L’allocution télévisuelle du Pape le dimanche 6 février

Par Le Petit Journal de Rome | Publié le 18/02/2022 à 07:00 | Mis à jour le 18/02/2022 à 07:00
Le Pape François dans un exercice inédit, image de la RAI 3

Le Pape François a délivré une allocation télévisuelle vibrante dimanche 6 février dernier, donnant une image humaine et touchante de la fonction pontificale.

 

Un entretien inédit

Le Pape aura donc accepté de se rendre (en duplex) dans le talkshow très populaire, Che tempo che fa, sur la chaîne du service public Rai 3. Durant une heure, interrogé par Fabio Fazio, il a mis en avant une certaine proximité devant un public nombreux. Plus de 7 millions de téléspectateurs ont suivi l’entretien, soit environ 25% de part d’audience, des chiffres unanimement qualifiés d’historiques pour cette innovation. En effet, c’était la première fois qu’un Pape utilisait ce moyen de communication. Traditionnellement, il s’exprimait lors de séances privées filmées, ou lors de l’angelus tous les dimanches. Cette intervention d’une heure témoigne sa volonté de toucher un public plus large, pas forcément catholique, afin de faire passer ses messages.

 

Des messages classiques

Le Chef de l’Eglise a tout d’abord décliné ses discours habituels sur l’actualité. Il a rappelé la terrible situation humanitaire des migrants dans la Méditerranée, deux mois après s’être rendu à Lesbos, île grecque en première ligne de la crise migratoire. Il a insisté sur la dimension humaine de ces personnes, trop souvent ignorées et mises dans des « catégories » à part. A l’inverse, le Pape a délivré un message de paix, exhortant à la fin de la production d’armes, et donc d’humanité. Le Pontife a également parlé d’environnement, qualifiant le rejet de plastique dans la mer d’acte « criminel », et a eu des mots pour la jeunesse, dont il s’inquiète de l’état mental, durement éprouvée après deux années de crises sanitaires, et qui a du mal à se projeter dans le monde.

 

Une approche humaine de la fonction pontificale

Si l’intervention du Pape s’inscrit dans la continuité de ses grands combats (migrants, jeunesse), une facette plus humaine du Chef de l’Eglise s’est dévoilée tout au long de l’allocution. Par exemple cette confidence sur sa vie privée, lorsqu’il explique le métier qu’il voulait faire lorsqu’il était enfant. Loin d’ambitionner de devenir souverain pontife, le jeune François pensait devenir boucher, car lorsqu’il allait faire des courses avec sa mère et sa grand-mère, « tout le monde le payait ». Le Pape a par ailleurs fait la promotion de l’amitié, insistant sur la nécessité pour tout Homme d’être entouré de personnes sur qui compter et pouvoir compter, s’incluant dans cette humanité. Il a ainsi expliqué que ses amis, peu nombreux mais « vrais »,  sont indispensables pour lui « donner de la force », renvoyant une approche humaine de la fonction pontificale. Il a enfin exhorté à utiliser l’humour avec la prière de Thomas Saint More, qu’il récite depuis quarante ans, ce « médicament » qui nous permet d’affronter la vie.

 

Clément Lefebvre

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Marie Astrid Roy

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