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Prix de La Chambre: une dose d'inspiration dans un monde d'incertitude

Par Vincent Garnier* | Publié le 25/11/2018 à 16:13 | Mis à jour le 26/11/2018 à 08:55
Photo : DR
Chambre franco-espagnole de commerce et d'industrie

La semaine dernière à Madrid a eu lieu la cérémonie de remise du 12e Prix à l'Esprit d'Entreprise, remis par la Chambre franco-espagnole de commerce et d'industrie (CFECI).

 

C'est José Vicente de los Mozos, Président de la filiale Renault Espagne et Directeur mondial des Fabrications du Groupe Renault qui a reçu le prix cette année, devant quelque 200 personnalités issues de l'univers entrepreneurial franco-espagnol. L'Ambassadeur de France en Espagne, Yves Saint Geours, est revenu à cette occasion sur les enjeux de la relation bilatérale dans un contexte européen délicat et sur l'importance des échanges économiques entre nos deux pays, tandis que Laurent Paillassot, Président de la CFECI, a tenu à affermir l'action de l'entité dans sa feuille de route 2020, avec l'accompagnement à la transformation numérique comme priorité.

 

Rapprochement des deux CCI françaises présentes en Espagne


Tandis que la remise du 11e prix à l'Esprit d'entreprise en janvier dernier (à Prosegur) avait été l'occasion pour le nouveau Président Laurent Paillassot, CEO d'Orange Espagne, de dévoiler le plan stratégique de la CFECI à l'horizon 2020 et d'indiquer la priorité accordée à la transformation digitale, la cérémonie organisée en cette fin de mois de novembre, à seulement 10 mois d'écart de la précédente, aura eu pour principal protagoniste un lauréat dont le parcours, la vision entrepreneuriale et un caractère bien trempé auront indéniablement constitué une singulière source d'inspiration à une assistance réunie autour de la relation commerciale franco-espagnole. Outre la reconnaissance accordée par la CFECI et par les patrons du club d'affaires France Espagne (ex conseil d'administration) à José Vicente de los Mozos, et la mise en valeur de sa contribution au développement de la présence de Renault en Espagne, la cena de gala aura au moins été caractérisée cette année par trois occurences particulières : le déroulement de la soirée au sein de la Real Academia de Bellas Artes de San Fernando et la visite organisée au sein d'un musée recélant quelques uns des joyaux les mieux cachés des collections classiques espagnoles, la présence sur la cérémonie, à l'invitation de la CFECI, des dirigeants de la CCI française de Barcelone, symbolisant un rapprochement inédit entre les deux structures, et enfin, lors de son allocution, l'emphase avec laquelle l'Ambassadeur de France en Espagne a fait valoir, plus que les défis, les risques auxquels est actuellement confrontée l'Union européenne -comme si la sémantique chinoise du mot "crise", alliant les symboles "danger" et "opportunité" et dont on nous a tant parlé au cours de la dernière décennie, aurait penché en faveur du 1er idéogramme, aux dépends du second.

 

L'UE ne doit pas se construire du haut vers le bas, mais en s'appuyant sur le terrain, sur ses acteurs qui ont souhaité la mobilité et l'ont faite réalité


Pour le reste Yves Saint Geours n'a pas manqué de souligner l'excellence de la relation franco-espagnole, l'entente entre Paris et Madrid sur l'immense majorité des sujets et la capacité des deux pays à surmonter, lorsqu'ils existent, leurs différends. "We agree to disagree" a-t-il glissé à cet égard, illustrant l'effort existant entre les deux nations pour polir leurs différences et avancer de façon constructive. "Cette démarche, cette recherche du consensus, constitue l'ADN de la construction européenne", a-t-il défendu, regrettant que "tous les pays ne soient pas actuellement alignés sur cette vision". L'axe franco-espagnol, qui s'est forgé au fil des ans, s'est aussi construit sur les épreuves que les deux pays ont ces dernières années traversées -changements de gouvernement, crise migratoire ou terrorisme- en dépit desquelles "nos deux pays ont continué leur reconstruction économique, grâce notamment au rôle important joué par les entreprises, qui ont su capter cette opportunité en s'internationalisant et en protagonisant une économie européenne intégrée", a exprimé l'Ambassadeur. Et d'ajouter : "L'UE ne doit pas se construire du haut vers le bas, mais en s'appuyant sur le terrain, sur ses acteurs qui ont souhaité la mobilité et l'ont faite réalité".

