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Le PM thaïlandais se dit inquiet des risques de troubles ce week-end

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec Reuters | Publié le 15/09/2020 à 10:00 | Mis à jour le 16/09/2020 à 04:28
Photo : Reuters
Risques de troubles lors de la manif du 19 et 20 septembre

Le Premier ministre thaïlandais a assuré mardi qu'il ferait de son mieux pour que la grande manifestation anti-gouvernementale prévue ce week-end se déroule de façon pacifique, tout en disant craindre que des éléments extérieurs viennent semer le trouble.

Prayuth Chan-O-Cha a déclaré qu'il avait demandé à la police d'éviter les affrontements lorsque les manifestants marcheront vers le siège du gouvernement dimanche après avoir passé la nuit sur Sanam Luang. Il a exhorté les manifestants à respecter la loi et à éviter le chaos.

"Le gouvernement assurera la sécurité des personnes", a déclaré Prayuth aux journalistes, exhortant le public à être "les yeux et les oreilles" et à éviter les troubles.

Les dirigeants de la manifestation s'attendent à ce que plusieurs dizaines de milliers de personnes défilent sur la maison du gouvernement, pour intensifier la pression sur le gouvernement de Prayuth Chan-O-Cha et obtenir la dissolution du parlement.

Les manifestations, largement pacifiques jusqu’ici, ont ravivé les souvenirs de plus d'une décennie de troubles politiques et de longs rassemblements de rue qui ont abouti au coup d'État de 2014 dirigé par Prayuth lui-même contre le gouvernement de Yingluck Shinawatra.

Prayuth Chan-O-Cha a fait partie en 2010 des officiers ayant supervisé la répression sanglante du mouvement des Chemises rouges à Bangkok qui avait fait des dizaines de morts. Fin août, il a mis en garde les manifestants que leurs agissements creusaient dangereusement les divisions et risquaient de provoquer l'effondrement du pays.

La marche à venir ce week-end marquera l'anniversaire du coup d'État qui avait précédé, en 2006, évinçant le frère de Yingluck, Thaksin Shinawatra.

Une douzaine de manifestants ont été arrêtés en lien avec les rassemblements puis ont été relâchés. 

Les autortiés ont fait sa voir qu'elles permettraient finalement aux étudiants d'utiliser une partie de l'esplanade royale Sanam Luang samedi pour leur rassemblement politique, rapporte le Bangkok Post. Théâtre des manifestations étudiantes de 1976 réprimées de manière extrêmement violente par l’armée et des groupuscules ultra-royalistes, le site (Thammasat/Sanam Luang) revêt une symbolique forte pour le mouvement pro-démocratie. 

Les dirigeants du mouvement ont annoncé qu’il y aurait lors du rassemblement de samedi une discussion sur la réforme de la monarchie, sujet tabou depuis plusieurs décennies. "Nous parlerons certainement de la réforme de la monarchie sur scène le 19", a déclaré la semaine dernière Parit Chiwarak, un leader de la contestation plus connu sous le nom de "Penguin", qui a également annoncé une "surprise".

Le ministère de l'Intérieur a envoyé une lettre aux directions d'université leur demandant d'empêcher les étudiants de réclamer de telles réformes, qui "pourraient conduire à la violence", faisant une référence explicite aux incidents de 1976 et 1992 au cours desquels les forces de sécurité avaient tué des dizaines de manifestants anti-gouvernementaux.

Après une longue période sans contestations publiques, les manifestations ont réapparu progressivement en 2019 emmenées par un nouveau parti politique rassemblant l’électorat jeune, Anakot Mai ("Nouvel Avenir" de son nom anglais Future Forward). Mais le parti a été dissous en février dernier par la Cour Constitutionnelle, rejoignant une longue liste de partis anti-establishment dissous ces dernières années. 

La dissolution d’Anakot Mai a aussitôt déclenché l’ire des étudiants qui ont commencé à organiser des petits rassemblements dans leurs campus respectifs un peu partout dans le pays. 

Le mouvement, interrompu dans la rue par la crise du Covid, a repris le 18 juillet avec une série de manifestations de rue montant crescendo avec un rassemblement le 16 août de plus de 10.000 personnes pour exiger la démission du Premier ministre, la dissolution du Parlement, et une nouvelle Constitution. Certains sont même allés jusqu’à demander des réformes de la monarchie, du jamais vu dans ce royaume qui punit sévèrement toute critique à l’encontre de la famille royale.

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