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Carole de Blesson : « Défendre nos compatriotes et agir concrètement »

A l’occasion des élections des conseillers des Français de l’étranger le 31 mai prochain (du 22 au 27 mai par Internet), nous sommes allés à la rencontre des cinq candidats tête de liste pour la circonscription consulaire de Rome. Carole de Blesson se présente sous la liste ASFE – Continuer à défendre, accompagner et agir concrètement pour les Français d’Italie et de Malte.

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Carole de Blesson, candidate aux élections des conseillers des Français de l'étranger
Écrit par Lepetitjournal Rome
Publié le 5 mai 2026

Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?

Petite-fille d’un ambassadeur de France, j’ai grandi entre Rome et la France depuis l’âge de cinq ans. La réalité des Français de l’étranger, je ne l’ai pas découverte, elle fait partie de mon identité.
Ancienne élève du Lycée Chateaubriand à Rome, j’y ai reçu ce que la France offre de meilleur à ses enfants à l’étranger : exigence, culture et ouverture sur le monde. Mon parcours en sciences politiques à l’international m’a menée à Londres, New York, Sydney puis Turin, où j’ai travaillé dans la finance, la communication et l’événementiel jusqu’aux Jeux Olympiques. Une chance, mais aussi une responsabilité : quand on connaît cette réalité de l’intérieur, ce que c’est d’être un Français loin de la France, on sait ce que l’on doit aux autres. En 2021, j’ai choisi de m’engager concrètement, d’abord à la présidence de Rome Accueil, puis comme conseillère des Français de l’étranger, soutenue par l’ASFE. Ce mandat m’a confirmé une chose simple : un élu absent ne sert à rien. Sur le terrain, dans les dossiers, au contact direct des Français, j’ai appris que ce rôle se joue là où ça bloque, là où il faut répondre présent.
C’est cette conviction, forgée par cinq années d’action, qui me pousse aujourd’hui à poursuivre mon engagement à leurs côtés. 


Que représente pour vous la mission principale de conseiller des Français de l’étranger ?

C’est à la fois un rôle encadré et un engagement bien plus large. Il y a les obligations — conseil consulaire (bourses, STAFE, sécurité) — mais un mandat ne se résume jamais à cela. La vraie différence, c’est ce que l’on décide d’y ajouter.
D’abord, l’information. Car la première inégalité entre Français de l’étranger, c’est l’accès à une information fiable. Depuis 2021, j’ai ouvert les canaux : newsletter, réseaux sociaux, visioconférences, et surtout 10 réunions et un webinaire gratuits avec des experts de haut niveau sur des sujets de fiscalité franco-italienne, immobilier, successions, retraites. Elles ont eu lieu à Rome, Florence et Naples parce que l’information ne doit pas être un privilège de capitale. La dernière, le 22 avril à Rome, a réuni 80 personnes. Nous continuerons.
Ensuite, la présence, réelle, constante, sur le terrain, au téléphone, dans les dossiers, sur les démarches administratives, fiscalité, scolarité, retraites, soutien aux associations, situations d’urgence, violences faites aux femmes. C'est dans ce lien direct, patient, sans caméra, que se tisse ce qui m'est le plus cher : la relation aux Français et aux binationaux de notre circonscription. C’est aussi ainsi qu’est né localement, pendant le Covid, le dispositif Save You de The Sorority, aujourd’hui déployé dans nos consulats.
Agir, c’est aussi entrer dans les rouages, identifier les blocages et les faire sauter. Alerter quand un dispositif est dépassé, pousser pour ouvrir un service, ne rien lâcher tant qu’un dossier n’avance pas. Et défendre sans relâche nos réalités : être Français en Italie ou à Malte, ce n’est pas être Français en France.
Enfin, rien ne se fait seul. Ce mandat n’a de sens que dans une chaîne d’action : avec les consulats, les conseillers et sénateurs ASFE, les ministères, l’Assemblée des Français de l’étranger. C’est là que les blocages remontent, et que les solutions prennent forme. 
Pendant cinq ans, j'ai tissé ce réseau patiemment, pour défendre nos compatriotes et agir concrètement.
 

Comment avez-vous constitué votre liste ?

