Les plus belles places de Rome et leur histoire

Par Lepetitjournal Rome | Publié le 05/10/2022 à 18:14 | Mis à jour le 07/10/2022 à 09:58
piazza navona à Romes en Italie

La ville éternelle possède dans ses dédales de nombreuses places. Celles-ci ont parfois été le théâtre de grands événements, et restent de véritables témoins du passé de la capitale. Sélection de nos 10 places préférées à Rome.


La piazza Navona

Souvent désignée comme la plus belle place de Rome, la piazza Navona est en effet l’une des plus éblouissantes que l’on puisse trouver dans la capitale.
Entre l’église Saint-Agnès en Agone qui y trône fièrement et ses trois fontaines dont celle appelée « fontana dei fiumi » construite par le sculpteur Bernini, on ne sait plus où regarder en y arrivant. Les magnifiques bâtiments aux tons chauds qui ornent la place ajoutent encore à sa beauté et à l’ambiance conviviale qui s’y trouve.
Cependant, la piazza Navona n’a pas toujours été l’une de places les plus vivantes de Rome. Construite en 86 après JC sous l’empereur Domitien, celle-ci était en réalité un stade de 240 mètres, ayant la capacité d’accueillir 20.000 visiteurs férus de lancer de javelot ou encore de course à pied. Ce stade est peu à peu tombé en ruine après la chute de l’empire romain, jusqu’en 1650, date à laquelle le Pape Innocent X commande sa rénovation.
De son passé la place n’a gardé que la forme, et est désormais l’une des places les plus animées de la ville avec ses nombreux artistes qui viennent s’y produire, ses nombreux cafés et restaurants.

 

La piazza Campo di Fiori

Cette place qui est l’une des plus agréables le soir à Rome pour flâner et boire un verre n’a pas toujours été un lieu rempli de joie et de rires.
Construite sur ce qui était une vaste prairie au Moyen-Age (d’où son nom « Champs de fleurs »), la place fut pavée en 1456. Devenue l’un des lieux les plus vivants de Rome, Campo di Fiori accueille depuis 1869 tous les jours sauf le dimanche un charmant marché, connu pour ses fleurs et ses fruits et légumes. Après le coucher du soleil, la place s’anime avec ses bars et ses restaurants et devient l’un des lieux les plus prisés du centre-ville pour l’aperitivo.
En s’y rendant il est difficile d’imaginer que ce lieu fut aussi le théâtre de grandes exécutions publiques, commémorées par l’impressionnante statue de Giordano Bruno trônant au centre de la place. Le philosophe italien y fut brûlé vif en 1600, jugé coupable d’hérésie.

 

La piazza di Spagna

Placée au croisement des rues commerçantes les plus huppées de la capitale, la magnifique piazza di Spagna (Place d’Espagne) est incontournable à Rome.
La place a été construite en forme de papillon (deux triangles se croisant au sommet) et est surplombée par la grandiose église franciscaine de la Trinità dei Monti et son obélisque, reliée par de majestueux escaliers. En son centre trône fièrement la Fontana della Barcaccia (fontaine de la barque), sculptée dans le style baroque par Pietro et Gian Lorenzo Bernini. Devant l’ambassade d’Espagne, dans le prolongement de la place, la colonne de l’Immaculée Conception émerveille les passants.
Cette place doit son nom à l’ambassade d’Espagne auprès du Saint-Siège, instaurée au début du 17e siècle en contrebas de l’Église de la Trinité-des-Monts. Cependant, les escaliers reliant les deux édifices ne furent construits qu’au milieu du 18e siècle, financés par les français sous sous l’égide du Cardinal Pierre Guérin de Tencin.
Au cours du 18ème siècle, les rues entourant la Piazza di Spagna deviennent peu à peu un haut lieu cosmopolite de la ville aux sept collines, et celle-ci accueille même le poète anglais John Keats à la fin de sa vie.
Aujourd’hui, la place est hautement touristique, et particulièrement belle alors que le soleil descend sur la ville et que les couleurs ocres de ses bâtiments ressortent.

