Samedi 31 octobre 2020

May Ghadanfar ou le design à l’heure cathartique

Par Femmes Leaders - avec le soutien de Ortoli Rosenstadt LLP | Publié le 15/10/2020 à 14:38 | Mis à jour le 15/10/2020 à 14:50
Photo : May Ghadanfar
Design durable

Obnubilée par la décoration des fêtes et des jours normaux depuis son plus jeune âge, May Ghadanfar a, aujourd’hui, décidé de vivre de sa passion. Cette Française vivant à New York depuis une dizaine d’années a le réflexe de décortiquer, en un coup d’œil, chaque détail cognitif et émotionnel de tout bel intérieur qui l’interpelle.

Interview de la Head of Design & Production à ArcadiaEarth, un musée immersif dédié au développement durable.

 

Design durable

©️May Gahdanfar

 

Houda Belabd pour Lepetitjournal.com New York : Votre cursus universitaire est à la fois artistique, technique, pratique et théorique avec un zoom-avant sur l’histoire de l’aménagement intérieur et du design. Parlez-nous de cet engouement pour le design intérieur sous toutes ses formes.

May Ghadanfar : Quand j’ai commencé mes études à la New York School of Interior Design, mon domaine d'intérêt de base était le design résidentiel. Au fil du temps, je me suis tournée vers le design commercial. J’ai été attirée par l’architecture intérieure des boutiques, hôtels, et restaurants. Après ma participation en 2017 au « Dining by Design » de DIFFA (Design Industry Foundation Fighting Aids), au sein du Architectural Digest Show, j’ai réalisé que je voulais faire de l’art d'installation, les exhibitions, et le design expérientiel, ma vocation. J’ai donc focalisé mon attention et mes recherches sur le design expérientiel et comment l’art et le design d’espace peuvent influencer nos sentiments et émotions. Ma thèse à NYSID s’intitulait The Museum of Feelings (Le Musée des Émotions) qui fut une exhibition conservée se basant sur la roue des émotions de Plutchik. Finalement, en Master à la Fashion Institute of Technology, j’ai poursuivi mes études sur les exhibitions et le design d'expérience.

 

Quelle place occupe la ville de New York dans votre œuvre ?

Ayant vécu à New York durant les 10 dernières années, j’ai développé une passion pour l’exploration de la ville à la recherche d’Art de l'Installation. Je ne peux pas vous dire comment tout cela a commencé : si c’était devant une vitrine de Noël sur le 5th Avenue, à l’exhibition de Dan Flavin à la galerie David Zwirner, ou une devant simple installation cinétique quelque part dans le Lower East Side, mais presque chaque installation que j’ai découverte a suscité de l’admiration chez moi. Ces idées peuvent satisfaire le psychisme humain par le biais d’une expérience immersive. J’ai donc pris l’habitude d’ajouter à mes favoris sur Google Maps plusieurs endroits, dispersés un peu partout dans le monde, comme un magasin bien conçu qui attire l’attention de clients, des restaurants stimulant une ambiance unique, des musées, des galeries d’art, voire des salons captivants. Par conséquent, New York est un lieu déclencheur de ma créativité qui ne cesse d'évoluer.

 

Parlez-nous des distinctions que vous avez déjà reçues.

J’ai reçu de nombreuses distinctions issues de mes projets universitaires, dont le design d’un meuble pour l’exhibition d’Ethan Allen: « Redefining Traditional, Style for Today’s Home ». J’ai aussi obtenu un prix pour « Create », une compétition organisée par NYSID et « Prop n Spoon », une compagnie de location de meubles et de fabrication, pour la création d’une chambre fictive.Tout cela a abouti à la remise du prix du Chairman Award à la fin de mes études, récompensant une réussite créative remarquable. Un prix qui me tient particulièrement à cœur, est la création d’un musée sur le développement durable, ArcadiaEarth, basé à New York. C’est un musée qui juxtapose l’art, le design et la technologie et ce, en collaboration avec des artistes locaux. Chaque exposition est conçue pour mettre en avant l’un des sujets suivants : l’Eau, la Terre, l’Air et le Bien-Être. De nombreux articles sur ArcadiaEarth ont été publiés dans le New York Times, le magazine Vogue et Forbes, entre autres.

 

Quels sont vos projets artistiques à court terme ?

Pour ArcadiaEarth, un élément essentiel de notre projet à court terme est la réouverture de notre site initial à New York, avec des mises à jour et quelques améliorations de nos expositions en cours, nous étions dans l’obligation de fermer notre site à la suite de la crise sanitaire. Nous nous intéressons aussi à une approche plus digitale. Étant un partenaire du Department of Education, ainsi que des Nations Unis, nous développons un outil pédagogique qui met à profit la « Réalité Augmenté », faisant étalage de l’importance du développement durable, et comment des gestes simples prises dans notre quotidien peuvent avoir un effet énorme sur l'environnement.

 

Design durable

©️AcadiaEarth

 

Quels sont vos projets artistiques à long terme ?

À ArcadiaEarth, nous voulons continuer de promouvoir nos musées de développement durable et leur expansion dans différents lieux. Avant la crise du COVID-19, nous travaillions sur un musée plus grand et plus développé à Los Angeles, qui aurait abordé des sujets environnementaux spécifiques à la localisation géographique de la ville. De plus, nous continuons notre mise au point technologique avec l’utilisation de la « Réalité Augmentée » et « Réalité Virtuelle » afin d’atteindre un public vaste qui reste chez lui à cause de la pandémie. Quant à mes projets personnels, j’ai élaboré la dissertation de mon programme de Master autour du design expérientiel et la santé mentale, qui a été publié dans Dezeen, un magazine influent sur l’architecture, d'intérieur, et le design. À travers le design biophilique - l’utilisation d'éléments naturels pour des expériences environnementales – multi-sensorielle, cette expérience aura des solutions restauratrices aux facteurs de stress incessant des grandes villes et des environnements urbains. J'espère que ce projet prendra forme assez vite, puisque notre société a besoin d'expériences immersives comme cela pour se détendre, se rajeunir, et faire de l’introspection, afin d’avoir une pause d’un mode de vie mouvementé.

 

Quelles leçons de vie avez-vous retenues en cette période de pandémie mondiale inattendue ?

Sur le plan personnel, cette crise sanitaire m’a ouvert les yeux sur certaines choses qu’on considère comme acquises. Je me suis rendue compte de l’importance de son propre bien-être, et du maintien de sa santé mentale, ainsi que la chance d’avoir son propre chez soi pendant un confinement. Sur l’aspect social, il était primordial de garder le contact avec son entourage, que ce soit la famille ou les amis, et de rester soudés quelque soient les circonstances.

 

Interview par Houda Belabd

Pour en découvrir davantage sur le travail de May Gahdanfar

 

 

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