Mon équipe s’est construite sur le même principe qu’en 2021 : couvrir tout le terrain et travailler ensemble pour la durée du mandat à venir. Trop de listes se construisent autour d’une seule tête, d’une seule ville alors que le reste n’est que remplissage. Pas la nôtre. Ce sont des gens ancrés dans chaque bassin de vie de notre circonscription, qui connaissent les réalités locales de l’intérieur et qui sont là pour agir, pas pour figurer.

•    Pierre Bigot, à Malte, est dans mon équipe depuis 2021. Ancien membre du CDA de l’Alliance Française et ancien président de l'association Malte Accueil, il connaît la communauté française de Malte de l’intérieur notamment les arnaques au logement qui touchent durement les nouveaux arrivants. Il est par ailleurs le seul représentant de Malte sur l'ensemble des listes en présence.
•    Patrizia Pierfederici, à Cerveteri, est militante de longue date sur les questions environnementales et la prévention des risques climatiques. Issue d’une liste concurrente en 2021, elle nous a rejoints par conviction : du concret, pas des slogans. Elle est notre pilier sur l’écologie pratique et les risques climatiques. Son expertise alimente directement mon engagement sur ces sujets. 
•    Jérémy Caire, installé en Toscane entre Florence et Livourne, est un multi-entrepreneur très actif sur les réseaux et au sein des communautés binationales liées à la gastronomie et à la vie en Italie. Il connaît les nouveaux usages et les défis concrets de ceux qui entreprennent loin de chez eux. Il porte l’axe entrepreneuriat et le lien avec les nouvelles générations, notamment via les réseaux d’influence parce que nos compatriotes qui entreprennent méritent visibilité et soutien. 
•    Maina Charaudeau partage son temps entre Naples et Palerme. Profondément engagée dans le tissu associatif et culturel du Sud, elle anime des projets qui font vivre la francophonie dans des territoires où elle est moins visible, et porte la voix de communautés du Sud que les élus oublient trop souvent en plus de ses activités de graphisme et de communication.
•    Pierre Belorgey vit et travaille entre Rome, le Centre-Sud et le Mezzogiorno depuis 14 ans. Également dirigeant, il est en lien quotidien avec les chambres de commerce et les communautés professionnelles, connaît les réseaux d'affaires italiens de l'intérieur, et la réalité des Français qui s'installent, créent, ou tentent de s'implanter dans ces régions.
•    Sandrine Rue, à Rome, est une mère engagée et une professionnelle de la communication, elle est la référence de notre liste sur tout ce qui touche à la scolarité et aux mamans solo, deux sujets qui concernent une part importante de notre communauté.

 

liste Carole de Blesson


Pourquoi est-il important pour les Français de l’étranger de prendre part à ces élections consulaires ?

Parce que le poids politique d’une communauté se construit avec ses bulletins de vote. Durant ce premier mandat, j’ai pu, grâce à nos sénateurs ASFE porter 22 questions au Sénat sur des problématiques concrètes qui touchent directement nos compatriotes en Italie. J'ai été présente à chaque conseil consulaire, sans exception : c'est le bilan d'une représentation active, engagée et déterminée.
Mais imaginez ce que nous pourrions faire avec encore plus de poids. Plus nous votons, plus nous existons aux yeux du gouvernement. Et plus nos problématiques — fiscalité franco-italienne, accès aux services consulaires, protection sociale, éducation — sont prises au sérieux, traitées en priorité. Les Français de notre circonscription sont 17.496 électeurs inscrits. C’est une force qui ne demande qu’à être entendue. Le 31 mai, votre vote n’est pas un geste symbolique. C’est un levier. Utilisez-le.
Aux dernières consulaires, nous étions à peine 15 % à voter : nous devons aller bien au-delà. Une communauté qui ne vote pas est une communauté qu'on écoutera peu.
 

Quel est selon vous le plus grand défi auquel font face les Français de votre circonscription ?

L’invisibilité de leurs problèmes, et parfois leur urgence. Des retraités à faible revenu redressés fiscalement en Italie par méconnaissance de leurs obligations fiscales italiennes. Des enfants qui héritent de dettes d’un pays où ils n’ont jamais vécu. Des personnes âgées isolées sans interlocuteur. Des femmes en difficulté sans ressource ni information.
Mais il y a un sujet qui monte fort et qui me préoccupe profondément : l’augmentation des frais scolaires et la baisse des budgets alloués aux bourses. Ce sont les familles françaises de la classe moyenne qui en paient le prix — celles qui gagnent trop pour être aidées et pas assez pour absorber des hausses qui, année après année, les poussent hors de nos établissements. Quand une famille française ne peut plus scolariser ses enfants dans le système français faute de moyens, c’est un échec collectif. Mon rôle, c’est précisément d’insister, de porter ces sujets avec force et constance auprès du ministère, au Sénat, auprès des consulats, sans relâche.
 

