A l’occasion des élections des conseillers des Français de l’étranger le 31 mai prochain (du 22 au 27 mai par Internet), nous sommes allés à la rencontre des cinq candidats tête de liste pour la circonscription consulaire de Rome. Pierre Choraine se présente sous la liste Les Ecologistes – EELV.


Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?
Père de trois enfants, je vis en Italie depuis 2016. Après un parcours européen et citadin, j'ai fait, avec mon épouse italienne, le choix d'une vie plus simple au contact de la nature à Anghiari en Toscane, où nous gérons un bed-and-breakfast familial. Conseiller sortant, je me représente pour continuer à porter le projet politique des Écologistes, contribuer à la réélection de nos deux sénatrices Mélanie Vogel et Mathilde Ollivier, et être le relais des Françaises et Français de notre belle circonscription.
Que représente pour vous la mission principale de conseiller des Français de l'étranger ?
Les prérogatives des conseillers des Françaises et Français de l’étranger sont assez limitées. Nous sommes essentiellement un point de contact pour les résidents français de notre région, même si le premier point de contact est et doit rester le consulat.
Par contre, et c’est une dimension méconnue mais ô combien importante pour la vie de notre démocratie, nous sommes grands électeurs des 12 sénatrices et sénateurs qui représentent les Françaises et Français établis hors de France. A ce titre, les dernières élections consulaires ont permis à Mélanie Vogel et Mathilde Ollivier de faire leur entrée au Sénat, où elles font un formidable travail, au service de nos préoccupations et de nos valeurs.
Comment avez-vous constitué votre liste ?
Notre liste est composée de citoyens ordinaires, qui ont fait le choix de se mobiliser à l’occasion de cette élection autour des mêmes valeurs écologistes et humanistes. Elle a l'expérience d'un premier mandat et se repose sur un collectif représentatif de toute notre circonscription : citadins, ruraux, insulaires.
Pourquoi est-il important pour les Français de l’étranger de prendre part à ces élections consulaires ?
Alors que nos sociétés, nos démocraties, notre planète sont plus que jamais à un point de bascule, ces élections sont pour nous, Françaises et Français de l'étranger, une occasion unique de se mobiliser. Se mobiliser autour de nos préoccupations et de nos valeurs, pour élire directement, les conseillères et conseillers, et indirectement les sénatrices et sénateurs, qui vont nous représenter.
A titre d’exemples, je voudrais citer la mission sénatoriale sur l’enseignement en langue française, l’inscription de l’IVG dans la constitution et le fait de garantir ce droit même à l’étranger, la suppression du délai de carence de la sécurité sociale pour les retours en France, le calcul des retraites et l'équité pour les carrières à l'international, le droit à un compte bancaire en France, toutes ces batailles menées par nos sénatrices pour répondre à des problèmes concrets des Françaises et Français de l’étranger et fruits d’une représentation qui fonctionne.
Signer des pétitions, contre la loi Duplomb, contre le projet de loi Yadan, contre l’augmentation des frais de scolarité, est devenu aujourd’hui le moyen privilégié de l’expression citoyenne. Mais il faut aussi se mobiliser au moment des élections et voter pour avoir une représentation politique en accord avec nos valeurs.
Et, j’en profite pour remercier lepetitjournal.com qui nous donne l’opportunité de mettre en lumière ces élections et d’en expliquer l’importance. J’en profite également pour souligner que nous représentons également les Françaises et Français de Malte, en espérant que cet article nous permette de les atteindre également.
Quel est selon vous le plus grand défi auquel font face les Français de votre circonscription ?
Je ne sais pas si c’est un défi, mais je dirais la confiance dans l’action politique et l’importance de se mobiliser pour ces élections, à travers lesquelles se joue la représentation politique des Françaises et Français qui vivent à l’étranger.
Et pour ce qui est de l’élection et du vote en lui-même, ce sera de bien recevoir son identifiant et son code d’accès, de jongler entre boîte mail, messagerie et portail de vote, et d’appuyer sur les bons boutons… blague à part, le vote en ligne, même s’il peut représenter une barrière pour les générations les plus anciennes, offre néanmoins la possibilité au plus grand nombre de pouvoir voter sans devoir se déplacer, ce qui n’est pas un mince avantage lorsque l’on habite loin des bureaux de vote.
