Édition internationale

Découvrez les 4 finalistes du Trophée Humanitaire 2026

Découvrez les 4 finalistes du Trophée Humanitaire des Trophées des Français de l'étranger, parrainé par la Caisse des Français de l'étranger.

Trophée Humanitaire inter 2026Trophée Humanitaire inter 2026
Écrit par CFE
Publié le 17 février 2026, mis à jour le 22 février 2026

Qui va succéder à Cédric de Giraudy, lauréate du Trophée Humanitaire lors des Trophées des Français de l'étranger 2025 ? En attendant la réponse en mars prochain, retrouvez les profils des quatre finalistes de cette édition 2026. 

 

Nathalie Chaboche, Fondatrice de La Plantation (Cambodge)

 

Nathalie Chaboche, Fondatrice de La Plantation (Cambodge)

Ancienne informaticienne, Nathalie Chaboche a choisi en 2013 de changer radicalement de vie en s’installant au Cambodge. Ce qui devait être un voyage s’est transformé en un engagement de long terme auprès des communautés rurales de la région de Kampot. « Nous ne voulions pas seulement créer une entreprise, mais construire quelque chose qui ait du sens pour les familles qui vivent ici », explique-t-elle. C’est ainsi qu’est née La Plantation, un projet pensé dès l’origine comme un levier de développement humain, social et éducatif.

Autour de la culture du poivre de Kampot, Nathalie a bâti un écosystème solidaire reposant sur des partenariats équitables avec plus de 200 fermes familiales cambodgiennes. Les producteurs sont rémunérés à un prix juste et accompagnés dans l’amélioration de leurs pratiques agricoles, souvent jusqu’à la certification biologique. « L’autonomie passe par la formation et la reconnaissance du travail agricole », rappelle-t-elle, convaincue que la dignité économique est la base de toute transformation durable.

L’impact humain est au cœur du projet. La Plantation est aujourd’hui le plus grand employeur rural de la région, avec près de 300 salariés permanents et saisonniers bénéficiant de conditions de travail bien supérieures aux standards locaux : salaires décents, sécurité sociale, plan retraite, repas quotidiens et logements si nécessaire. « Offrir un emploi digne, c’est déjà faire de l’humanitaire », affirme Nathalie, pour qui l’entreprise est avant tout un outil au service des personnes.

Son engagement se déploie également sur le terrain de l’éducation. Depuis plus de douze ans, La Plantation soutient l’école primaire du village : financement des enseignants, fournitures scolaires, vélos, accès à l’eau potable et infrastructures sanitaires. Aujourd’hui, 120 enfants y sont scolarisés, et les meilleurs élèves bénéficient d’un accompagnement jusqu’au secondaire, puis à l’université à Phnom Penh. Six jeunes ont déjà pu accéder à l’enseignement supérieur. « Quand un enfant entre à l’université, c’est toute une famille qui change de perspective », souligne-t-elle.

En 2025, Nathalie a également lancé une école de danse traditionnelle khmère accueillant 40 enfants du village, convaincue que la culture est un pilier essentiel de l’équilibre et de l’identité. Des cours d’anglais sont proposés chaque week-end, et des activités éducatives complètent cet accompagnement global. Pour structurer ces actions, deux associations ont été créées : Les Écoles de La Plantation, en France et au Cambodge, afin de garantir la pérennité des projets et la transparence des financements.

Si La Plantation est aujourd’hui reconnue à l’international pour la qualité de ses produits, Nathalie insiste sur l’essentiel : « Notre plus grande fierté n’est pas d’exporter des épices dans le monde entier, mais d’avoir contribué à offrir un avenir plus stable à des centaines de familles. » En combinant emploi, éducation, culture et solidarité, son projet démontre qu’un modèle économique peut devenir un véritable moteur humanitaire.