Pouvez-vous nous détailler les grands axes de votre programme pour ces élections ?

J'ai travaillé avec mes colistiers sur cinq axes, tous ancrés dans du concret que vous trouverez sur notre site internet :
1.Femmes & mamans solo — 57 % de notre électorat est féminin. Fiches pratiques sur les droits et les aides, groupes d’échange mensuels, plaidoyer pour les bourses scolaires des enfants de mères isolées, et un dispositif d’alerte face aux violences conjugales. Pendant ce premier mandat, j'ai notamment initié le comité de sécurité à la question des violences intrafamiliales. C'est un travail que je veux poursuivre et amplifier, en mettant en place des permanences dédiées aux femmes en difficulté, aux mamans solo, et aux femmes en sortie de violences conjugales. 

2. Risques climatiques & écologie pratique — Vivre en Italie, c’est vivre sur un territoire magnifique mais exposé : séismes, éruptions volcaniques autour du Vésuve et des Champs Phlégréens, inondations, incendies. Nous devons être mieux préparés, mieux informés, mieux protégés. Je porte plusieurs propositions concrètes en ce sens, à commencer par l'extension d'un dispositif d'îlotiers à l'ensemble de la circonscription, et un travail d'adaptation des outils d'information existants à notre communauté française. En parallèle, des actions citoyennes concrètes — antigaspillage, recyclage, nettoyages collectifs avec des associations locales — pour faire de l’écologie un réflexe. 

3. Éducation, culture & francophonie — L'éducation est l'un des principaux sujets d'inquiétudes dans nos familles. Notre modèle d'enseignement français à l'étranger est aujourd'hui mis en danger par les contraintes budgétaires qui pèsent sur l'AEFE. Or ce modèle n'est pas un luxe : c'est un joyau de lien et d'influence, l'un des piliers de notre rayonnement à travers le monde. La réforme de l'AEFE est attendue avec autant d'impatience que d'inquiétude, et je serai vigilante à son contenu. Plusieurs combats sont devant nous : revoir les critères des bourses ; reprendre sérieusement la question du tarif différencié ; maintenir une attention continue aux élèves de Rome, Florence, Naples et Malte sur les sujets d'inclusion et de harcèlement scolaire. Les associations FLAM, qui font vivre la langue française méritent d'être pleinement valorisées et soutenues. Et je continuerai à me battre pour que Parcoursup soit enfin adapté à la réalité des lycéens français de l'étranger, trop souvent pénalisés par un système pensé sans eux.


4. Santé, seniors & retraite — On estime que 42% de nos électeurs ont plus de 55 ans. Je veux mettre en place des outils sociaux adaptés au grand âge et un accompagnement concret à la numérisation, parce que l'isolement numérique aggrave l'isolement tout court. Je continuerai d'aller à leur rencontre, avec une information claire sur la fiscalité, les droits à la retraite et à la santé, pour construire un véritable système de veille au plus près des plus isolés. 

5. Entrepreneuriat — En Italie, les Français créent, entreprennent, innovent — souvent seuls, souvent sans filet. Véritables ambassadeurs de notre savoir-faire, ils créent de l’emploi, du lien et font rayonner la France dans un contexte exigeant. Mais leur agilité est aujourd’hui fragilisée par l’accumulation des contraintes, des incertitudes économiques et des lourdeurs administratives, en France comme en Italie. Aussi, nos sénateurs ASFE portent un projet de loi pour un label des entrepreneurs français de l’étranger. Sur le terrain, je m'engage avec mon équipe à renforcer les outils d'information et de mise en réseau en lien avec l'ensemble des acteurs du tissu économique et entrepreneurial.
Et au-dessus de tout cela : des réunions d’information thématiques régulières avec des experts — fiscalistes, juristes, notaires — pour que l’information de qualité soit accessible à tous, pas seulement à ceux qui ont les bons contacts. C’est ça, représenter vraiment.

 

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