Édition Berlin

Upznshit : au service de la mode chic et durable

Fondée il y a deux ans, la marque Upznshit s’est donné pour mission de revaloriser le vestiaire masculin en misant sur l’upcycling. Marie-Lou, une entrepreneuse passionnée, transforme des pièces classiques comme la chemise et le costume en créations uniques et durables. Avec une approche artisanale et une volonté de bousculer les codes, Upznshit redonne vie aux matières nobles tout en insufflant couleur et modernité à un vêtement souvent délaissé, peut-être à cause de sa sobriété.

photo de la marque upznshit upcycling photo de la marque upznshit upcycling
© Upznshit
Écrit par Eva Cahanin
Publié le 20 mars 2025, mis à jour le 21 mars 2025

L’upcycling comme moteur de création

L’idée d’Upznshit est simple mais audacieuse : transformer l’ordinaire en exceptionnel. Derrière ce projet, Marie-Lou repense la mode en donnant une seconde vie à des pièces chinées : chemises en coton, costumes en laine, vêtements aux matières nobles et intemporelles. « Ce sont des tissus qui traversent le temps », souligne-t-elle. À Strasbourg, à mesure que la marque se structure, Marie-Lou s’entoure d’une équipe pour la production, des passionnés qui partagent sa vision d’une mode responsable, ancrée dans la réinterprétation du passé.

La jeune femme aime brouiller les frontières entre masculin et féminin, déconstruire les silhouettes, réinterpréter des pièces classiques avec un twist contemporain. « J’ai toujours trouvé cela intéressant de casser les codes », confie-t-elle. Son vêtement fétiche ? La chemise. Une pièce qu’elle décline à l’infini, revisite en l’assemblant avec d’autres textures, lui insuffle une nouvelle dynamique. Larges, structurées, parfois asymétriques, ses créations racontent une histoire mêlée à l’expérimentation stylistique.

Pour sourcer les tissus de ces futures créations, Marie-Lou arpente les friperies et les entrepôts spécialisés, notamment à Berlin, où elle vit depuis peu. Parmi ses adresses de prédilection : Textile Hafen, un gigantesque entrepôt où l’on achète au kilo. Elle collabore aussi avec des fournisseurs sur rendez-vous exclusivement, récupérant parfois jusqu’à quatre cents pièces en une seule fois.

 

Un héritage familial

L’histoire d’Upznshit ne s’est pas construite dans les salles d’un atelier de couture ni sur les bancs d’une école de mode. C’est en France, à Strasbourg, qu’Upznshit voit le jour. La jeune entrepreneuse, issue d’une formation en commerce, n’a pas suivi le parcours classique des créateurs. Et pourtant, son regard sur le vêtement s’est affiné au fil des années, nourri par une certaine transmission familiale.

« Il y a toujours cette conscience de consommer sans détruire ».

« Ma mère m’a transmis une vraie sensibilité au développement durable », raconte-t-elle. « Mon père et mon grand-père, toujours en costume pour aller travailler, m’ont sans doute inspiré pour le designer. Ma grand-mère, passionnée par l’élégance et les beaux tissus, m’a transmis son attirance pour les beaux matériaux, les belles coupes et les pièces fortes. Elle avait un regard très pointu. C'est elle qui m'a donné le goût d'une chemise en coton bien coupée. » Ces influences croisées, à la fois esthétiques et éthiques, façonnent aujourd’hui sa vision d’une mode responsable, qui allie intemporalité et modernité.

 

Modèles pour la marque upznshit

 

De Strasbourg à Berlin 

Strasbourg devient trop étroite. L’énergie créative de Berlin attire Marie-Lou, avec son foisonnement artistique et son esprit libre. S’implanter dans la capitale allemande, toutefois, relève du parcours du combattant. « Tout est un défi : comprendre l’administration, trouver un logement et un atelier stable, constituer une équipe… ». Pourtant, elle reste convaincue que son projet est à sa place. Inspirée par l’effervescence des années 80 et 90, où les couleurs et les motifs s'entrechoquent sans complexes, elle veut raviver cet esprit dans une ville qu’elle trouve « un peu triste, grise ».

Ici, les gens adoptent un style très pratique ou, au contraire, un look trashy et underground, très noir.

Loin de se fondre dans l’esthétique locale, Upznshit joue la carte de l’anticonformisme. Elle veut insuffler une énergie différente, mêler audace et élégance, et pourquoi pas bousculer la mode berlinoise. Son ambition n’est pas de se plier aux tendances locales, mais bien d’imposer son regard : celui d’une mode joyeuse, expressive et durable.

À Paris, où se trouve l’essentiel de sa clientèle, une implantation aurait été plus stratégique, mais c’est à Berlin qu’elle a choisi de s’établir, par affinité personnelle. « Berlin m’inspire, pas tant pour la mode que pour son mode de vie », résume-t-elle. Une ville où l’on peut réinventer ses codes, où la création se nourrit d’expériences brutes et de liberté. 

Si Berlin regorge de friperies et de marchés aux puces où la seconde main est reine, l’upcycling y est moins répandu qu’à Paris. En effet, les adeptes de seconde main ne sont pas toujours prêts à investir dans des pièces upcyclées, qui nécessitent un véritable travail de confection. La marque doit s’adresser à une autre clientèle, à des amateurs de jeunes créateurs. Pour Marie-Lou, l’upcycling berlinois semble plus déstructuré, moins retravaillé. Mais elle se garde d'en dire trop, elle qui continue d’explorer la scène locale. 

 

Vers une mode plus responsable

Quand on est passionné de mode, on peut vite tomber dans la surconsommation de tendances.

Mais si on aime sincèrement le vêtement, on se rend compte qu’une pièce de seconde main est souvent de meilleure qualité qu’un article de fast fashion.

Pour Marie-Lou, l’upcycling n’est pas qu’un choix esthétique, c’est un véritable engagement. Elle défend un retour à l’artisanat, encourage chacun à renouer avec le geste de coudre, plutôt que de céder à l’appel des vêtements jetables. « Coudre, c’est un acte créatif, presque méditatif. Je pensais que cela prendrait des années d’apprentissage, mais avec quelques techniques, on peut déjà créer des choses superbes. Et contrairement à ce que l’on croit, on peut vite apprendre les bases ».
 

 

Avec Upznshit, Marie-Lou raconte des histoires, celles de matières oubliées, de coupes réinventées, d’un vestiaire qui ose se réécrire. Surtout, elle vous invite à repenser votre manière de consommer.

 

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