Cette approche lui a valu plusieurs reconnaissances, dont le Grand Prix Responsabilité Sociale de la Chambre de Commerce France-Cambodge, saluant un engagement de terrain exemplaire. Aujourd’hui, plus de 320 personnes bénéficient directement de l’action de La Plantation, et bien davantage indirectement. « Si notre expérience peut inspirer d’autres projets solidaires, alors le pari est gagné », conclut-elle avec humilité.

 

Fatima Elwafy-Onfray, Fondatrice et présidente de l’association Osraty (Maroc)

 

Fatima Elwafy-Onfray, Fondatrice et présidente de l’association Osraty (Maroc)

Née au Maroc et scolarisée tout au long de son parcours dans le système éducatif français, Fatima a grandi au carrefour de deux cultures qui ont profondément façonné son engagement. « Depuis ma plus tendre enfance, j’ai grandi entre deux cultures, française et marocaine », explique-t-elle, une double appartenance qui lui a permis de développer une compréhension fine des réalités sociales, juridiques et administratives des deux pays.

Diplômée en 1965 de l’école d’infirmières et d’assistantes sociales de Casablanca, elle exerce pendant vingt-sept ans en tant qu’assistante sociale au sein d’un organisme semi-public. Après une retraite anticipée, loin de se retirer, elle choisit de se former de nouveau et obtient un diplôme supérieur en français des affaires délivré par la Chambre de commerce de Paris, un atout qui renforcera par la suite son action auprès des institutions.

En 1996, sa trajectoire prend un tournant décisif avec l’arrivée d’une petite fille recueillie par kafala avec son époux français.. La kafala est une procédure d'adoption spécifique au droit musulman qui correspond à une tutelle sans filiation. « Cette expérience a profondément bouleversé le cours de notre vie », confie-t-elle. Elle se consacre alors pleinement à l’éducation de leur fille tout en accompagnant son mari, gravement malade, jusqu’à son décès cinq ans plus tard.

C’est dans cette période éprouvante qu’elle prend pleinement conscience de la fragilité juridique de la kafala. « J’ai réalisé que nos droits se limitaient essentiellement à celui de “gardiens” », explique-t-elle, soulignant combien la législation existante était insuffisamment protectrice, tant pour les enfants que pour les parents kafils. Une prise de conscience qui marque le début de son engagement.

Avec le soutien d’autres familles confrontées aux mêmes difficultés, elle participe à la création de l’association Osraty, première association au Maroc dédiée à la défense des droits des enfants abandonnés puis placés en kafala, dont elle devient présidente. Depuis plus de vingt ans, son action repose sur une conviction forte : « Chaque enfant a le droit de grandir dans une famille, de bénéficier de la chaleur, de la stabilité et de l’attention qu’offre un foyer. »

L’association œuvre exclusivement pour permettre à ces enfants de quitter les institutions de protection de l’enfance, souvent synonymes de parcours chaotiques. « Ce dont je suis le plus fière, c’est l’impact humain de notre action », confie-t-elle. « Chaque fois que je reçois des photos d’enfants épanouis, envoyées par leurs parents kafils après leur retour en France, je me dis qu’un autre destin était possible pour eux. »

Son engagement est aussi juridique et institutionnel. Elle accompagne de nombreuses familles françaises et franco-marocaines dans leurs démarches de kafala, les aide à comprendre « un système juridique et administratif souvent méconnu », et intervient auprès des tribunaux, administrations et institutions nationales. Elle se souvient notamment d’un épisode marquant lié à une circulaire ministérielle ayant bloqué la sortie du territoire marocain de nombreux enfants. « Les conséquences humaines ont été extrêmement lourdes », rappelle-t-elle. La mobilisation d’Osraty, appuyée par de nombreuses institutions, permettra de débloquer la situation pour des centaines de familles.

Au-delà du plaidoyer, Fatima agit concrètement sur le terrain : collecte de dons, soutien matériel aux centres d’accueil, organisation de fêtes pour les enfants, mais aussi mise en place de formations à la parentalité en kafala, animées par des psychologues et des juristes. « Former et accompagner les parents, c’est aussi protéger les enfants », insiste-t-elle.