 

Je suis convaincu qu'entreprises et entrepreneurs, nous avons tous un rôle à jouer pour aider à stabiliser la situation, réduire les incertitudes actuelles et promouvoir une vision optimiste de l'avenir


Les "incertitudes politiques, sociales et économiques" avaient aussi été évoquées auparavant par Laurent Paillassot, Président de la CFECI, qui a défendu le rôle de La Chambre dans le renforcement des liens franco-espagnols et, de façon plus large, celui des entreprises dans la consolidation d'un environnement économique stable. "Je suis convaincu qu'entreprises et entrepreneurs, nous avons tous un rôle à jouer pour aider à stabiliser la situation, réduire les incertitudes actuelles et promouvoir une vision optimiste de l'avenir", a-t-il déclaré. L'impulsion des nouvelles technologies et des conditions favorables à l'innovation ont en outre constitué un fil conducteur de son discours, qui a repris les principaux axes stratégiques de la feuille de route 2020 : accompagnement à la transformation numérique et rôle des commissions 4.0 constituées à ces fins, renforcement des 8 délégations en Espagne, multiplication des activités et des services proposés aux quelques 620 entreprises membres.

 

Trajectoire professionnelle exemplaire, au sein d'un groupe clé dans la relation hispano-française

 

José Vicente de los Mozos
José Vicente de los Mozos / Photo DR

 

C'est la Vice Présidente de La Chambre, Sara Bieger, qui a été chargée de présenter le lauréat de cette 12e édition du Prix à l'Esprit d'entreprise, décerné à José Vicente de los Mozos pour "sa trajectoire professionnelle exemplaire, au sein d'un groupe clé dans la relation hispano-française". "José Vicente de los Mozos est le dirigeant espagnol qui détient à l'échelle mondiale les plus grandes responsabilités au sein de la marque", a-t-elle observé à propos du Président de la filiale Renault Espagne, Directeur mondial des Fabrications et membre du directoire du Groupe Renault. Au-delà des succès professionnels de l'intéressé, La Chambre a en outre souhaité avec ce Prix mettre en lumière l'implication du lauréat pour la création et la défense de l'emploi de Renault en Espagne. José Vicente de los Mozos s'est de fait distingué à partir de 2012 par sa capacité à négocier avec les syndicats et promouvoir un engagement -et une flexibilité- des employés des unités de production espagnoles qui ont permis non seulement de préserver ces dernières à un moment où elles connaissaient une grande incertitude quant à leur avenir, mais au-delà, de consolider le pari de Renault pour la fabrication en Espagne, ce qui en fait aujourd'hui le second pays de production de la marque au losange, après la France. Ayant intégré Renault comme apprentis à l'âge de 16 ans, le lauréat a donc gravi tous les échelons menant aux sommets de la hierarchie du groupe, sans perdre de vue ses origines, ni abandonner un style sans façons, que les Espagnols nommeraient volontiers de "campechano". "Renault et le 'savoir faire' français m'ont permis de développer ma carrière professionnelle et de grandir en tant que personne", a remarqué le lauréat.

 

L'Espagne, seconde patrie de Renault


"L'Alliance Renault Nissan Mitsubishi est l'une des plus importantes du monde automobile, avec près de 10 millions de véhicules vendus en 2017", a-t-il avancé. "L'Espagne est la seconde patrie de cette Alliance", a-t-il continué, relevant la présence commerciale de Renault dans le pays depuis 1908, et industrielle depuis 1953. "Aujourd'hui y sont fabriqués 15% de l'ensemble des véhicules de la marque, 30% des boîtes de vitesse et 40% des moteurs", a-t-il illustré. De fait, ce sont 545.711 véhicules qui sont sortis des usines espagnoles l'an dernier -dont 89% pour l'export- 1,6 million de moteurs et 1,2 million de boîtes de vitesse. Sur la période, avec 184.719 voitures vendues sur le marché domnestique, Renault a terminé l'année pour la 3e fois consécutive comme leader national. "Cette activité a été rendue possible grâce à l'effort des 14.000 employés travaillant en Espagne et grâce aux efforts des agents sociaux, qui ont su comprendre l'importance des trois plans industriels développées entre 2009 et 2020", a défendu José Vicente de los Mozos.

 

 

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