 

La piazza di Sant’Ignazio

Si la piazza di Sant’Ignazio (Saint Ignace) est si connue à Rome, c’est en raison de son architecture originale. Située en plein centre historique, cette dernière laisse peu de ses passants indifférents.
Construite entre 1727-1728 par l’architecte Filippo Raguzzini dans un style baroque, la place est faite pour donner le tournis à ses visiteurs. En effet, son architecture est hors du commun : constituée d’une superposition de trois ellipses, celle-ci est quasi-symétrique et ses bâtiments ont des formes concaves. Le palais central par exemple, aujourd’hui siège du département des carabiniers pour la protection du patrimoine culturel, a une forme triangulaire étonnante. Certains disent que la place évoque un décor de théâtre orné de balcons et balustrades en fer forgé.
Elle héberge en son sein l’Eglise Sant’ignazio di Loyola, la seconde plus importante église jésuite de Rome. Celle-ci possède également son lot de surprises puisque son dôme est un trompe-l’œil, on croit à son existence simplement grâce à une peinture sur le plafond. Outre cette église et le palais, la place abrite surtout des maisons dédiées aux particuliers, et non pas des bâtiments à usage public, chose plutôt rare à Rome.

 

La piazza della Rotonda

Célèbre pour abriter le Panthéon, l’un des monuments immanquables de Rome, la petite piazza della Rotonda est l’un des lieux les plus vivants et touristiques de la capitale, et ce depuis des décennies.
Le Panthéon, ancien temple transformé en Eglise au 7e siècle (« Sainte Marie et les martyrs »), trône fièrement à cet endroit depuis l’Antiquité. Ce monument a attiré autour de lui bien des commerçants, jusqu’à ce que ses façades soient totalement obstruées par les dédales de remises et de petits commerces. Au 15e siècle, le pape Eugène IV ordonna ainsi que ces derniers soient rasés et la place construite.
Depuis, la place n’a jamais perdu son aspect vivant et commercial : au 19e siècle, celle-ci était connue pour son marché aux oiseaux, mais également son marché aux légumes et poissons en tout genre. Cette dernière était le lieu de nombreuses célébrations, et était constamment en mouvement, parfois même jusqu’à en agacer le pape puisque sur le bâtiment en face du Panthéon une plaque rappelle les nombreuses interdictions papales contre les tavernes et les bordels du 18e siècle.
Au centre de la Piazza della Rotonda, la majestueuse Fontaine du Panthéon construite par Giacomo della Porta en 1575 est ornée d’un obélisque égyptien.
Aujourd’hui, cette place est l’un des lieux les plus huppés de la ville pour boire son aperitivo. La place est constamment vivante, visitée chaque année par des milliers de touristes émerveillés.

 

La piazza Sant’Egidio

Placée en plein cœur du quartier branché de Trastevere, à quelques rues seulement de la piazza Di Santa Maria, la petite place est plus intime, plus chaleureuse, et possède une histoire riche.
Baptisée après Gilles l’Ermite, saint patron des infirmes et des mendiants, cette place romaine est l’emblème de la charité chrétienne. Son église est en effet le siège de la Communauté de San Egidio fondé en 1968 par des étudiants pour venir en aide aux pauvres de la ville aux sept collines. Il est ainsi possible de s’asseoir à côté de la statue de « Homeless Jesus » installée sur la place pour célébrer les 50 ans de l’association défendant les pauvres, les handicapés et la paix à l’échelle internationale.
Plus humble que les autres places romaines, la Piazza San Egidio n’en est pas moins pittoresque. Les couleurs chaudes des bâtiments l’entourant couplées au bon vivre du quartier de Trastevere en font un lieu hospitalier qui vaut le détour.


La piazza del Popolo

Située au carrefour des rues commerçantes les plus importantes de la capitale, la Piazza del Popolo est un lieu incontournable du Nord de Rome.
Cette place très appréciée aussi bien des touristes que des Romains est très riche en histoire et en ornements. Transformée au 19ème siècle dans un style néo-classique, on trouve en son centre un obélisque amené depuis l’Égypte il y a 2000 ans mais aussi les Églises Jumelles donnant à cette place son atmosphère baroque.

Le monument principal reste cependant la basilique Santa Maria di Popolo, à côté de la Porta del Popolo, qui est l’une des églises les plus visitées de la ville grâce aux nombreuses œuvres qui y sont exposées, du Caravage à Raphaël.

