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Women of New York : rencontre cinématographique avec Caroline Aragon

Par Portraits de Femmes - avec le soutien de Rue du Paradis | Publié le 18/08/2019 à 16:28 | Mis à jour le 18/08/2019 à 16:28
Photo : Caroline Aragon sur un plateau
Caroline Aragon

Caroline Aragon a toujours été passionnée par le cinéma et elle a décidé d’en faire son métier. En 2000, elle reçoit ce qui est sans doute « LA » nouvelle de sa vie : elle est acceptée à la School of Art de NYU, en Master « Film & Television ». En 2001, la parisienne s’envole pour New York. Elle pense à ce moment-là qu’elle reviendra en France après avoir terminé ses études.

Dans cette école d’excellente réputation, le réseau est important et les projets le sont tout autant. Elle créé, avec une amie de promo, la société de production Made in Film-Land  . Elles réalisent plus de 150 vidéos pour des entreprises. Montage, tournage, lumière, vidéos, publicités pour internet, vidéos internes dans le corporate... « jusqu’en 2008, on était vraiment super busy, le téléphone n’arrêtait pas de sonner, puis d’un coup, avec la crise, du jour au lendemain, tout s’est arrêté et le téléphone n’a plus sonné » raconte Caroline Aragon.

En 2009, elle prend la décision de revenir au cinéma. Elle fait la connaissance de James Franco. Elle produit pour l’acteur-réalisateur quelque 7 long-métrages, notamment des adaptations d’œuvres littéraires. Ils portent à l’écran « As I lay Dying » de William Faulkner, ce film sera même en compétition au Festival de Cannes. Ils adaptent aussi, du même auteur, « The Sound and the Fury » ou encore « Child of God » de Cormac McCarthy.

Pour son métier, Caroline est souvent aux quatre coins des États-Unis, mais aussi dans d’autres pays du globe. Le travail la mène loin, souvent sur des périodes longues, mais son coeur reste à New York. C’est sa ville, elle s’y sent bien, même si son projet est d’acquérir une maison à La Nouvelle-Orléans « pour quand je serai vieille » ironise-t-elle. Aux États-Unis, elle vit loin de la communauté française, pas forcément par choix, mais ce sont d’abord ses études, puis sa carrière qui la jettent dans une expérience communautaire, avec des amis qui viennent d’un peu partout dans le monde.

De son regard de femme, Caroline Aragon regrette que cette année encore, aucune femme réalisatrice n’ait été nommée aux Oscars 19, bien qu’elle reconnaisse que depuis l’affaire Weinstein, l’industrie du cinéma ait pris une tournure différente, à l’avantage des femmes. «  Dans les productions Netflix, ils cherchent des équipes de femmes tout simplement parce qu’ils ont peur des retombées presse, si la parité n’est pas respectée, Netflix organise également des meetings sur le « sexual harassment » avant chaque tournage.

Depuis le mouvement #metoo, la parole se délie. « Il y a des répercussions, tu t’aperçois que tu as quatre ou cinq amies proches qui ont pu confier leur situation, qui sont maintenant prête à en parler ». Ces femmes qui ne voulaient pas faire de vagues, refusaient aussi l’idée d’être une victime.

Caroline l’affirme, l’élection de Trump a aussi permis de réaliser les problèmes auxquels sont confrontées les femmes, d’une manière générale.

Mais malgré tout, Caroline garde un regard bienveillant sur les Américains et sur sa ville : New York. Des évènements comme le 11 septembre, le blackout ou encore Sandy lui ont chaque fois prouvé cet élan de générosité et de solidarité dont font preuve les new-yorkais. Et cette humanité ne pourrait l’éloigner de sa ville trop longtemps.

D’ailleurs, 18 ans après avoir posé ses valises, Caroline vient tout juste de faire venir de France ce qu’elle a de plus précieux : ses livres. Preuve que sa maison c’est ici, et qu’elle n’a pas l’intention de partir...

 

Article rédigé par Rachel Scharly - rédactrice en chef de l’édition New York du Petit Journal.

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