Engagée à l’échelle internationale, elle contribue à la création de la Plateforme sur la Convention des Droits de l’Enfant (PCDE Maroc) et participe en 2021 à l’élaboration du rapport universel intermédiaire sur l’enfance, présenté devant les Nations Unies à Genève. À cette occasion, elle alerte sur « les insuffisances de la loi relative à la kafala, qui pénalisent à la fois les enfants et les parents kafils ».

Son engagement a été salué par plusieurs distinctions, dont le trophée de « La femme qui marque son époque » en 2018 et celui de « Femme de l’année » en 2023. Pourtant, pour Fatima, la plus grande reconnaissance reste ailleurs : « Savoir que notre action change réellement des vies donne tout son sens à mon engagement. »

 

Christophe Plais, Fondateur de Terra Indica et cofondateur de Khelo Rugby (Inde)

 

Christophe Plais, Fondateur de Terra Indica et cofondateur de Khelo Rugby (Inde)

Arrivé en Inde à la fin de ses études pour une année de volontariat, Christophe Plais pensait s’engager « pour un temps limité ». Cette première mission s’est pourtant transformée en plus de vingt-cinq ans d’engagement humanitaire auprès des enfants et des jeunes en situation de grande précarité à Kolkata. Aux côtés de l’organisation Don Bosco Ashalayam, qui accueille et protège des enfants des rues, il s’inscrit dans une action de long terme qu’il décrit comme « un refuge, mais surtout un tremplin pour reconstruire des trajectoires de vie ».

Très vite confronté aux limites de l’aide d’urgence seule, il développe une approche fondée sur l’accompagnement global des jeunes les plus vulnérables. Convaincu que « l’assistance seule ne suffit pas », il met en place dès le début des années 2000 un atelier de menuiserie destiné à des adolescents trop âgés pour réintégrer le système scolaire classique. L’objectif est avant tout éducatif et humain : offrir un cadre stable, redonner confiance et transmettre des compétences à des jeunes marqués par la rue, la rupture familiale et l’exclusion. Cette pédagogie par le faire devient progressivement un véritable parcours de reconstruction, associant formation, scolarité et suivi social, où « apprendre un métier, c’est aussi se reconstruire comme personne ».

 

À Calcutta, Christophe Plais forme les jeunes des rues à la menuiserie

Parallèlement, Christophe Plais introduit le rugby dans les foyers comme outil éducatif et de résilience. Pour ces enfants habitués à la méfiance et à la survie individuelle, ce sport devient un espace d’apprentissage collectif : « dans la rue, on apprend à se méfier de tout le monde ; sur un terrain de rugby, on apprend à faire confiance ». Le rugby permet de canaliser la violence, d’instaurer des règles, de créer du lien et de redonner une place au collectif. Cette initiative débouche sur la création de l’ONG Khelo Rugby, qui accompagne aujourd’hui plusieurs milliers de jeunes, filles et garçons, et a ouvert la voie à la mixité dans le rugby indien, y compris au plus haut niveau.

Son engagement humanitaire repose sur une vision globale de la protection de l’enfance, articulant accueil, éducation, formation, sport et accompagnement vers l’autonomie. À travers des partenariats avec des fondations et des entreprises engagées, il parvient à mobiliser des ressources au service de projets éducatifs durables, sans jamais perdre de vue l’essentiel : « donner des outils, des règles et des exigences est une forme profonde de respect pour ces jeunes qui n’ont jamais eu droit à l’erreur ».

En 2017, cet engagement au long cours en faveur des enfants et des jeunes les plus vulnérables est reconnu par la remise de la médaille de chevalier de l’Ordre national du Mérite par l’ambassadeur de France en Inde. Une distinction qu’il reçoit avec humilité, comme « une reconnaissance collective du travail mené avec les équipes de terrain et, surtout, avec les jeunes ».