Pouvez-vous nous détailler les grands axes de votre programme pour ces élections ?
De la consultation que nous avons faite en amont de ces élections, nous avons retenu six grandes problématiques.
Éducation inclusive et solidaire : problèmes de gouvernance, personnel précarisé, mixité sociale érodée, réseau au bord de la faillite, les lycées français de par le monde sont en crise, en premier lieu le Lycée Chateaubriand de Rome, où une hausse de 40% des frais de scolarité sur trois ans est annoncée, menaçant la scolarité des enfants des familles les plus modestes. Nous refusons la privatisation rampante du réseau, l’exclusion progressive des familles modestes, la discrimination dans l’accès aux dispositifs d’accompagnement du handicap. Notre objectif est de maintenir une éducation inclusive et solidaire.
Une retraite solidaire pour toutes et tous et une égalité de traitement : Lorsque l’on part s’établir à l’étranger, on pense à beaucoup de choses… mais pas forcément à l’impact que cela aura sur le montant de sa retraite… et pourtant… Les personnes qui ont travaillé à l’étranger sont malheureusement pénalisées dans le calcul de leur pension française, notamment lorsque certaines périodes ne sont pas validées ou lorsque la durée de carrière en France est inférieure à trente ans.
Nous proposons la création effective d’un groupe de travail parlementaire dédié aux retraites des Françaises et Français de l’étranger, une évaluation officielle des inégalités existantes et une meilleure représentation dans toutes les instances concernées. Notre objectif est simple : garantir l’égalité des droits pour chaque année cotisée en France, où que l’on ait exercé sa carrière.
Transport durable : On en rêve ! du Palatino… ce train de nuit qui reliait les deux capitales Paris et Rome, en traversant les Alpes. Alternative écologique au transport aérien, cette solution permettrait aussi aux étudiants français en Italie de tirer pleinement profit de la bourse Erasmus Green, qui encourage l'usage du train ou du bus plutôt que de l'avion.
Dans le sillage des batailles menées pour relancer le Paris-Berlin et le Paris-Vienne, mobilisons-nous, avec le soutien d'Europa Verde, pour la remise en service de cette ligne historique.
Culture, éducation, services consulaires : penser au territoire : Loin des grands centres urbains que sont Rome, Naples ou Florence, la communauté française est une réalité bien lointaine, et l’accès aux services consulaires, aux établissements d’enseignement en langue française, aux réseaux FLAM et associatif, à l’offre culturelle des Instituts français est une gageure voire tout simplement impossible.
Nous nous engageons à porter également la voix des Français, Françaises, familles franco-italiennes, binationaux qui vivent sur le territoire pour permettre une réflexion sur la déconcentration de l’offre culturelle et des services destinés à la communauté française.
Lutte contre les discriminations et les violences sexistes et sexuelles : L’isolement, la dépendance administrative ou financière, la barrière linguistique ou encore l’éloignement social et familial peuvent compliquer l’assistance aux victimes de discrimination ou de violences lorsqu’elles résident à l’étranger. Cette complexité accrue nous oblige à mettre en place une aide adaptée.
Tout en saluant les efforts déjà entrepris par le réseau consulaire, nous proposons notamment une formation systématique des agents consulaires à l’accueil, l’écoute et l’orientation des victimes, la tenue d’un annuaire local des ressources utiles aux victimes, afin d’assurer une réponse efficace, et enfin, lorsque nécessaire, une aide au retour en France.
Interruption Volontaire de Grossesse : Même si légale depuis 1978 en Italie, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) reste soumise à de trop nombreuses contraintes : poids des médecins et du personnel hospitalier objecteur de conscience, pressions psychologiques, présence de groupes anti-choix au sein des services de consultation familiale, disparités régionales... tout est fait pour décourager les femmes et les couples d'avoir recours à l’IVG.
Dans ce contexte, nous proposons notamment, lorsque l’IVG est inaccessible dans le pays de résidence, comme cela peut être le cas en Italie, que l’Etat français ait l’obligation d’organiser le rapatriement de ses ressortissants pour permettre cette IVG en France.
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