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Retour sur les processions en l’honneur du président réélu

Par Le Petit Journal de Rome | Publié le 07/02/2022 à 19:37 | Mis à jour le 07/02/2022 à 19:49
Sergio Mattarella a vécu une seconde cérémonie d'intronisation au Quirinale, Crédits Keystone

Le Président sortant a finalement été réélu ce vendredi 3 février, les partis politiques italiens se montrant incapables de s’accorder sur un autre nom. Malgré des « plans personnels différents », Mattarella a accepté de s’engager pour un nouveau septennat au Quirinale.

 

L’intronisation du Président Mattarella

La cérémonie d’investiture a suivi le protocole traditionnel. Escorté par 23 cuirassiers à cheval et à bord de la Lancia décapotable Flaminia 335 (dont les quatre modèles sont réservés aux intronisations présidentielles), Sergio Mattarella s’est d’abord rendu à la Chambre des députés. Il y a prêté serment sur la constitution une seconde fois, avant de prononcer un discours vibrant sur les inégalités et un appel à « la dignité et à la responsabilité » des partis politiques italiens. Il a par ailleurs demandé une réforme en profondeur du système judiciaire. Son intervention fut ponctuée de nombreuses salves d’applaudissements (55), qui n’ont pas pour autant perturbé un Président conscient de la difficulté de son mandat. Après avoir déposé une gerbe sur la tombe du soldat inconnu, Sergio Mattarella est ensuite retourné au Quirinale où il a reçu les membres du gouvernement. La patrouille des Frecce Tricolori a éclairé le ciel romain des couleurs nationales, tandis que la cloche de bronze du Parlement a retenti dans toute la ville, tout comme les 21 salves des canons du Gianicolo.

 

Une réélection contre son gré

Le parcours du Président lors de son investiture résume bien le chemin réalisé par Mattarella, âgé de 80 ans. Parti du Quirinale, il y retourne finalement pour sept années, alors qu’il comptait prendre une retraite paisible et méritée après un septennat unanimement qualifié de réussi. Cependant, la présidentielle italienne a fait voler en éclat les consensus au sein de la coalition et rebattu les alliances entre les partis politiques. Durant l’élection, plusieurs candidats, parfois jetés en pâture, n’ayant aucune chance de succès, ont été testés, sans jamais parvenir à obtenir le consensus espéré. Mario Draghi n’a pas su imposer sa candidature à son propre camp, qui face à l’enlisement de la situation a finalement imploré le Président sortant de rester au Quirinale.

 

Des défis majeurs à venir

Si Sergio Mattarella ne s’est pas ému des salves d’applaudissement répétées devant les chambres réunies, c’est parce qu’il sait que le début de son mandat sera crucial. Les défis à relever sont nombreux et complexes. Tout d’abord, la réforme du système électoral, visant à réduire le nombre de parlementaires. La classe politique et même la coalition se divisent sur la question, le nouveau mode de scrutin ayant un impact immédiat sur les prochaines élections législatives en 2023. De plus, les augmentations récentes des prix de l’énergie menacent la relance économique italienne. Plusieurs partis et personnalités politiques importantes (Conte, Salvini) réclament un plan de soutien massif pour atténuer cette inflation, demandes pour l’instant refusées par le gouvernement. Ce sujet est d’autant plus sensible que l’Italie est en grande partie dépendante de la Russie dans ce secteur. La crise ukrainienne place donc le gouvernement dans une position inconfortable, tiraillé par les deux bords de la coalition, le parti démocrate (PD) et le ministre des affaires étrangères Luigi di Maio s’alignant sur la position américaine tandis que la Ligue ou encore Guiseppe Conte estiment que les intérêts italiens ordonnent de dialoguer avec Vladimir Poutine.

Finalement, si Sergio Mattarella a accepté de renouveler son mandat au Quirinale pour assurer la stabilité politique du pays, cette dernière est déjà menacée par les divisions apparues lors du scrutin à un an des prochaines législatives, dans un contexte économique et social déjà difficile.

 

Clément Lefebvre

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Marie Astrid Roy

Rédactrice en chef de l'édition Rome.