 

Daniel Verschaere, Directeur des partenariats et du développement ONG Les Enfants du Dragon (Vietnam)

 

Daniel Verschaere, Directeur des partenariats et du développement ONG Les Enfants du Dragon (Vietnam)

Lauréat du Prix du Public des Trophées des Français de l’ASEAN 2025

Après une première carrière dans le marketing et le conseil en Europe, Daniel Verschaere a choisi d’ouvrir une nouvelle page de sa vie, guidée par une volonté profonde de se rendre utile sur le terrain. Il s’engage alors dans un mécénat de compétences de longue durée au Vietnam, au plus près des besoins des populations vulnérables, au sein de l’ONG française Les Enfants du Dragon, active depuis plus de quinze ans dans le sud du pays. « Je voulais mettre mon expérience au service d’une cause concrète, là où l’impact humain est immédiat », résume-t-il.

Depuis un an, Daniel est directeur des partenariats et du développement de l’association. Son action se concentre principalement dans le delta du Mékong, une région marquée par de fortes inégalités sociales. À proximité de Hô Chi Minh-Ville, l’ONG gère notamment un orphelinat qui accueille 35 enfants scolarisés. Il y pilote la structuration de la communication, le développement de partenariats locaux et internationaux, ainsi que la levée de fonds nécessaire au financement de projets essentiels liés à l’éducation, à la santé, à la nutrition, au sport et à l’ouverture culturelle. Pour lui, « l’humanitaire ne se résume pas à répondre à l’urgence, il s’agit aussi de créer des conditions durables pour grandir et s’émanciper ».

 

Daniel Verschaere: gagnant du Prix du Public Trophées des Français de l’ASEAN 2025

 

Son engagement s’est rapidement traduit par des avancées concrètes. Sous son impulsion, l’association a remporté un projet majeur : la construction d’une cantine scolaire durable pour une école primaire accueillant 700 élèves, dont les enfants de l’orphelinat. Avec le soutien de la Fondation Bel, ce projet, dont la réalisation est prévue en 2026, permettra d’offrir chaque jour des repas équilibrés à des enfants âgés de 6 à 11 ans. Daniel y voit « une réponse simple mais fondamentale à l’insécurité alimentaire ».

L’ONG a également été distinguée pour la création d’une éco-ferme pédagogique au sein de l’orphelinat, pensée comme un outil à la fois éducatif et nourricier. Ce projet associe apprentissage, autonomie alimentaire et sensibilisation au développement durable. « Cultiver la terre, comprendre ce que l’on mange, c’est aussi se reconnecter à soi et au monde », souligne-t-il.

Très attaché au bien-être global des enfants, Daniel a lancé le programme “Passeport Découverte”, qui permet à des parrains et partenaires d’offrir aux orphelins des sorties culturelles, sportives ou artistiques. Concerts, musées, activités sportives, fermes pédagogiques ou parcs d’attractions : autant de moments qui ouvrent « une fenêtre sur le monde » et rompent l’isolement institutionnel. « Faire sortir les enfants de l’orphelinat, c’est aussi leur rappeler que le monde ne s’arrête pas à ses murs », insiste-t-il.

Sur le terrain, son action s’est également traduite par l’organisation de collectes alimentaires de grande ampleur. En juin 2025, une première opération menée dans plusieurs supermarchés de Hô Chi Minh-Ville a permis de récolter 2,5 tonnes de nourriture. Une seconde campagne, prévue en décembre 2025, s’étend à cinq villes du sud du Vietnam. En parallèle, Daniel a structuré un réseau de volontaires locaux et internationaux, mobilisés au quotidien comme lors d’événements solidaires.

Avec un budget annuel d’environ 150 000 €, entièrement dédié aux projets grâce à un fonctionnement basé exclusivement sur le bénévolat, Les Enfants du Dragon ont déjà construit près de 200 maisons de solidarité, creusé plus de 100 puits et installé plus de 90 citernes à eau, en plus de l’accompagnement des enfants de l’orphelinat. « Chaque maison, chaque puits, chaque repas change concrètement une vie », rappelle Daniel.

 

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