent pour donner forme à son projet.

 

Athénaïs, que le cinéma n’a jamais vraiment quittée, décide alors de réaliser elle-même ses clips. À l’été 2020, elle retourne dans le sud de la France et lie ses deux passions lors du tournage des clips sur lesquels elle travaille en famille avec sa mère et sa sœur. 

 

Demain, le 11 février 2022, Athénaïs sort donc son premier album « Codes Lumières ». 6 morceaux. Plusieurs interludes. On y retrouve des morceaux engagés comme « Terrestre-extra » qui veut éveiller les consciences sur l’urgence climatique ou « My reality » qui veut montrer « qu’on est tous le créateur de notre réalité et on a le pouvoir de créer la vie dont on rêve ». Déjà joué en live plusieurs fois avec Jérémy Delorme, producteur de l'album, ce projet atteint donc un dernier palier, la sortie. 

 

Le décor est planté, « Codes Lumières » va bientôt commencer. Lever de rideau demain, vendredi 11 février 2022.

 

Pour suivre Athénaïs : sa page Instagram, sa chaîne Youtube, Spotify.

 

Pour recevoir gratuitement notre newsletter du lundi au vendredi, inscrivez-vous !

Pour nous suivre sur FacebookTwitter et Instagram.

Portrait Guillaume Tarde

Guillaume Tarde

Guillaume a rejoint l’équipe de la rédaction de Berlin en septembre 2021. Il est diplômé d’un master de marketing et communication. Passionné de voyages et de vélo, il aime tenir des carnets sur ses aventures.
0 Commentaire (s) Réagir

Soutenez la rédaction Berlin !

En contribuant, vous participez à garantir sa qualité et son indépendance.

Je soutiens !

Merci !

Emma Granier

Rédactrice en chef de l'édition Berlin.

À lire sur votre édition locale
À lire sur votre édition internationale