La légende de cette église raconte qu’elle aurait été construite par le Pape Pascal II sur le Mausolée de Néron réputé pour avoir persécuté les chrétiens. La basilique devait chasser l’esprit malveillant du défunt empereur qui hantait ce quartier que les romains évitaient par superstition.
La place est notamment visible en prenant un peu de hauteur, depuis le parc de la Villa Borghèse.

 

Piazza del Campidoglio

La piazza del Campidoglio est l’un des points touristiques les plus importants de la ville. Située face au forum romain, sur le sommet de la colline de Campidoglio, la place abrite entre autres les immenses et très complets musées du Capitole.
Depuis le Moyen Âge, la zone du Capitole est le siège de l’administration civile de la ville. Cependant, la colline est peu à peu tombée en ruine, laissée à l’abandon par les romains. Il a fallu atteindre la visite à Rome de l’empereur d’Espagne Charles Quint en 1536 pour que le pape Paul III réalise l’urgence de rénover la place. Pour cela, il a fait appel au génie Michel-Ange pour réhabiliter la place.
Michel-Ange a encore une fois fait preuve de son talent avec cette place : rénovation des façades du Palazzo Senatorio, construction du Palazzo Nuovo, ajout d’une majestueuse statue en bronze représentant Marc Aurèle au centre de la place.
Les travaux furent achevés en 1655, plus de 100 ans après la mort de Michel-Ange qui ne put malheureusement jamais voir son œuvre finale.

 

Piazza Santa Maria


De l’autre côté du Tibre, la Piazza Santa Maria constitue le cœur antique de son quartier.
Carrefour essentiel de Trastevere, la place doit son nom à la Basilique Santa Maria qu’elle abrite. Fondée au IIIème siècle cette dernière est considérée comme étant la plus vieille église de Rome ouverte au culte. À ses côtés se trouve l’imposant palais San Castillo, propriété du Saint Siège, ainsi qu’une splendide fontaine. Si ce point d’eau a connu beaucoup de transformation au fil des siècles, la fontaine de la Piazza Santa Maria est connue pour être la plus vielle de Rome car construite sur une fontaine datant de l’époque d’Auguste.
 
Si l’on raconte que deux âmes vivent entre les bâtiments de cette place romantique, ce sont des dizaines d’entre-elles qui s’y retrouvent en fin de journée pour profiter des soirées romaines. Que ce soit dans les restaurants gastronomiques de la place ou sur les marches de la fontaine, c’est au moment de l’aperitivo que la place antique devient vivante.

 

La piazza San Pietro

Considérée comme le parvis du Vatican, la Piazza San Pietro (Place Saint-Pierre), est aussi impressionnante qu’incontournable lors d’une visite dans la ville éternelle. 
Situé à l’entrée de la Basilique Saint-Pierre, la plus importante du catholicisme, la place Saint-Pierre que l’on connait a été dessinée par le Cavalier Bernin à la demande du pape en 1656. Les exigences de ce dernier qui demandait une esplanade immense et la possibilité d’y voir la fenêtre pontificale ont fait de sa conception un véritable défi pour Bernini. Le « second Michel-Ange » est parvenu à apporter une réponse urbanistique et symbolique à la hauteur d’une place aussi importante pour le Vatican. Ainsi, la colonnade entourant l’esplanade prend la forme de deux bras pouvant accueillir une foule de 300.000 fidèles, faisant de la coupole de la Basilique la tête d’un corps idéal.
On trouve en son centre une fontaine entourant l’obélisque du Vatican sous laquelle reposerait le corps de Saint-Pierre à la suite de son martyre. La place est en effet construite sur l’ancien cirque de Néron réputé pour avoir persécuté les chrétiens et avoir ordonné des crucifixions au sein de son complexe où l’on trouvait cet obélisque rapporté d’Égypte. Ce sont également près de 140 statues de Saints tournées vers le centre de la place que l’on peut observer au-dessus des colonnades délimitant la place.

Ce lieu majestueux chargé de sens et d’histoire attire aujourd’hui de nombreux touristes venus visiter la Basilique Saint-Pierre, mais ce sont surtout les 150 000 catholiques réunis chaque dimanche pour assister à la messe qui se retrouvent accueillis par les bras imaginés par Le Bernin.

 

Zora Decoust

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Marie Astrid Roy

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