Jeudi 17 octobre 2019
Édition Internationale
Édition Internationale
  Ne manquez plus les
dernières nouvelles
S'abonner

Rémunération des profs : la France peut mieux faire !

Par Selma Djebbar | Publié le 23/09/2019 à 18:02 | Mis à jour le 24/09/2019 à 09:55
rémunération prof OCDE

De nombreux enseignants publient sur les réseaux sociaux leurs rémunérations sous le hashtag #balancetafichedepaiedeprof. Pourquoi ? Pour protester contre leurs salaires et leurs conditions de travail, bien en-deçà de certains pays de l'OCDE.

De quoi mettre de l'eau dans le moulin des professeurs français qui réclament depuis de nombreuses années une revalorisation salariale. C'est en tout cas ce que le rapport annuel « Regards sur l'éducation » dévoile : les salaires des enseignants français sont en dessous de la moyenne des pays de l'OCDE en 2018, même si la courbe semble se stabiliser vers la fin de carrière.

On observe qu'en début de carrière, le salaire des professeurs est de 7% inférieur à la moyenne des pays de l'OCDE. Les enseignants français gagnent autour de 28,000 euros (brut) par an dans le primaire, contre 29,900 pour la moyenne des pays de l'OCDE.

Les professeurs de lycée français en début de carrière gagnent 29,400 euros contre 32,423 euros pour la moyenne des pays de l'OCDE. L'écart se creuse en milieu de carrière. Prenons l'exemple d'un professeur avec 15 ans d'ancienneté, en France il gagne 35,550 euros contre 43107 euros pour la moyenne de l'OCDE.

 

Des salaires français en baisse entre 2000 et 2018

Tous niveaux confondus, les enseignants français gagnent 22% de moins que la moyenne des pays développés en milieu de carrière.

Si l'on prend en considération les primes et le paiement des heures supplémentaires, le salaire net des en enseignants ayant entre 25 et 64 ans était légèrement supérieur en 2017 à la moyenne de l'OCDE, sauf pour les professeurs de l'élémentaire qui perçoivent peu de primes.

Le rapport met en lumière qu'entre 2000 et 2018, le salaire des enseignants qualifiés et ayant 15 ans d'ancienneté a augmenté dans la moitié des pays de l'OCDE, sauf en France qui fait figure d'exception, où le salaire a diminué de 6%, avec l'Angleterre et la Grèce, respectivement 3% et 17% de baisse.

Rémunération dans la moyenne mais loin des têtes de liste

Toujours selon le rapport, la France a du mal à se positionner et à concurrencer les têtes de liste – Allemagne, Pays-Bas, Autriche et États-Unis qui cumulent les bons points.

Par exemple, un enseignant en fin de carrière au collège gagne beaucoup mieux sa vie en France (54 444 dollars) que dans la moyenne des pays de l'OCDE (49 944). Son salaire se rapproche de celui des meilleurs de la classe. Mais les professeurs autrichiens (83 167), néerlandais (76 347) et américains (61 919) font encore la course en tête.

Graphique salaire des enseignants du collège en fin de carrière

La situation financière d'un enseignant de lycée approchant de l'âge de la retraite est similaire. Avec 58 636 dollars, le prof français est mieux rémunéré que la moyenne dans l'OCDE (54 139), mais il reste nettement moins bien payé que l'Autrichien (91 260), le Néerlandais (76 347) et le Danois (71 799).

Parmi leurs revendications de rentrée, les syndicats enseignants français ont fait de la revalorisation salariale une priorité, ce qui laisse entrevoir une rentrée sous tension. Le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, a annoncé l'ouverture d'un dialogue sur la question, tout en admettant à demi-mot qu'augmenter l'ensemble du corps enseignant sera compliqué.

Quid des enseignants des lycées français à l'étranger ?

Les enseignants français exerçant dans le réseau des lycées français à l'étranger ne sont pas concernés par ce classement. Ils bénéficient d'un statut particulier lié à leur affectation. Selon le pays, le niveau de vie, la durée de leur détachement, leur situation familiale ainsi que leur échelon, ils percevront des indemnités pour service à l'étranger. La rentrée s'annonce cependant tendue, avec en perspective la réforme de l'AEFE dont les annonces récentes ont soulevé beaucoup de questions. 

Lire aussi notre article sur la réforme de l'AEFE, en cliquant ici


 

Nous vous recommandons

Selma Djebbar Journaliste

Selma Djebbar

Traductrice de formation, diplomate spécialisée dans les pays d'Europe du Sud et aujourd'hui stagiaire en Journalisme - ESJ Paris -
0 Commentaire (s)Réagir