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Entre résidence et tourisme, le projet de visa longue durée divise à Phuket

Le gouvernement thaïlandais envisage de nouvelles mesures générales sur les visas de longue durée, ce qui provoque des critiques des professionnels du tourisme à Phuket.

Demande visa Thaïlande Demande visa Thaïlande
Écrit par La rédaction de Thaïlande
Publié le 18 février 2026


 

La présentation du nouveau projet de visa longue durée intervient alors que la politique des visas fait déjà débat en Thaïlande. Notre rédaction évoquait récemment la possible réduction du séjour sans visa à 30 jours, signe d’un durcissement et d’une réorganisation plus large du système thaïlandais. Les professionnels du tourisme de Phuket contestent à présent le nouveau projet de politique de visa qui permettrait à des étrangers d’obtenir un visa d’un an en achetant un bien immobilier d’une valeur de trois millions de bahts (environ 82 000 euros). Le gouvernement thaïlandais cherche à attirer davantage de touristes à long terme ou à faciliter le séjour prolongé pour certains profils.

 

Extension d’une règle préexistante

 

Si une option de visa d’un an liée à l’investissement immobilier est déjà en vigueur depuis octobre 2025, les professionnels du tourisme redoutent aujourd’hui une généralisation de ce dispositif, qui transformerait Phuket en territoire de résidence plutôt que de tourisme. Depuis le 1er octobre 2025, une règle existe déjà sur l’achat immobilier en Thaïlande : un étranger peut demander un visa d’un an s’il achète un condo d’au moins trois millions de bahts ou s’il loue un logement à 85.000 bahts par mois minimum. Ce visa ne dure qu’un an, doit être redemandé chaque année, ne donne pas automatiquement le droit de travailler et ne concerne qu’un nombre limité de personnes (des profils plutôt aisés). Les membres de la famille ou les personnes à charge peuvent également demander un visa pour séjourner avec les acheteurs. Le projet qui fait polémique viserait donc à faciliter massivement les longs séjours en gardant les mêmes bases, afin d’en faire un outil économique assumé.

 

Les professionnels du tourisme de Phuket s’inquiètent

 

Les acteurs du secteur touristique (hôteliers, agences…) contestent la manière dont cette mesure pourrait transformer l’économie locale. Ils craignent que ce seuil d’investissement soit trop bas, ce qui présente un risque d’attirer des visiteurs peu recommandables, susceptibles de se livrer à des activités illégales. Ils redoutent également une hausse des prix de l’immobilier, rendant les logements moins abordables pour les résidents locaux. La contestation est principalement concentrée à Phuket, une île déjà très exposée, avec une dépendance extrême au tourisme. Contrairement à des villes comme Chiang Mai, Phuket a plus de mal à attirer les touristes de longue durée, en raison d’un coût de la vie plus élevé. Les professionnels du tourisme veulent éviter que les nombreux touristes temporaires se transforment en « semi-résidents », qui ne consomment plus les activités sur place qui font vivre le tourisme local (hôtels, excursions, restaurants, transports).

Cette controverse illustre les tensions entre stratégie nationale et réalités locales, dans un pays où le tourisme reste un pilier économique majeur.

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