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Pourquoi fêtons-nous le 25 avril en Italie ?

Par Saverio Sebastiani | Publié le 24/04/2019 à 20:07 | Mis à jour le 24/04/2019 à 20:36
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Comme beaucoup d’italiens et français le savent, le 25 avril est une importante fête nationale en Italie.

Il y a 74 ans, le 25 avril 1945, à la fin de la seconde Guerre Mondiale, l’Italie du nord était encore officiellement occupé par l’armée allemande et la Repubblica Sociale Italiana, le gouvernement fasciste de Mussolini. L’opposition à cette occupation était représentée par le Comitato di Liberazione Nazionale (CLN), qui grâce à son armée d’anciens militaires et de patriotes, affrontait l’armée des nazi-fascistes.

Pendant trois ans une féroce guerre civile avait déchiré le pays. Le 25 juillet 1943 un coup d’état avait provoqué la chute du gouvernement de Mussolini, qui avait été emprisonné par ordre du Roi Victor Emmanuel III et puis libéré par un commando de parachutistes allemands de sa prison dans les Abruzzes, le 12 septembre 1943.

L’Italie dans le Chaos

Le Maréchal Badoglio, nouveau chef du gouvernement italien, après le coup d’état du 25 juillet 1943, avait d’abord confirmé par radio que la guerre continuait, mais en réalité, après quelques mois d’incertitude et d’ambiguïté, il avait signé un armistice avec les Anglo-Américain en Sicile : L’Italie se rendait sans conditions.

Le roi et son entourage (des généraux italiens pour la majorité) s’échappaient dans le Sud, à Brindisi, pour créer un nouvel état, protégé par les Américains. L’armistice avait été signé le 3 septembre 1943 à Cassibile, en Sicile, mais il avait été officiellement communiqué aux italiens par radio seulement le 8 septembre, pour permettre au Roi et au nouveau gouvernement de se rendre sain et sauf à Brindisi dans les Pouilles.

En Italie, cet acte fut considéré comme très grave et ne fut pas pardonné par le peuple italien, au Referendum du 2 juin 1946, le pays choisissait d’instaurer une République parlementaire. Cette fuite de la monarchie avait provoqué le chaos dans l’armée italienne qui ne recevait plus d’ordres des hiérarchies militaires.

L’Armée italienne avait alors dû faire un choix : se rendre aux allemands ou faire partie de la nouvelle armée et de l’état fasciste « La Repubblica Sociale Italiana ». Beaucoup d’italiens avaient choisi de s’échapper, surtout à la montagne, et plus tard de créer des bandes de Partigiani (Maquis) pour défendre le pays de l’armée allemande et fasciste. D’autres furent envoyés en Allemagne comme travailleurs prisonniers.

D’autres encore, fidèles à Mussolini et au fascisme, avaient choisi d’adhérer finalement à son régime pour regagner l’honneur perdu par le coup d’état face aux alliés allemands. Les italiens, qui avaient cru qu’avec la chute du gouvernement Mussolini la guerre était finalement terminée, voyaient désormais l’armée allemande occuper une bonne partie de l’Italie du Nord, du Midi et du Sud jusqu’à Naples. Mussolini, libéré et envoyé dans le Nord de l’Italie, avait crée un gouvernement fasciste et républicain qui collaborait avec les allemands. En réalité il s’agissait d’un état totalement dépendent de l’armée allemande et sous les ordres directs d’Hitler.

Le Destin de Rome

Rome avait été déclarée « Città Aperta» mais des bataillons allemands avaient déjà occupé certains quartiers de la ville. Le premier acte de Résistance italienne a été accompli à Rome, à Porta San Paolo. Les meilleures unités de l’Armée italienne furent sacrifiées dans les combat à côté de la Piramide Cestia, où se trouvait aussi le futur Président de la République italienne Sandro Pertini et beaucoup d’autres leaders anti-fascistes.

Le combat fût féroce, (on peut voir encore aujourd’hui sur la « via Ostiense » des trace de balles des mitrailleuses allemandes) mais inutile. L’armée italienne (notamment les Granatieri di Sardegna et les Lancieri di Montebello) avec le soutien de la population civile, sous les ordres de quelques valeureux officiels essayaient de lutter contre l’occupation de la ville de Rome. La résistance fût écrasée et Rome fût occupée par les allemands et libérée par l’armée américaine seulement entre le 4 et le 5 juin 1944.

La guerre civile éclate 

Pendant que les armées Américaine, Anglaise et Française, remontaient la péninsule en la libérant, les patriotes combattaient l’armée allemande et fasciste. La guerre civile entre fascistes et partisans était féroce, avec des atrocité des deux cotés.

25 avril : Le jourJ de la Libération

Le CLN, lançait alors l’ordre d’insurrection générale le 25 avril 1945 dans le Nord de l’Italie contre l’ennemi qui était en retraite. Les Allemands quittaient Milan ce même jour, et Mussolini avec, un groupe de collaborateurs encore fidèles, essayait de franchir la frontière Suisse. Un groupe de partisans arrêtait son camion où il s’était déguisé en soldat allemand. Reconnu, il fût fusillé avec sa maîtresse Clara Petacci le 28 avril, ses collaborateurs furent eux aussi exécutés. Leurs corps furent exposés, pendus par les pieds, dans une Station essence à Milan.

La guerre civile a touché beaucoup de familles qui ont payé le prix d’une guerre imposée par la dictature de Mussolini. Quand on pense au 25 avril, on pense surtout aux survivants de cette guerre, aux officiers et aux simples soldats qui ont dû se battre en Libye, en Russie, en Grèce et puis en Italie pour la libérer contre un ennemi dix fois plus fort, mieux équipé et organisé.

Grâce à leur sacrifice, les italiens ont compris la valeur de la paix, de la liberté et de la démocratie gagné ce 25 avril 1945.

 

Bibliographie

Romans sur la guerre civile en Italie :

Beppe Fenoglio la « Guerre sur les collines » et « Une affaire personelle »

Italo Calvino « Le Sentier des nids d'araignées »

Renata Viganò « Agnès va mourir »

Carlo Mazzantini « A cercar la bella morte »

Giorgio Soavi « Un banco di nebbia »

 

Filmographie

La grande Pagaille, un film franco-italien de Luigi Comencini, avec Alberto Sordi, Serge Reggiani, Eduardo De Filippo qui raconte le destin d’un officiers (Alberto Sordi), d’un soldat (Serge Reggiani) et de l’armé italienne après l’armistice.

La Bataille de Naples, un film de Nanny Loy sur la libération de Naples.

Il partigiano Johnny d’après le roman de Bepe Fenoglio.

Les Derniers Jours de Mussolini, film réalisé par Carlo Lizzani, retrace les derniers jours du dictateur italien et de sa maîtresse Clara Petacci.

 

 

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Saverio Sebastiani

Diplomé en Sciences Historiques et Valorisation des Patrimoines, Saverio Sebastian a vécu dix ans à Paris, avant de retourner dans sa ville natale : Rome. Il aime partager ses passions : l'histoire, les voyages et la politique.
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