Les États-Unis auraient dû être son décor, ils restent un rêve…

Par Sandrine Mehrez Kukurudz | Publié le 27/04/2022 à 15:37 | Mis à jour le 28/04/2022 à 14:29
Photo : L’auteure Marie-Claire Bauceré Dehaene
Marie-Claire Bauceré Dehaene

Marie-Claire Bauceré Dehaene vit à la campagne, dans les Hauts-de-France, entourée de ses quarante chats, quatre chiens, poneys, chèvres, poules, canards et… de son mari. Un choix de vie qu’ils se sont autorisés à la retraite pour assouvir ce petit rêve d’Arche de Noé. Les contours de la petite ville ne sont pas loin, puisque le joli village de Cassel, élu village préféré des français en 2018, est à quelques kilomètres.

Pourtant, c’est de ce côté-ci de l’Atlantique que Marie-Claire aurait dû grandir, entourée des siens et promise à un avenir américain.

 

Auteur francophone

Marie-Claire Bauceré Dehaene

 

Tout était prêt pour le grand saut vers l’Amérique

« J’ai une histoire particulière avec l’Amérique, et aujourd’hui encore ce grand continent continue de m’attirer inexorablement » me raconte Marie-Claire Bauceré Dehaene avec une pointe d’émotion. L’histoire commence dans les années 50. La grand-mère polonaise de Marie-Claire, Maria, avait posé ses valises à Chicago. Cette mamie américaine avait toujours considéré la petite fille comme sa filleule de coeur et la relation entre les deux était toute particulière. Alors, quand le père de Marie-Claire a décidé de rejoindre Maria aux États-Unis, ce fut une aventure incroyable. Chaque mois, Marie-Claire recevait un billet d’un dollar, qu’elle conservait précieusement en attendant le grand jour. Les papiers administratifs avaient été lancés, et tout semblait s’organiser pour le grand départ vers le Nouveau Monde…. Mais la famille n’est jamais partie. « La vie en a décidé autrement, et je n’ai jamais su ce qu’il s’était passé, » raconte Marie-Claire avec une pointe de nostalgie. On ne posait pas de questions dans les années 50, dans son Nord, quand on est une petite fille. Et plus tard, il est trop tard.

 

Une existence faite de revanches sur la vie

Marie-Claire n’a pas toujours connu la vie apaisée d’aujourd’hui, mais elle a toujours pris son destin en main. Elle quitte l’école bien trop tôt, à l’âge de l’entrée au lycée, et cumule les « petits boulots ». Mais à quarante ans, elle rejoint les bancs de l’école et reprend ses études de langues et d’informatique. Elle travaillera chez Astra Zeneca et sa maîtrise de l’anglais lui ouvrira les grands espaces. Elle voyage pour l’entreprise et adore cela.

Elle a d’ailleurs rejoint Rencontre des Auteurs Francophones comme une autre revanche sur la vie, après avoir dialogué avec d’autres auteurs du réseau et pour se prouver qu’elle pouvait aussi gagner le pari de l’écriture et de sa diffusion aux Etats-Unis.

 

La rencontre qui l’amène à l’écriture

On dit qu’il est toujours une rencontre décisive dans la vie. Celle de Marie-Claire fut un enseignant à la retraite, formidable érudit et amoureux des mots.

Car Marie-Claire écrit depuis aussi longtemps qu’elle a appris à tenir un crayon. La lecture et l’écriture ont été depuis toujours un refuge pour cette enfant timide et réservée. Alors face aux affres de la vie, l’enfant couche sur papier son ressenti, comme un exutoire nécessaire.  Marie-Claire a tenu un journal toute sa vie, comme sa mère avant elle. Et à la mort de son père, elle a repris ces nombreuses pages pour en écrire un témoignage à laisser aux siens. Les deux journaux donnaient un sens particulier à sa narration et permettaient de relater avec émotion et pudeur l’histoire de cette famille du nord sur trois générations.

Marie-Claire confit alors quelques pages de son manuscrit à cet ancien enseignant, juste par curiosité. Mais les mots de l’auteure en herbe ont touché le cœur de l’homme, qui la pousse alors à aller plus loin en écrivant un véritable récit.

 

Un siècle de vie en Flandres

Ce livre est une peinture de la vie de la famille de Marie-Claire en Flandres, de la fin du 19e siècle à aujourd’hui. Si les journaux personnels de la mère et la fille ont été une première ossature du récit, Marie-Claire a fait de nombreuses recherches et notamment des études poussées de son propre arbre généalogique.

Dans ce premier livre, « Mon combat vers la lumière », disponible aux États-Unis sur Rencontre des Auteurs Francophones, se croisent bourgeois et paysans, entre guerres et paix, mais aussi immigrants européens dans cette France, terre d’accueil. Le lecteur voyage dans la Pologne des ancêtres maternels de Marie-Claire et dans l’histoire flamande et française de son père d’origine russe. L’auteure nous offre une saga familiale poignante qu’elle a toutefois romancé en partie. Un livre avec ses secrets de famille, ses violences psychologiques générationnelles, que Marie-Claire dénonce pour aller mieux et aider les autres à faire ce travail nécessaire.

 

Marie-Claire Bauceré Dehaene

Marie-Claire Bauceré Dehaene Et deux de ses précieux animaux

 

Ses projets : écrire et rencontrer les francophones des États-Unis

Depuis la sortie de ce premier ouvrage, Marie-Claire passe ses journées entre son arche de Noé, « tous ces animaux sont les enfants que je n’ai pas eus » et l’écriture.  Elle finalise un roman qui parle d’amour, mais aussi des carcans d’une éducation qui a été la sienne, qui empêche chacun d’être soi. Marie-Claire travaille également sur un thriller et a l’envie de s’atteler à la rédaction d’un livre à la cuisine de son Nord.

 

Elle sera aux États-Unis dans les mois à venir

Marie-Claire laissera chats, chiens, poneys et volailles dans sa campagne aux bons soins de son mari. Elle trépigne déjà à l’idée de rejoindre l’un des grands évènements prévus par Rencontre des Auteurs Francophones dans les prochains mois. Sera-t- elle au Festival des Auteurs Francophone en Amérique en novembre à New York ou choisira-t-elle de rejoindre le décor floridien des Rencontres des Auteurs Francophones du Monde à Miami début 2023 ? « J’aimerais ne pas avoir à choisir, c’est si tentant de vivre ces aventures Outre- atlantique » conclue Marie-Claire Bauceré Dehaene, impatiente de rencontrer ce public nouveau.

 

Pour commander Mon combat vers la lumière

Sandrine Mehrez Kukurudz

Sandrine Mehrez Kukurudz

Journaliste radio et presse écrite, dirigeante d’une agence de communication spécialisée dans la promotion de l’excellence française aux usa, créatrice de Rencontre des auteurs francophones et auteure à ses quelques heures perdues.
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