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Falleras et Falleros, tous en tenues !

Par Coralie Lambret | Publié le 19/03/2022 à 15:20 | Mis à jour le 19/03/2022 à 16:51
Photo : Olivier Bénier
Des femmes et des hommes en costume sous la pluie

Les Fallas battent leur plein à Valence depuis une semaine. Dans les rues, Falleras et Falleros défilent en costumes traditionnels. Très sophistiquées pour les femmes et plus sobres pour les hommes, ces tenues ne passent jamais inaperçues. 


S’habiller, tout un programme 

Comment s’habillent les femmes ? 

Les tenues des femmes falleras ressemblent aux robes des princesses d’autrefois. Ce n’est pas anodin puisque le costume traditionnel des Falleras s'inspire des robes du XVIIIème et XIXème siècles.

5 femmes en costume traditionnel dans la rue
Photo : Olivier Bénier

La tenue des femmes est complexe et se compose de plusieurs parties, indispensables pour lui donner cette élégance et cette sophistication. 

  • El corpiño ou corsage : C’est la partie supérieure de la tenue. Les manches et le style changent en fonction du siècle dont s’inspire le costume de la Fallera. 
  • La camisa ou chemise : Elle fait office de sous-vêtements et se place sous le corsage. 
  • La falda ou jupe : Généralement en soie ou en rayonne (ou viscose), c’est la partie inférieure du costume. Elle est souvent décorée d’imprimés fleuris et très colorés. Généralement, elle est de la même matière que le corsage. 
  • Las enaguas ou jupon : C’est le sous-vêtement qui se met sous la jupe. C’est ce dernier qui donne l’aspect bombé et flottant de la jupe grâce à l’anneau. 
  • Las manteletas ou nappes : Elles se composent de deux parties, la partie portée sur le corsage et le tablier, qui est la partie inférieure. Elles sont souvent dans des matières comme le tulle ou la soie et sont brodées au fil d’or ou d’argent pour former des motifs arrondis et élégants. 
  • Los zapatos ou chaussures : Elles sont doublées avec le même tissu que le corsage et la jupe, les styles de chaussures sont très variés. 
  • Las medias ou bas : Ils se portent sous le jupon et sont en soie ou en coton et ornés de broderies. 
  • Las peinetas ou peignes : Ils sont placés sur le dessus des chignons et sont confectionnés en laiton argenté ou doré.
  • El aderezo ou habillage : C’est un accessoire fabriqué habituellement par un orfèvre. Il est composé d’un bijou, placé au niveau du décolleté et du collier, ainsi que d’aiguilles qui sont plantées dans le chignon à l’arrière pour le maintenir.
  • Les moños ou chignons : C’est la coiffure traditionnelle des Falleras. Il s’agit de chignons presque plats, enroulés sur eux-mêmes. Une Fallera porte au minimum un chignon à l’arrière et elle peut en rajouter deux sur les côtés. Si elle n’a pas les cheveux assez longs, elle utilise un chignon artificielle qui est fixé avec le peigne.
    un garçon et fille en costume traditionnel
    Photo : Olivier Bénier

     

 

Comment s’habillent les hommes ? 

Les costumes des hommes sont beaucoup plus sobres mais tout aussi élégants. Difficile d’imaginer qu’ils sont inspirés des tenues qui servaient avant à travailler dans les champs.

Ils sont beaucoup moins complexes puisqu’ils ne se composent que d’une chemise blanche, survêtue d’une veste, appelée chopetì avec ou sans manche, généralement en soie. Cette veste est brodée dans le même style que les vêtements des femmes. 

Pour le bas, les hommes portent ce qu’on appelle un saragüell. C’est un large pantalon en toile ou en coton. Il est recouvert d’une culotte de laine ou de soie brodée comme la veste. Certains hommes portent un pantalon plus serré et un foulard au niveau de la taille. Ils sont chaussés avec des espadrilles en coton nouées aux chevilles et coiffés d’un foulard ou d’un chapeau de paille.


Retour aux sources 

D’anciennes tenues de travail 

Les costumes des Falleros et Falleras sont inspirés des vêtements de travail du XVIIIème et XIXème siècle. C’était les tenues traditionnelles des Valenciens et Valenciennes de l’époque.

Les hommes portaient des vêtements confortables pour travailler dans les champs. Les pantalons en toile étaient légers et permettaient de ne pas avoir trop chaud, surtout en été. Le blanc n’attire pas la chaleur du soleil, c’est pour cela que les chemises n’étaient pas d’une autre couleur. 

Pour éviter les douleurs, les hommes portaient une gaine de coton enroulée au niveau de la taille, plusieurs fois, pour protéger les lombaires et les reins. Les foulards ou chapeaux de paille étaient indispensables pour protéger leur tête du soleil et des insolations.

un homme assis sur un arbre avec un costume noir
Carlos Cervera en tenue traditionnelle de Fallero

 

Plus d’argent, mieux habillés

Les hommes d’une classe plus aisée et les citadins portaient, à l’époque, des pantalons foncés, serrés au corps et en coton épais. Ces pantalons pouvaient descendre jusqu’aux chevilles ou s’arrêtaient au niveau des genoux, selon la saison. 

Ils portaient au-dessus de leur chemise une veste ou un gilet brodé, sans manche l’été et avec durant l’hiver pour ne pas avoir froid. Leur pantalon était maintenu par une ceinture. Ils se coiffaient de chapeaux à couronne. 

Les matières variaient selon la classe sociale. Les plus pauvres s’habillaient avec du coton ou du tissu tandis que les hommes riches pouvaient se permettre le satin, le damas et la soie.

un homme barbu avec un costume traditionnel
Javier Martínez en tenue traditionnelle de Fallero

 

Les femmes en robe, même au travail 

Les tenues sophistiquées et élégantes des femmes  sont également le reflet des vêtements de travail des siècles précédents. Pour aller aux champs, elles étaient vêtues de longues jupes épaisses de plusieurs couches de coton ou de toile , recouvertes d’un tablier. Au-dessus, elles passaient une chemise blanche, large et confortable pour travailler. 

Les tenues de ville étaient les mêmes, elles enfilaient juste un corsage au-dessus de la chemise et une autre jupe pour apporter plus de volume et d’élégance. Comme pour les hommes, les tissus et les couleurs dépendaient de la classe sociale. 

Ces tenues ont évolué au cours des années. La sophistication telle qu’on la voit dans les rues aujourd’hui est arrivée progressivement. Les broderies des corsages et jupes étaient de plus en plus recherchées. Les femmes ajoutaient des bijoux pour une touche d’élégance, comme le peigne dans les chignons, les aiguilles, les colliers,… 

5 filles en robes traditionnelles et un garçon en costume violet au milieu
Photo : Olivier Bénier

 

Pas de costume, pas de fête 

Les Fallas sont une occasion de rendre hommage à la ville et à ses traditions les plus anciennes. Ces costumes font partie intégrante du festival et des défilés sont organisés tout au long des festivités. Des tenues traditionnelles sont exposées partout dans la ville. Dans le centre commercial El Saler, on retrouve le travail de plusieurs couturiers au milieu des allées. La tradition vit à Valence, jusqu’au bout des chaussettes.

 

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Coralie Lambret

Étudiante passionnée et journaliste en devenir. J’ai la tête dure autant qu'en l'air. Je suis scorpion, c'est comme ça que je justifie mon caractère. J’ai quitté mon petit confort belge pour venir découvrir Valence et la vie, le temps d’un stage.
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